Tiken déconseille và Alpha Condé
Un 3ieme mandat : «  Ne tentez pas « 

Partenaires

Africatime

Conakrylive

Ecoutez Sabari FM 97.3 en direct

Guinée7

L'Express Guinée

Le Diplomate

Mediaguinee

www.guineematin.com

50 visiteurs connectés

20 Novembre 2017 - 11h51
 RECHERCHER 

Union Internationale de la Presse Francophone: Pourquoi le Bureau de l'UPF-France ne sera pas aux 46 èmes assises de Conakry?

2017/11/17

Aujourd'hui en Guinée Note d’information à l’attention de MM et MMmes les président(e)s des sections nationales de l’UPF

LE BUREAU DE L’UPF-France NE SERA PAS AUX ASSISES DE CONAKRY : VOICI POURQUOI

Chères consœurs, chers confrères,

Nous, responsables de la section française de l’UPF, avons pris la lourde décision de ne pas nous rendre aux Assises de l’UPF à Conakry et, dans un souci de transparence et de vérité, nous voulons directement vous dire pourquoi. Il faut en effet que vous connaissiez les raisons exactes de notre décision afin de ne pas vous limiter à la version « arrangée » qui vous sera donnée sur place par ceux qui profiterons de notre absence pour chercher à vous imposer leur curieuse vérité. Nous, journalistes, savons mieux que quiconque qu’une information nécessite plus d’une seule source… d’où ce message. Notre refus de participer aux Assises est justifié par deux raisons principales : le non-respect des procédures et l’attitude du secrétaire général international. Nous refusons par notre présence à Conakry de cautionner des dysfonctionnements qui durent depuis trois ans au moins et que le président international et son secrétaire général s’étaient engagés à corriger lors des Assises d’Antsirabé :

- Le procès-verbal de l’Assemblée générale du Comité international réunie à Antsirabé n’avait toujours pas été envoyé, onze mois après, aux présidents des sections pour être relu attentivement et adopté en ouverture de l’AG à Conakry. C’est notre protestation à ce sujet et notre décision de boycotter les Assises en Guinée qui ont provoqué son envoi tardif, seulement le 10 novembre dernier ! Sans notre démarche de refus, ce PV ne vous aurait jamais été envoyé comme ne vous ont jamais été envoyés les précédents avant les Assises de Dakar ou de Lomé.

- Les éléments du bilan financier 2016 – lequel doit être présenté et adopté à Conakry – n’avaient pas été communiqués - eux non plus – jusqu’au 10 novembre dernier et ils vous été envoyés -

pour la première fois, là encore – en urgence pour couper court aux critiques.

- Avant de démissionner à Antsirabé, le trésorier international-adjoint, Hervé Deville, avait demandé qu’un audit financier soit fait par un commissaire aux comptes indépendant pour parvenir à une nécessaire transparence totale. Sauf avis contraire, cet audit n’a pas été réalisé par une telle autorité indépendante et, s’il a été fait, il n’a pas été communiqué aux présidents de section.

- Nous n’acceptons pas ce manque de transparence. Le collaborateur du cabinet comptable qui va présenter le bilan à Conakry n’a aucune autre mission que de mettre les recettes et les dépenses face-à-face, sans aucun moyen de vérification. Nous tenons à préciser que l’abstention au moment du vote du bilan financier 2015 à Antsirabé fut celle du président de la section française. IMPORTANT : Contrairement à ce qui est affirmé dans le PV de l’Assemblée générale d’Antsirabé, il est FAUX d’affirmer que Hervé Deville « a été associé à toutes les décisions financières prises par l’UPF ». Il est tout aussi FAUX d’écrire qu’« il a même été chargé d’une mission concernant l’indemnisation du secrétaire général ».

C’est bien la contestation exprimée par Hervé Deville sur la façon adoptée par l’UPF pour indemniser le secrétaire général international qui a conduit à son éviction brutale, malgré les demandes contraires de MM Jean Miot et Gérard Bardy, alors président et secrétaire général de la section française de l’UPF. Quant au secrétaire général international, avec lequel nous ne souhaitons plus travailler, nous lui reprochons ses méthodes dirigistes, sa façon de faire preuve de la plus grande liberté avec les faits afin d’imposer sa vérité et sa capacité à critiquer les dirigeants sur des critères personnels qui ne le regardent en rien dans ses fonctions. Nous regrettons le soutien aveugle qui lui est apporté par le président international, bien au-delà de la solidarité nécessaire au sein d’une équipe dirigeante. Il est des circonstances où le président international doit se situer à la bonne hauteur et à la bonne distance. Ce n’est hélas pas le cas

Enfin, les signataires condamnent les accusations très graves de racisme, totalement infondées, déjà portées publiquement en Assemblée générale à Antsirabé par MM Diagne et Kouchner contre Hervé Deville, trésorier international-adjoint sortant (sans doute trop curieux). Accusations reprises sous une forme à peine voilée mais tout aussi condamnable dans le PV de l’Assemblée générale d’Antsirabé.

