Maires de Kindia et Dubréka, actions de désobéissance civile : Cellou Dalein indigné

2/11/2018

Dans un entretien qu’il a accordé récemment à nos confrères de Lynx.FM, le chef de file de l’opposition déplore le fait que des loubards ou des pillards soient protégés par des gendarmes et des policiers pendant ces pillages, selon lui, c’est une mission des jeunes loubards entretenus par des hauts responsables du RPG.


Bonjour M. Diallo ! Quel bilan faites des journées ville mortes du 15 au 16 Octobre à Conakry et à l’intérieur du pays ?

Je pense que ça été largement suivi, notre mot d’ordre, malheureusement comme d’habitude, on a déploré un mort à partir d’un pick-up de la bac n°4, tous les témoins, tous les riverains reconnaissent. Un agent des forces de l’ordre a tiré sur le jeune élève. C’est à partir de là qu’il y a eu usage de l’arme à feu qui a abattu le jeune qui est élève de 23 ans. Maintenant, j’ai suivi l’exercice difficile que le ministère de la Sécurité est en train de faire, en voulant attribuer ce meurtre là à des manifestants, pour aller dans la dynamique menée par Alpha Condé, pour dire que : c’est les manifestants qui tuent les manifestants. Alors que si les manifestants étaient armés, on aurait enregistré à la mort d’un gendarme ou un policier par balle. Mais, ce n’est jamais arrivé, les victimes sont toujours d’un côté et les bourreaux sont toujours les mêmes. Et les forces de défense et de sécurité qui jouissent d’impunité totale du côté du pouvoir se réjouissent. Maintenant, voilà nous sommes à 95 victimes. Après celui abattu à Mandiana, le mois dernier. Je dis bien 95 victimes de la répression aveugle des manifestations des citoyens guinéens.


Maintenant à Kindia, quelles sont les dernières nouvelles à votre disposition concernant ces violences ?

Là aussi, c’est la même chose, on va toujours tenter d’attribuer aux militants de l’UFDG, la violence, alors que ceux-ci ont toujours manifesté tranquillement, pacifiquement dans la rue. Ils sont allés vandaliser les boutiques, vandaliser la maison de ma belle mère, cette veuve de 80 ans qui n’a rien à faire dans cette affaire, sinon qu’elle à le malheur d’être la belle mère de Cellou Dalein. Une mission des jeunes loubards entretenus par les hauts responsables du RPG, sont allés piller systématiquement la maison de mon beau père, qui a passé toute sa carrière à Kindia. Et qui est reconnu comme un fils éminent et respecté de Kindia. Parce qu’ils ont eu le malheur d’être mes beaux parents. Abdoulaye Bah, le maire élu de Kindia, a été l’objet d’agression toute la nuit, ils sont venus jeter, tirer des gaz lacrymogènes dans sa résidence, sans que personne ne vienne au secours de notre tête de liste de Kindia. Donc, voilà la violence, c’est orchestré par M. Alpha Condé lui-même, qui dispose des gens qui œuvrent à sa guise. Il veut faire en sorte que cette contradiction politique entre le RPG, qui nous a volé nos sièges et nos suffrages. L’UFDG soit tribalisé, soit ethnicisé pour lui permettre de tirer profit de ça, malheureusement. Ils sont aussi allés détruire la maison de la tante de docteur Fodé Oussou Fofana, dont le fils M. Diané était un élu sur la liste de l’UFDG. Lorsque vous faites le bilan de destructions, vous trouverez que les biens détruits sont d’un côté, et de l’autre côté du RPG personne ; heureusement, aucune maison d’un militant ou d’un responsable du RPG n’a été pillé ou vandalisé. Toutes les violences sont dirigées contre l’UFDG, contre des pauvres citoyens qui ont des liens avec des responsables de l’UFDG. Peut-être que Madame Fofana dont la maison a été détruite, qui se trouve être la tante de M. Fodé Oussou Fofana et ma belle-famille. Les gendarmes et les policiers ont protégé, encadré les loubards, ils ont pillé toute la journée la maison, ils ont transporté au vu et au su de tout le monde, tous les biens qui se trouvaient dans la maison. Et lorsque, ceux qui sont à côté ont appelé au secours, le secours ne pouvait pas arriver, parce que les gendarmes ont barré, personne ne pouvait accéder maintenant au domicile de ma belle-famille en dehors naturelle des pillards. Je vous dis que c’est une mission des jeunes loubards entretenus par les responsables du RPG.


