Fatoumata Bah, icône malgré elle de la contestation en Guinée

24/3/2020

Fin janvier, la jeune femme avait été utilisée comme bouclier humain par un policier lors d’un affrontement entre des jeunes et les forces de l’ordre.

« Quand je sors, on me pointe du doigt et mes enfants aussi. On dit : Voilà la femme qui a été prise comme bouclier”[...] C’est une page de ma vie que j’ai envie de tourner maintenant », déclarait Fatoumata Bah le 26 février à l’AFP, près d’un mois après avoir été prise comme bouclier humain par un policier lors d’un affrontement entre des jeunes de Wanindara, en banlieue de Conakry, et les forces de l’ordre.

La scène, qui a eu lieu le 29 janvier, avait été filmée, diffusée sur les réseaux sociaux et visionnée des centaines de milliers de fois, suscitant des commentaires outrés. Elle a mis au grand jour des faits non inconnus mais jusque-là très difficiles à documenter : les abus dont sont responsables les forces de sécurité en Guinée.

Le quartier de Wanindara est un des bastions de la contestation en marche depuis plus de trois mois dans le pays. Une partie de l’opposition proteste contre le projet prêté au président Alpha Condé de modifier la Constitution pour briguer un troisième mandat. Un référendum devait avoir lieu le 1er mars pour proposer aux Guinéens de voter pour une nouvelle loi fondamentale. Mais Alpha Condé a reporté le scrutin de « deux semaines ».

Dans un rapport de 2018, l’ONG Human Right Watch rapporte de nombreux abus des forces de sécurité, avec « un recours à maintes reprises d’une force excessive et meurtrière contre les manifestants ». Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) a indiqué qu’il commencerait à documenter les abus des forces pour apporter des preuves chiffrées des violations des droits humains.


Le Monde

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