C’est pour toutes ces raisons sérieuses - que vous n’aurez, nous en sommes certains, aucune difficulté à comprendre – que nous voulons envoyer un message fort à l’ensemble des responsables nationaux de l’UPF et que nous serons absents cette année en Guinée (1). Nous vous assurons, toutes et tous, de notre bien confraternelle amitié.

Paris, le 13 novembre 2017

Gérard BARDY, président UPF-France

Philippe DESSAINT, vice-président

François-Xavier ANDREYS, secrétaire général

Hervé DEVILLE, trésorier


 
Situation au Zimbabwe : Communique du Président en Exercice de L’Union Africaine, Alpha Condé Président.

2017/11/16

Aujourd'hui en Guinée 15 novembre 2017 - L’Union africaine exprime sa grande préoccupation face à la situation qui se déroule au Zimbabwe où manifestement des soldats tentent de prendre le pouvoir par la force. L’Union africaine condamne avec la plus grande fermeté ce qui apparaît comme un coup d’Etat et réitère son soutien total aux institutions légales du pays.

L’Union africaine réclame immédiatement le rétablissement de l'ordre constitutionnel et appelle toutes les parties prenantes à faire preuve de responsabilité et de retenue, afin d'assurer le respect des vies humaines, des libertés fondamentales et de l'intégrité du Zimbabwe.

Enfin, l’Union africaine demande instamment aux militaires de mettre un terme immédiat à leur action et de se soumettre à la légalité constitutionnelle.

Pour l’Union africaine
Le Président en exercice
Professeur Alpha Condé
Président de la République de Guinée.

Transmis par le Bureau de Presse de la Présidence.

 
 Ajouter un commentaire
DISCOURS DU MINISTRE D’ÉTAT AUPRÈS DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE CHARGE DE LA DÉFENSE NATIONALE.

2017/11/15

Aujourd'hui en Guinée Excellences Messieurs les Chefs d’État et de Gouvernements,
Mesdames et Messieurs les Ministres,Excellences Messieurs les Ambassadeurs et représentants des organisations internationales,Respectés invités, experts, partenaires internationaux, représentants du secteur privé et de la société civile,

Permettez-moi, à l’entame de la présente intervention du reste liminaire, compte tenu du contexte et du programme de la rencontre, d’exprimer ma profonde gratitude à l’égard de Son Excellence le Ministre des Affaires Étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, pour l’invitation qu’il m’a adressée à participer à la quatrième édition du Forum international sur la paix et la sécurité en Afrique.

Mes remerciements, évidemment, vont au vaillant peuple du Sénégal et à son Gouvernement pour l’accueil si fraternel dont ma délégation et moi-même faisons l’objet depuis notre arrivée dans cette belle capitale.

Je voudrais surtout me faire un agréable devoir, celui de transmettre à Son Excellence Monsieur Macky SALL, Président du Sénégal, les chaleureuses salutations de son frère, le Professeur Alpha CONDÉ, président de la République de Guinée, ainsi que ses félicitations appuyées pour cette quatrième et déjà brillante réussite du Forum international sur la paix et la sécurité en Afrique.

Mesdames et Messieurs, chers participants ;

Le thème qui nous réunit ici interpelle chacun de nous, bien au-delà de la simple thématique du Forum. C’est une réalité quotidienne auxquels nos gouvernements et nos peuples respectifs sont confrontés. C’est pourquoi, les réponses proposées doivent impérativement être adaptées à la situation sur le terrain. Le terrorisme et l’extrémisme violent n’épargnent aucun État, riche ou pauvre. C’est en cela que nous sommes convaincus que la première bataille à mener consiste à s’attaquer aux racines du mal : les inégalités, la pauvreté et le sous-emploi de la jeunesse.

Nous le disions récemment à Abidjan, on ne peut lutter efficacement contre la terreur violente des extrémistes, que de façon globale et intégrée. Le président Alpha Condé, président en exercice de l’Union africaine, le dit souvent. Il est impossible de combattre et vaincre le terrorisme sans d’abord lutter contre ses germes que je viens de citer plus haut.

