La Guinée et ses vieux démons : A quand l’exorcisme ?

30/3/2018

L’enfer est vide, les démons sont de sortie et sont parmi nous en Guinée ce 26 Mars 2017. Le 26 Mars 1984, une des pages les plus sombres de l’histoire de la Guinée se fermait. En effet, Ahmed Sékou Touré rendait l’âme. Le héros du référendum du 28 Septembre 1958 et de l’indépendance s’était déjà mué, transformé en tyran.


Pas de jugement séquentiel, partiel sur une œuvre

On ne doit faire un jugement séquentiel, partiel sur le bilan, l’œuvre d’un homme public. Ne dit-on pas que « c’est à la fin du bal que l’on paît les musiciens », que « c’est après le repas que l’on paie l’addition » ?

Notre pays a enduré une des pires dictatures que le continent africain ait connu, enfanté : l’espace des libertés individuelles et collectives s’est rétrécie, confiscation de biens, arrestations arbitraires et internement dans le sinistre Camp Boiro qui était l’usine de la mort, exécutions sommaires, pendaisons publiques, procès non publics, charniers et fosses communes disséminés à travers le pays transformé en une prison à ciel ouvert avec des frontières fermées, de millions de nos compatriotes ont été soumis aux affres et à l’incertitude de l’exil forcé, une économie exsangue, etc.

En somme, on a eu droit à la dictature et la pauvreté à la place de la liberté et l’opulence : un sinistre bilan. La dictature sous A. S. Touré fut une broyeuse de libertés et de l’épanouissement de l’Homme. C’est une tâche noire, indélébile qui ne s’effacera jamais de l’histoire et de la mémoire collective guinéennes. N’en déplaise à ses thuriféraires et partisans nostalgiques et aveuglés. Le patriotisme c’est aimer son peuple et contribuer à son épanouissement. Comme disent les juristes, c’est « gérer en bon père de famille ».

Pour une introspection collective salutaire, salvatrice

Les leçons de l’histoire n’ont pas encore été retenues en Guinée. La question intégrante est comment réparer une société fracturée. Pour la paix, la concorde, on ne peut pas faire l’économie d’une introspection collective, salvatrice quelle que soit la forme adoptée. Il est plutôt tant d’exorciser des frustrations légitimes chez bon nombre de nos concitoyens.
Le bourreau tue deux fois : après avoir donné la mort, il tente de faire oublier ses méfaits et jeter un drap d’oubli sur ses exactions afin d’échapper à la justice. Mais je ne me fais pas d’illusion car notre système est sclérosé, pourri. L’impunité étant devenue la règle.
Cependant le peuple guinéen en a surpris plus d’un. Il est éruptif et je l’ai vu à l’œuvre en « direct-live » dans le Kaloum le lundi 12 Mars dernier lors de son soulèvement spontané, décisif, victorieux qui a entraîné la fin de la grève des enseignants.

« Le mensonge, la démagogie c’est comme la rosée ; dès que le soleil apparaît il disparaît » selon un dicton guinéen.

Que Dieu préserve la Guinée !

Nabbie Ibrahim « Baby » Soumah
Juriste et anthropologue guinéen

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