Alors, concernant le choix qui porte sur Mamadou Bangoura pour être le maire de Kindia en lieu et place de M. Abdoulaye Bah le candidat de l’UFDG. Quelle est votre lecture ?

C’est une manière du RPG, qui ne voulait pas que M. Abdoulaye Bah soit le maire. Vous savez les motifs qui ont été évoqués par l’Imam, sur lesquels, je ne reviens pas, parce que, moi, mon rôle, c’est de construire, c’est de faire en sorte que la pierre soit consolidée, l’unité soit consolidée. C’est le RPG qui est allé chercher M. Bangoura, pour lui dire, on va te soutenir. Ce qui est contraire à la disposition de l’accord. M. Bangoura ne peut pas soutenir quelqu’un d’autre. Je dois vous rappeler qu’à Kindia, la liste conduite par M. Abdoulaye Bah a gagné ces élections. Toute la population de Kindia a voté pour M. Abdoulaye Bah, au point qu’il a eu 22 sièges sur 41, contre 12 au RPG dans les urnes. Après la corruption et l’intimidation du magistrat chargé de présider la centralisation, ces résultats sont devenus 17 pour l’UFDG, 17 pour le RPG. L’UFDG n’a pas accepté ce vol, ce hold-up et a décidé de manifester, de réclamer la publication de vrai résultat, c’est-à-dire : 22 sièges pour l’UFDG et 12 pour le RPG, et non 17-17. A l’issue de toute manifestation, le RPG a décidé de nous rendre Kindia. De rendre Kindia à l’UFDG qui a gagné grâce à la confiance des électeurs portés sur M. Abdoulaye Bah. Donc, c’est ça l’accord du 8 Août. Et on s’est retrouvé dans mon bureau suite à une revendication fondée, appuyer des pièces justificatives irréfutables. Maintenant le RPG qui est devenu arrogant a décidé de ne pas respecter l’accord, ils ont trouvé quelqu’un, qui n’a eu qu’un siège. Ils ont décidé de le présenter pour le soutenir, pour empêcher l’avènement d’Abdoulaye Bah à la mairie de Kindia. Alors que les populations de Kindia, c’est Abdoulaye Bah qu’ils ont choisi, Abdoulaye Bah a eu 22 sièges, M. Bangoura a eu un siège. Et le RPG a eu 12 sièges.


Est-ce qu’il ne faudrait pas blâmer votre allié, El hadj Mamadou dont le candidat est désigné comme maire, on a suivi sa réaction, il dit qu’il est devenu le roi de la Basse côte ?

Vous savez, une fois que les conseillers sont élus, ils sont libres de leurs choix. M. Bangoura ne représente que 1/41ème de suffrage exprimé à Dubréka. Et Abdoulaye Bah, c’est 22/ 40. Maintenant, il est libre, parce qu’il disait qu’il avait des rancunes, des frustrations par rapport à l’UFDG et qu’il a joué le jeu du RPG. Qu’il ne voulait pas, pour des raisons que l’Imam a évoquées, que El hadj Sékhouna a confirmé et que le RPG a suscité, ne voulaient qu’Abdoulaye Bah soit le maire de Kindia. Et donc, ils se sont mis d’accord de trouver quelqu’un d’autre qui se soit disant un fils de Kindia, même s’il n’a eu que, 1/41sièges lors de la compétition.


Est-ce que vous avez demandez des comptes à Mamadou Sylla qui est quand même votre allié, pourquoi, ils ne sont pas abstenus de jouer un tel jeu ?

On m’avait fait savoir au niveau de UDG que M. Bangoura, il n’arrivait pas à le contrôler. Maintenant, je note qu’il assume. Dans tous les cas, c’est le RPG qui avait décidé de rendre à l’UFDG la commune de Kindia, convaincu que l’UFDG était victorieuse à Kindia avec le score de 22/41. L’opposition n’est pas allée aux élections, c’est les partis politiques qui sont allés aux élections, c’est aux partis politiques de revendiquer les résultats des élections, ce n’est pas à l’opposition, sauf si 2 partis de l’opposition décident de nouer une alliance pour contrôler l’exécutif des mairies.