Si nous gagnons la bataille du développement, si nous réussissons à équitablement redistribuer les richesses que nous produisons, alors nous sortirons victorieux de cette guerre qu’on nous impose. Car il est désormais établi que pour empêcher la résurgence des organisations terroristes, il faudra endiguer toutes les conditions qui favorisent leur développement et même leur existence. Il faut donc travailler sur le tarissement de leurs principales sources de financement, en luttant notamment contre les trafics illicites.

Nous le savons : pour faire face aux menaces qui pèsent sur nos États, des solutions existent. Créer de l’emploi-jeunes, soutenir les efforts des femmes, protéger l’environnement, investir dans l’éducation et donner à nos forces de défense et de sécurité les moyens de lutter contre toutes les menaces qui pèsent sur nous.

C’est dans ce cadre qu’après son élection en 2010, le Président de la République de Guinée a placé la Réforme du Secteur de la Sécurité (RSS) comme la priorité de son programme politique. De cette vision a découlé progressivement les liens entre la qualification de l’armée guinéenne et les initiatives de développement, dans le cadre de la prévention et de la lutte contre le terrorisme à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

La réforme du Secteur de sécurité en République de Guinée est conçue non seulement pour le renforcement de la souveraineté de l’État, mais aussi pour contribuer à la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent dans notre espace commun.

Bien évidemment, nous ne nous contentons pas de la prévention. Nous agissons également lorsque cela est nécessaire. Ainsi, dans le cadre des accords de coopération militaire, l’armée guinéenne a pu obtenir un appui pour la formation de trois bataillons successifs dénommés Gangan, près de 3000 militaires, engagés dans les opérations de maintien de la paix de l’ONU (MINUSMA) au Mali. Cet engagement de nos soldats est notre contribution contre le terrorisme pour la stabilité et la consolidation de la paix dans ce pays frère.

Mesdames et Messieurs, chers participants, distingués délégués ;

Bien entendu, pour vaincre définitivement le terrorisme et l’extrémisme violent, la Guinée a estimé qu’il fallait avoir un cadre légal spécifique. Un projet de loi sur la prévention et la répression du terrorisme a été élaboré et soumis à l’Assemblée nationale pour adoption. Ce projet de loi prend en compte tous les aspects liés au terrorisme.

Dans le cadre de la prévention contre l’extrémisme religieux, le secrétariat général des Affaires religieuses a formé à ce jour 500 Imams et prédicateurs religieux à travers la coopération avec le Maroc. Il identifie et contrôle des ONG religieuses évoluant en Guinée, notamment dans la construction des mosquées, des écoles, des prestations sanitaires etc… sur le terrain.

Aussi, le Secrétariat général aux Affaires religieuses est en train de prendre des dispositions, pour harmoniser et veiller sur les prêches et sermons de toutes les rencontres religieuses, tout en organisant des campagnes de communication, d’information et de sensibilisation de la population sur les enjeux du terrorisme et de l’extrémisme violent.

Le gouvernement guinéen travaille également pour le renforcement des capacités des Forces de défense et de sécurité au niveau de leurs unités d’intervention et les services de renseignement. Ceci, avant la mise en place prochaine des unités spécialisées de la police, de la gendarmerie et de l’armée prêtes à toutes interventions en tous points du territoire national, avec l’appui de nos partenaires.

Le gouvernement guinéen, pour plus d’efficacité, a opté pour l’harmonisation de sa stratégie de lutte contre le terrorisme à celles de la sous-région ainsi qu’avec celles d’autres organisations. Nous avons également procédé à la formation de milliers de jeunes au niveau du SCAD comme au Sénégal, afin d’éviter la vulnérabilité de la jeunesse qui est un terreau fertile pour le recrutement des terroristes.

Nous sommes également en train de travailler pour l’installation de scanners au niveau de certains postes frontaliers.

Mesdames et Messieurs, distingués délégués ;

Nous avons mené toutes ces actions, malgré les deux années d’épidémie à virus Ebola et la faiblesse de nos moyens, parce que nous estimons que les discours ne suffisent plus. Nous devons désormais agir.

Nous savons pertinemment que c’est un combat difficile et long, compte tenu des enjeux, mais je crois profondément en notre capacité de mobilisation tous azimuts face à ces différentes menaces.

Nous devons faire face à nos responsabilités pour débarrasser le monde de ce fléau des temps modernes. Nous savons compter sur l’engagement, la détermination et la ferme volonté de chacun et de tous.

Je vous remercie !



