Dossier du 28 septembre : Les craintes d’un pataquès judiciaire

26/6/2018

La Guinée vient de renouveler son engagement à juger le dossier relatif au massacre du 28 Septembre, par la mise en place d’un comité de pilotage pour la tenue du procès, cela 9 ans après les faits. Toutefois, les victimes exigent que le procès se tienne en présence de Dadis et Sékouba Konaté, ces têtes d’affiche de la junte militaire qui étaient aux affaires, au moment des tueries.

Les victimes du massacre du 28 septembre et leurs proches sont d’un optimisme prudent, ce, malgré la mise en place d’un comité de pilotage pour la tenue du procès devant faire la lumière sur cette expédition punitive, qui avait fait plus de 150 morts et une centaine de femmes violées par des hommes en uniforme. Ils craignent surtout que ce procès ne se déroule en l’absence de Moussa Dadis Camara et Sékouba Konaté, qui étaient respectivement président et 3ème vice-président du Conseil national pour le développement et la démocratie (Cndd).

Me Hamidou Barry avocat des victimes a tenu à rappeler le lendemain du lancement des activités de ce comité de pilotage qu’il ne pourrait avoir de procès sans les chefs de la junte militaire.

« Nous n’accepterons pas un procès sans Dadis et Konaté », a-t-il clamé haut et fort, lors d’un point de presse qui a été tenue à cet effet.

Concernant la comparution de Moussa Dadis Camara, il faut rappeler que le garde des sceaux, Me Cheick Sako avait tenté de rassurer les victimes, en ces termes : « le moment venu, on le fera venir pour le jugement. Il a toujours dit qu’il va se présenter devant le tribunal».

Dadis continue toujours de vivre en exil « forcé » dans la capitale burkinabè où il a été envoyé, après la tentative d’assassinat qui a visé sa personne le 3 décembre 2009.

Quant au général Sékouba Konaté, rien ne dit qu’il prendra part à ce procès, s’il a lieu en Guinée. L’homme avait d’ailleurs, à un moment donné, révélé avoir déposé une liste de présumés auteurs et complices de cette expédition punitive auprès de la CPI. Disant par la même occasion sa préférence pour la délocalisation du procès à la Hayes.

Mais vérification faite, il s’agissait juste d’un bluff, qui sentait le chantage, de la part cet ex putschiste.Il faut aussi ajouter à ça le fait que Konaté n’a pas été inculpé par le pool de juges qui avait la charge d’instruire cette affaire. Le groupe de victimes qui avait également saisi le Tribunal de première instance de Dixinn contre l’ancien vice-président de la junte, pour « crime contre l’humanité » s’était vu débouter de sa plainte, en 2017.

Il conviendrait de noter que la justice guinéenne a procédé récemment à la requalification des faits liés à cette tragédie. Par l’adoption d’une « ordonnance de réquisition, de non-lieu partiel et de renvoi devant le tribunal criminel » du dossier.

Une mesure qui a bénéficié au général Mathurin Bangoura, gouverneur de Conakry, qui était ministre des Transports au moment des faits.

Seuls 14 officiers civils et militaires ont été retenus sous le coup d’une inculpation dans ce dossier, qui mérite d’être traité avec une attention particulière. Afin qu’on ne se retrouve pas dans un pataquès judiciaire.

Aliou Sow
Le Démocrate

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