Est-ce que l’UFDG a une situation confortable à Boké aussi, on a vu certains dissidents du RPG qui vous ont rejoints, dont le maire élu. Est-ce qu’il n’y a pas là aussi, un risque de glissement ?

Une fois qu’un conseiller est élu, il a sa liberté de voter pour qui il veut. Il peut transhumer d’un parti vers un autre dans le vote, il peut même démissionner du parti et adhérer à l’autre parti, c’est ça la loi. Alors chaque élu est libre de faire son choix.


Mais, lorsqu’on a décidé, pour sortir de la crise, que la mairie de Kindia, revenait à l’UFDG ; on devait demander à l’UFDG ou même si c’était à l’opposition, on devait demander au chef de file de l’opposition, quel est celui que vous désignez ?

Mais, on ne peut pas décider alors qu’on choisit pour chez eux, et dire que voilà le maire doit être celui là, c’est lui qu’on a choisi et nous nous considérons que celui. Il faudrait que celui qui a négocié cet accord, le chef de file de l’opposition, c’est moi qui suis signataire de l’accord, si on devait respecter l’accord. Si on fait la déformation, on devait dire bon ! C’est à l’opposition qu’on a reconnu, on devait interroger le chef de file de l’opposition pour dire quel est votre candidat. Tout le monde sait que c’est l’UFDG qui a gagné, la liste conduite par Abdoulaye Bah qui a remporté à Kindia, c’est pour quoi le pouvoir a décidé lors du dialogue, de nous rendre Kindia, de donner à l’UFDG le soin de désigner le maire de cette commune urbaine de la basse Côte.


Les gens de la mouvance vous accusent de les avoir trahis à Dubréka, ils disent que vous avez soutenu un des leurs qui était candidat contre l’homme qu’eux avaient désigné ?

Ce qui est important à Dubréka, c’est que, notre tête de liste a demandé si l’accord était valable, le préfet a confirmé que c’était valable. Notre tête de liste Makiou Sall a dit alors, l’UFDG n’est pas candidat au poste de maire, parce qu’on a décidé de laisser au RPG, le soin de choisir le maire. Maintenant, il y a eu 2 candidats dans le RPG, je ne sais pas pour lequel, ils ont voté. Est-ce que c’est celui de l’authentique RPG, si l’autre n’est authentique RPG. Ce que nous avons dit, si l’accord est respecté, nous, nous n’avons pas le droit de présenter un candidat au poste de maire. Je pense que c’était une manière de rester fidèle à l’accord. On s’est abstenu de présenter quelqu’un, on n’a pas aussi voté pour la liste indépendante, ils ont voté pour le RPG conformément à l’accord.


Nous avons appris qu’à Kalinko, que l’exécutif va être élu aujourd’hui, mais sous fond de tension, alors qu’est-ce qui se passe ?

Ce qui se passe à Kalinko, c’est que les résultats qui sont officiels, l’UFDG avait largement gagné dans cette commune, c’est les gens du RPG, fâchés de leur défaite, ils se sont attaqués aux biens des personnes appartenant à mon parti, c’est ce qui a déclenché les hostilités. Le RPG ayant perdu ces élections avait décidé de s’attaquer aux élus et aux militants de l’UFDG et puis s’en est suivi le drame que nous avons enregistré.


Est-ce qu’aujourd’hui Kalinko est favorable à l’UFDG ?

Je n’ai pas l’information sur Kalinko, je sais qu’en terme de conseillers, l’UFDG avait largement gagné à Kalinko.


Maintenant on a Jean-Marc Telliano qui a quitté l’opposition, Mamadou Sylla de (UDG) semble selon beaucoup d’observateurs poignarder l’UFDG dans le dos à Kindia, il pourrait faire la même chose à Dixinn, malgré les apparences, il semble que vous ne filez plus le parfait amour avec Alhousseny Makanéra Kaké. Est-ce que Cellou ne se dit pas qu’il a fait des mauvaises alliances politiques ?