 
 Ajouter un commentaire
Guinée : Alpha Condé, de l’Élysée à la Chesnaie du Roy

2017/11/15

Aujourd'hui en Guinée Programme diplomatique chargé pour le président guinéen Alpha Condé dans les prochains jours. Le président guinéen Alpha Condé devrait être reçu pour la première fois à l’Élysée par son homologue français, Emmanuel Macron, le 22 novembre à 15 heures. C’est du moins la date qui a été retenue lors de l’audience que celui qui est également président en exercice de l’UA a accordée à Franck Paris, le conseiller Afrique de Macron, le 2 novembre à Conakry.

Pour cet entretien, Paris était accompagné de Jean-Marc Grosgurin, l’ambassadeur de France en Guinée. Alpha Condé, qui s’est rendu au début de novembre au Maroc puis en Jordanie, devrait par ailleurs assister à la journée Afrique de la COP 23 de Bonn, le 15 novembre, avant de présider la réunion du groupe consultatif des partenaires techniques et financiers de la Guinée, les 16 et 17 novembre, au pavillon de la Chesnaie du Roy, à Paris.

JA

 
 Ajouter un commentaire
Journée Portes Ouvertes de l’UFR : Communication du Pr Maurice Togba Zogbelemou (Thème : Le Renouveau de l’Etat )

2017/11/15

Aujourd'hui en Guinée A l’occasion des journées portes ouvertes de l’UFR, il nous a été demandé de traiter du thème : « Le renouveau de l’Etat ».
L’intitulé du thème comporte deux éléments, l’Etat d’une part et le renouveau de cet Etat d’autre part. En droit international public comme en droit constitutionnel, l’Etat est appréhendé à travers trois éléments :

- le territoire qui permet de situer l’Etat dans l’espace international ==> pas d’Etat sans territoire.

Exemples : Cité du Vatican (44 hectares dans la ville de Rome)

Etat du Vanuatu (12.200 km2)

C’est la sphère d’exercice des compétences étatiques ;
- la population : groupe humain vivant de façon permanente sur le territoire de l’Etat ; elle peut être homogène ou hétérogène, comprend les nationaux et non-nationaux ;

- l’existence d’un pouvoir organisé appelé généralement pouvoir politique, c’est-à-dire « le pouvoir d’organiser la société en fonction des fins qu’on lui suppose » (Bernard Chantebout). C’est un pouvoir de prévision, d’impulsion, de décision et de coordination qui appartient à l’appareil de l’Etat. Ce pouvoir permet de déterminer et de conduire l’ensemble de la politique nationale avec tout ce qu’elle implique dans l’ordre interne comme dans l’ordre international (Pierre Pactet et Ferdinand Melin-Soucramanien).

D’un point de vue socio-historique, l’Etat naît avec l’apparition du pouvoir politique dans une société donnée, et son existence est consacrée par l’adoption d’une constitution qui est son statut, qui délimite le champ d’exercice du pouvoir politique ==> adoption par la Guinée de sa première constitution le 10 novembre 1958 après la proclamation de l’indépendance le 02 octobre 1958 par l’Assemblée territoriale et le Gouvernement issus de la Loi cadre de 1956, mais avant l’admission du pays à l’ONU le 12 décembre 1958.

L’Etat se caractérise par sa personnalité juridique et sa souveraineté. C’est ce qui permet à l’Etat de constituer une collectivité irréductible aux autres collectivités, qu’elles appartiennent à l’ordre interne ou à l’ordre international.

L’Etat remplit une double fonction (Thierry Michalon) :
- une fonction politique, ascendante : permet aux populations d’exprimer leurs besoins et de faire monter vers les organes de gouvernement les hommes qui les animent ;

- une fonction administrative : permet aux gouvernants de mettre en application toutes les décisions prises sous forme de règles obligatoires par les hommes de l’appareil dirigeant.

Le fonctionnement correct de tout le processus politique, ascendant et descendant, constitue le fondement de la légitimité des organes dirigeants de l’Etat, c’est-à-dire de leur conformité aux désirs réels des citoyens.

Depuis les années de l’indépendance, les Etats africains se sont caractérisés par des dysfonctionnements répétés et généralisés dans l’évolution du processus politique devant leur assurer l’adhésion des populations. Les avatars du parti unique que sont le culte de la personnalité, la patrimonialisation du pouvoir ont conduit dans les années 1990 à une contestation véhémente des Etats à travers leur système de gouvernance politique, économique et social.

On assista alors à la rédaction de nouvelles constitutions, parfois à l’issue de conférences nationales.

