UNE OPINION PUBLIQUE FORMÉE ET INFORMÉE, UNE GARANTIE CONTRE LES PRATIQUES POLITIQUES DEVIANTES

28/8/2020


Quel est le service que la politique, telle qu'appliquée et vécue rend aux guinéens? A regarder de plus près, il y a plus de mal dans ce service que de bien. Notre pratique politique est source de nos divisions inutiles et de haines que nous nous vouons mutuellement.

Ainsi, s'est bâtie une société politique caractérisée par la haine et la diabolisation de l'adversité. Tout ceci n'a pas permis de construire une culture politique apaisée, fondée sur les débats, la confrontation d'idées et des idéaux. Le combat politique fait donc appel à une confrontation physique où la victoire revient non pas à celui qui a su convaincre, mais plutôt à celui qui a les muscles les plus puissants.

Dans ces conditions, c'est utopique de pouvoir compter sur une société politique intelligente et capable malgré ses propres contradictions de trouver des voies de sortie. Cette culture mute, mais reste la même, et se transmet depuis plus d'un demi siècle, de génération en génération, parce qu'elle est la pièce maîtresse d'un système politique bien installé et même largement partagé.

Tout est politisé dans notre pays. A commencer par votre nom de famille, vos rapports professionnels, votre carrière, sans oublier dans certains cas, vos liens de mariage et mêmes amicaux. Il y a une incroyable confusion, sinon fusion entre votre nom patronymique et ce que doit ou devrait être votre affiliation politique. Il y a une sorte de déterminisme politique appliqué à un individu par simple association de son nom à sa région d'origine.

Par la politique, nous avions presque réussi à denier à l'individu le droit à un esprit libre et dynamique, source de sa véritable liberté d'action et de propulsion.

Le guinéen est jugé par ses caractéristiques physiques, ethniques et régionales, plutôt que par ce qu'il peut ou doit faire en tant qu'individu libre, doté de conscience. L'affaissement des esprits au cours de longues décennies a fini par créer un modèle d'être manipulable et dirigeable à souhait. Mais aussi prisonnier de son clan.

On pense en tant que peul, malinké, sousou, forestier, avant de penser en tant que guinéen. La nation vient bien après le clan et la tribu. Nous sommes en réalité plus un conglomérat d'ethnies avec des objectifs spécifiques, qu'une nation avec une vision collective et un idéal commun.

Bref, le guinéen a été détruit en tant qu'être libre dans la conscience, sa situation est bien triste. Il a besoin d'être construit pour être en harmonie avec son voisin même différent, et pour profiter à plein régime du potentiel offert par son beau pays.

Pour un pays normal, la politique doit être autre chose qu’un lieu d’inoculation et de diffusion du virus de destruction du corps social et de son implosion. L’écosystème de la matière politique doit être un environnement ébullition d'idées et d’expérimentation des solutions les plus innovantes dans l’intérêt de tous, dans un esprit de sacrifice et du dépassement de soi.

Pour cela, on ne le dira jamais assez, le meilleur moyen de favoriser l’avènement d’un tel environnement est la foi dans une éducation de qualité pour tous. En plus de ses autres vertus, non les moindres, sur le plan de la vie économique, cette éducation permet à l’opinion publique d’être critique et exigeante à l'égard de sa classe politique.

Il ne faudrait pas espérer, comme par magie, que les réflexes collectivement dénoncés au sein de la classe politique changeront spontanément du jour au lendemain. Seule une opinion éclairée et formée est en mesure de former pour le long terme, un barrage infranchissable par les déviances politiques destructrices.

Youssouf Sylla

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