Moi, je pense que chaque parti garde son indépendance et sa liberté d’adhérer à une plate-forme, à une coalition. Lorsqu’un parti décide d’aller à la soupe, l’UFDG ne fait rien, on n’a pas les moyens d’offrir les mêmes avantages que M. Alpha Condé, lui, il peut donner beaucoup de choses. Alpha offre des ministères d’Etat, il offre des ministères, il offre de l’argent, il en a suffisamment. Lorsque les gens choisissent en fonction du contexte, ils font le choix, moi, je ne leur reproche rien. Je pense que dans l’opposition, c’est tous les patriotes qui décident de combattre la mauvaise gouvernance et d’œuvrer pour l’avènement d’une société plus juste, d’une société plus démocratique, d’une société respectueuse des droits humains. Nous nous inscrivons dans cette dynamique, ce n’est pas par rapport à quelqu’un, par rapport à un parti, par rapport à une structure sociale ou politique, c’est des convictions, nous aimons la Guinée. Nous pensons que la Guinée mérite plus que ce qu’Alpha Condé est en train de délivrer aujourd’hui, et on est dans l’opposition pour ça. Mais, on n’a pas les moyens de fixer quelqu’un dans l’opposition, lorsqu’il ne partage pas les mêmes valeurs, les mêmes convictions que nous. Nous savons que le peuple de Guinée est conscient de la nécessité de travailler pour l’alternance et pour le changement, c’est pour ça que nous avons obtenu le bon résultat que nous avons obtenu dans les urnes, lors des élections communales. Nous ne nous sentons pas isolés, nous sentons que c’est ça la volonté du peuple. Les partis, chacun prend la position qu’il veut et ne va pas condamner ni reprocher à quelqu’un d’aller à la mouvance, quel que soit le motif qu’il invoque. Parfois, on va dire que : c’est parce que Cellou n’a pas fait ceci, Cellou n’a pas fait cela. On n’est pas à l’opposition pour Cellou, on est à l’opposition pour défendre ses convictions, pour défendre ses valeurs, lorsque nous avons des valeurs à partager, nous mettons nos moyens, nos énergies, nos intelligences ensemble pour lutter contre les dérives du pouvoir. Si à un moment donné, vous estimez qu’il faut rejoindre le pouvoir et bénéficier des avantages qui y sont : les honneurs et les intérêts matériels, c’est votre droit de citoyen. Nous ne reprochons à personne d’aller à la soupe comme on le dit, aller rejoindre Alpha. Nous, nous restons attachés à nos valeurs, à nos convictions.


Est-ce que vous avez eu a parlé avec M. Amadou Damaro Camara, M. Tibou Kamara et M. Bouréma Condé qui ont signé cet accord du 8 avec vous, depuis que ces choses ont commencé d’abord à Guéasso, et puis tout dernièrement à Kindia ?

Il y a une semaine que j’ai parlé avec toutes ces personnes. J’ai parlé, pas beaucoup avec Damaro, mais j’ai parlé avec Bouréma Condé au téléphone ; il m’avait appris qu’il n’y aurait pas d’installation à Kindia et à Dubréka avant qu’on ne trouve un accord sur les modalités de mettre en œuvre notre accord du 8 août. Malheureusement, il y a eu le lendemain, l’installation à Dubréka. Je dois vous dire que nous avions proposé qu’il y ait une convention de mise en œuvre de l’accord issu du 8 Août, dans les 8 circonscriptions concernées, c’est-à-dire dans les 6 communes rurales dont la désignation du maire avait été affectée à l’opposition. Et dans les 2 autres communes rurales : Kindia et Dubréka où on avait affecté la désignation du maire, pour Dubréka au RPG, pour Kindia à l’UFDG. Donc, on avait même élaboré un projet et tout le monde est d’accord là-dessus, aussi bien que Damaro, que le ministre Diané, que j’avais contacté. Et Bouréma Condé auquel, j’avais expliqué. Je voulais que ce papier soit signé et le RPG a décidé avec l’appui du gouvernement de faire le forcing et d’installer comme il veut. Et dans les conditions qu’il veut tout en évitant de respecter les dispositions de l’esprit de l’accord.


Est-ce que vous avez échangé avec le président Condé autour de ce problème ?

Non ! Je n’ai pas échangé avec M. Alpha Condé.


Une synthèse d’Alpha Amadou Diallo

In Le Démocrate

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