Fort malheureusement, le mouvement de démocratisation a connu un reflux à partir des années 2000 à travers différentes révisions constitutionnelles remettant en cause les acquis démocratiques du printemps constitutionnel des années 1990.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la contestation des régimes politiques a repris de plus belle nécessitant la recherche de solutions à ces nouvelles crises politiques avec les dialogues politiques se terminant par des accords politiques inclusifs dont l’application fait toujours problème (retard délibéré dans l’application quand ils ne sont pas tout simplement bloqués). Depuis 2003, la Guinée est à son 5ème accord politique.

Voilà ce qui explique que l’on parle aujourd’hui du renouveau de l’Etat. D’aucuns diront refondation de l’Etat.

Lorsque l’Etat ne réussit pas à combler les espoirs de justice et d’efficacité placés en lui, le besoin d’un nouvel Etat (et non un nouveau besoin d’Etat) se manifeste : il traduit d’une part le besoin de légitimité des acteurs politiques exprimé par les populations, et d’autre part le besoin d’efficacité des institutions étatiques.

A partir des éléments que dessus, et sur le fondement de la constitution guinéenne du 07 mai 2010, la quatrième après celles des 10 novembre 1958, 14 mai 1982 et 23 décembre 1990, on peut esquisser quelques pistes de réformes tendant à réconcilier l’Etat avec les populations et à garantir une efficacité certaine à ses actions de développement.

1- Refonder l’Etat sur la justice sociale

Issu des anciennes colonies dont les frontières administratives ne respectaient pas l’ethno-sociologie des populations, l’Etat africain postcolonial est prédisposé aux remous et tumultes de toutes sortes et même à la décomposition : la gestion défectueuse de l’hétérogénéité ethnique et culturelle par les politiques hypothèque l’espoir de réaliser un vivre-ensemble fondé sur la concorde.

Le contrat social et moral autour duquel se fédèrent politiquement les différentes identités ethniques ou culturelles pour vivre ensemble est souvent problématique : l’éthique du vivre-ensemble fait défaut (Lucien Ayissi).

Le renouveau ou la refondation de l’Etat, juste et efficace, commande la réalisation prioritaire de la nation. L’entreprise est une impérieuse nécessité en Guinée eu égard à la structure socio-géographique : à l’exception de la région forestière où existent plusieurs groupes ethniques avec chacune sa langue, les trois autres régions naturelles sont caractérisées chacune par une langue et une culture dominante. Il y a juxtaposition de blocs humains sociologiquement différents.

L’Etat guinéen né le 02 octobre 1958 n’a pas encore réussi, en dépit des discours politiques, à construire la nation : l’ethnocentrisme, latent, s’est brusquement réveillé et radicalisé depuis la dernière transition militaire (2008-2010) ; il se manifeste dans tous les secteurs du pays, et il est même arrogant dans l’administration publique. Il est devenu la gangrène de l’Etat guinéen.

Pour sa consolidation, sa crédibilité et l’efficacité de son action, l’Etat guinéen doit s’attaquer frontalement au virus de l’ethnocentrisme.

C’est par la vraie justice sociale entre les citoyens d’une part et entre les régions d’autre part que l’Etat pourra agir sur le mental de ses administrés. L’Etat est l’architecte premier de la construction de cette nation que tous les Guinéens appellent de leurs vœux. Il en a les moyens et des méthodes existent. Compte tenu de la socio-géographie du pays, et à la faveur des nominations aux fonctions administratives, une combinaison du critère de la compétence et du critère de la représentation régionale peut être un signal qui doit être soutenu par l’égalité de traitement des différentes régions du pays.

L’importance de ces éléments réside dans l’échec du découpage administratif en huit régions comme moyen de renforcement de l’unité du pays : à Conakry, il n’y a pas huit coordinations régionales des sages mais quatre correspondant aux quatre régions naturelles.

D’une manière générale en Afrique, l’Etat a précédé la nation qu’il a pour mission de construire. L’Etat guinéen ne peut s’y soustraire s’il veut réaliser son intégration et non sa désintégration.

2- Eduquer les populations à la citoyenneté

L’éducation à la citoyenneté doit permettre de lutter contre la balkanisation socio-politique de l’Etat en segments ethno-identitaires simplement juxtaposés : il faut amener les diverses identités à acquérir la culture de la citoyenneté, c’est-à-dire à soumettre l’ethnicité aux impératifs de l’éthique du vivre-ensemble.

Il faut pour cela une pédagogie citoyenne pour impacter le comportement du citoyen qui doit non seulement avoir le sens de la justice mais aussi collaborer à la réalisation d’une intercommunauté qui soit le cadre de la libre expression des différences. Et l’expression de cette citoyenneté ne doit ni étouffer celle des autres, ni compromettre la réalisation du dessein commun que toutes les diverses identités doivent avoir en vue par-delà leur hétérogénéité.

C’est alors que le citoyen pourra comprendre que l’Etat est une personne morale, donc une institution dont l’existence est consacrée par des règles : l’Etat est une institution distincte des personnes physiques qui la représentent, agissent et parlent en son nom.

La compréhension de cette réalité par le citoyen est le point de départ de la construction d’un Etat de droit. Aussi il faut regretter les difficultés de l’article 46 al. 3 de la constitution de 2010 qui dispose que le Président de la République « nomme en Conseil des Ministre aux emplois civils dont la liste est fixée par une loi organique » (voir aussi l’article 58 al. 1er de la constitution).

3- Respecter les normes sociales

Le respect des normes sociales est une manifestation de l’Etat de droit, lequel est une exigence du renouveau de l’Etat guinéen. L’objet Etat de droit pose le principe de la centralité du droit dans la vie de l’Etat : l’Etat autant que les particuliers est soumis au droit qu’il produit lui-même à travers ses organes.

Ainsi donc le droit devient le cadre d’action de l’Etat et l’Etat devient le garant du droit. L’Etat de droit est un Etat civilisé (Chartes Debbasch) au service de l’homme et non l’inverse. Il n’existe pas par la seule production des lois et textes règlementaires, il suppose le respect et l’application effective de ces normes sociales.

L’Etat de droit ne s’accommode pas de l’impunité qui est aujourd’hui la gangrène de l’Etat guinéen, et même de la société guinéenne tout court.

Sans descendre dans le vécu quotidien de notre administration publique, restons sur le terrain politique pour apprécier l’Etat de droit en Guinée.

- les scrutins législatifs ne se sont jamais tenus à date (1995-2002 → 2008).

- depuis 2003, la Guinée est à son 5ème accord politique : 15 septembre 2003 – 12 juillet 2005 – 03 juillet 2013 – 20 août 2015 – 12 octobre 2016.

Ces accords politiques ne sont que l’expression du non-respect de la constitution et des lois de la République. En dépit du consentement donné par les acteurs de la classe politique, ces accords connaissent des difficultés d’application et ils portent souvent sur les mêmes questions récurrentes (fonctionnement et financement de la CENI, fichier électoral, calendrier électoral, neutralité de l’administration publique…). Comme quoi, en politique, on ne règle pas les problèmes, on les déplace, selon un grand homme politique africain.

Malheureusement, on les déplace au préjudice des populations, on débouche sur des tensions ou crises politiques qui affectent le fonctionnement de l’Etat, et donc sa productivité au service des populations.

Exemples : tensions politiques récurrentes en Guinée ;
crise togolaise : non application accord de 2006 ;
crise congolaise RDC : non application accord du 31 décembre 2016.

Avec un minimum d’Etat de droit, on ne parle pas de dialogue politique inclusif (Sénégal, Bénin depuis 1991). La constitution et les lois de la Républiques sont produites pour la consommation nationale et non pour avoir un vernis de légalité destiné à l’opinion internationale. Après plus de 50 ans, la conception de la politique doit évoluer vers la satisfaction de l’intérêt général.

4- Appliquer effectivement la réforme de l’administration locale
La constitution de 2010 (articles 134 à 137) a fait la distinction entre les collectivités territoriales (préfecture et sous-préfectures) et les collectivités locales (communes et régions), les unes sont créées par voie règlementaire et les autres par la loi. L’extension aux régions de la décentralisation limitée à l’époque aux communes, a nécessité une révision du code des collectivités locales.

Le texte qui vient d’être adopté, d’une bonne facture, mérite cependant des retouches, notamment au niveau de l’article 80 qui viole l’article 9 de la constitution et l’article 7 de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples ainsi que la jurisprudence de la Cour de justice de la CEDEAO et de la Cour Africaine des droits de l’homme et des peuples, relativement à la jouissance et l’exercice d’un droit à un procès équitable.

Mais au-delà, il importe de dire avec Alexis de Tocqueville que « la décentralisation n’a pas seulement une valeur administrative ; elle a une portée civique puisqu’elle multiplie les occasions pour les citoyens de s’intéresser aux affaires publiques ; elle les accoutume à user de la liberté ». La décentralisation se rapporte donc à la prise en compte de la notion d’affaires locales.

La décentralisation se présente comme une technique d’administration parce qu’elle rapproche les lieux de décision des problèmes économiques et sociaux que ces décisions sont censées résoudre ; elle est un moyen d’engager le développement sur une base locale et non plus exclusivement centralisée.

Pour l’efficacité de cette nouvelle politique de décentralisation en faveur des régions et des communes, deux conditions essentielles devront être remplies : l’effectivité des transferts de compétence et la dotation de moyens conséquents à travers les subventions de l’Etat et la mobilisation des recettes fiscales locales.

Toute lenteur dans la réalisation de ces conditions constitue un blocage car il n’y a pas de décentralisation sans moyens financiers conséquents.

Il faudra enfin éviter tout abus dans l’exercice de la tutelle administrative de l’Etat.

La décentralisation décharge l’Etat central de tâches dévolues aux collectivités locales, ce qui lui laisse le temps d’assurer ses missions d’intérêt général et de veiller aux grands équilibres du pays, elle permet à la fois au citoyen de se reconnaitre dans l’Etat qui lui permet, par le biais de la démocratie locale, de participer à la gestion du pays. L’Etat unitaire moderne est un Etat effectivement décentralisé.
5- Réformer ou installer certaines institutions constitutionnelles

- Sur la nécessité d’une réforme de la CENI

La création d’un organe indépendant de l’Etat chargé de la gestion du processus électoral s’inscrit dans le cadre du mouvement de démocratisation consécutif au printemps constitutionnel des années 1990 ; il s’agissait de garantir la crédibilité des élections manipulées dans leurs résultats par les ministères qui en avaient la charge.

C’est dans ce contexte que le mémorandum des partis politiques sur le dialogue national du 15 septembre 2003 a mentionné « la création d’un organisme indépendant chargé de gérer l’ensemble du processus électoral depuis la révision des listes électorales jusqu’à la proclamation des résultats provisoires ». Suite fut donnée à cette recommandation avec la création de la CENI par une loi ordinaire de mars 2007, révisée sous la forme d’une loi organique en 2012 après la constitutionnalisation de la CENI.

Le mode de désignation de ses membres qui donne la majorité aux partis politiques (20 commissaires sur 25) en fait un organe politisé, en dépit du serment prêté par ses membres. L’expérience des élections organisées depuis sa création et les contestations provoquées par ses méthodes de gestion justifient amplement une réforme de l’institution.

Tirant les leçons de la gestion de la présidentielle de 2010, le CNT avait préparé une proposition de texte d’une CENI technique, à l’image de celle du Ghana. Face à la réaction virulente des partis politiques s’estimant exclus de la gestion du processus électoral, le CNT a dû retirer sa proposition pour adopter à la place, une version améliorée de la loi de 2007.
Ce sont les mêmes partis politiques qui ont repris leur contestation au regard de la gestion des législative et présidentielle de 2013 et 2015 et des conditions de mise en place des démembrements de la CENI.

C’est pourquoi la sagesse politique commande, eu égard aux expériences électorales du pays, à la culture politique ambiante, d’aller vers une réforme tendant à instituer une CENI technique. La crédibilité de notre système électoral dans son organisation et son fonctionnement et la légitimité des élus sortis des urnes en dépendent.

- Sur la réforme du Conseil supérieur de la magistrature
Lors de la rédaction de la constitution de 2010 et de la loi organique relative au Conseil supérieur de la magistrature, l’activisme des magistrats membres du CNT a été tel qu’en dehors du Président de la République et du Ministre de la Justice, aucune personnalité non magistrate n’a pu être désignée comme membre du Conseil, si bien que la formation disciplinaire qui exclut les deux personnalités que dessus, ne comprend que des magistrats.

Un esprit corporatiste s’y est développé à tel point que jusqu’à présent, aucune sanction significative et exemplaire n’a été prise à l’encontre d’un magistrat. Malgré les réformes entreprises dans le secteur de la justice avec notamment la revalorisation des traitements, les mêmes griefs persistent à l’encontre de l’appareil judiciaire. A preuve, la grève actuelle des avocats du 25 octobre au 10 novembre 2017.

Au cours d’un récent atelier, le principe d’une ouverture du Conseil supérieur de la magistrature à deux personnalités extérieures non magistrates a été retenue. Il importe donc très rapidement d’inscrire cette proposition dans une réforme de la loi organique sur le Conseil supérieur de la magistrature afin de faire évoluer celui-ci dans ces manières de faire.

Le libéralisme a deux fondations principales : la démocratie politique et la justice. Si le Conseil supérieur de la magistrature joue effectivement son rôle, sans esprit corporatiste, il contribuera à une évolution positive de la société guinéenne.

- Sur la nécessité d’établir la loi organique sur la Haute Cour de Justice

La loi organique relative à la Haute Cour de Justice prévue par les articles 117 à 122 de la constitution et compétente pour juger le Président de la République (en cas de haute trahison) et les Premier Ministre et ministres (pour crimes et délits) n’est pas encore adoptée alors que la loi organique de 1991 ne peut être appliquée compte tenu des modifications dans la composition de la haute juridiction apportée par la constitution de 2010 par rapport à celle de 1990.

Ce vide juridique et institutionnel est un mauvais signal pour le pays comme pour dire que les membres de l’exécutif peuvent agir à leur guise en toute impunité. Les difficultés d’application du système sont connues, il reste cependant que toute absence de législation en la matière est incompatible avec la volonté de construire un Etat de droit.

Il vaut mieux avoir les textes et les institutions prévus par la loi fondamentale, même si leur application dans l’immédiat est difficile, voire impossible. La loi, permanente, est faite pour l’avenir.

6- Assurer une certaine égalité des circonscriptions électorales dans la représentation parlementaire

Reprenant en cela la constitution de 1990, la constitution de 2010 (article 63) organise l’élection des députés selon un scrutin mixte combinant le scrutin uninominal majoritaire à un tour et le scrutin de liste à la proportionnelle au plus fort reste.
Si pour le scrutin de liste, la circonscription électorale couvre le territoire national, en revanche pour le scrutin uninominal, les cinq communes de Conakry et les 33 préfectures du pays ont été érigées en circonscription électorale.
Il en est résulté une injustice criarde dans la représentation parlementaire : des communes comme Matoto et Ratoma ou des préfectures comme Labé, Kankan ou N’Zérékoré avec plus de 300.000 ou 200.000 électeurs ont un député élu à l’uninominal comme des préfectures qui ont à peine 70.000 électeurs.

La question a été évoquée par le CNT mais faute de données statistiques fiables, elle a été renvoyée au Gouvernement post-transition l’examen et la solution du problème.
Il y a urgence à corriger cette inégalité de représentation parlementaire en augmentant le nombre de députés élus au scrutin uninominal sur la base d’un critère quantitatif, le nombre d’électeurs inscrits.

Il est impérieux d’entreprendre la réforme car, outre le vote de la loi et le contrôle de l’action gouvernementale, le député a une fonction de représentation, qui l’oblige à un compte rendu d’activités régulier, donc à un contact fréquent avec la base électorale, ce qui permet au député de s’enquérir de leurs problèmes afin de les assister dans la recherche de solution.

Telles sont quelques pistes d’action qui nous paraissent de nature à donner une nouvelle vitalité à l’Etat. Car c’est un Etat viable parce que assis sur des fondations solides, ayant une vision claire du devenir des populations qui l’appuient et se reconnaissent en lui, qui pourra :

- propulser sa jeunesse dans l’ère du numérique : il ne faut pas rater la révolution numérique ;

- garantir la sécurité des personnes et de leurs biens : quand l’autorité de l’Etat régresse, la vindicte populaire s’installe ;

- adopter une stratégie d’intégration effective de la femme dans le processus de développement : l’autonomisation de la femme doit être un vécu quotidien ;

- mettre en place une gouvernance administrative se traduisant par la capacité de l’Etat à disposer d’une administration efficace, transparente et responsable qui renforce l’autorité de l’Etat : dans ce cadre la gouvernance électronique sera un outil-clé en accroissant l’efficience, la qualité, la simplicité et l’accessibilité des services publics ;

- entreprendre le réarmement moral des agents publics afin de renforcer leur intégrité morale et leur conscience professionnelle : la lutte contre la corruption et l’impunité commence par là ;

- assurer l’accès aux services sociaux de base : la modernité pour les populations rurales comme urbaines passe par l’accès à l’eau potable, aux services de santé primaire, à l’école, la jouissance d’un logement décent etc.
Nous venons de vous développer là quelques idées qui pourront certainement nourrir la réflexion au sein de l’UFR dans sa quête du pouvoir de l’Etat.

Tel est bien l’objectif de cette journée porte ouverte.
Je vous remercie !

Maurice Togba Zogbélémou
Agrégé de droit public et science politique; Professeur à l’Université de Conakry; Avocat au Barreau de Guinée

 
 Ajouter un commentaire
Aboubacar Somparé ou Le fabuleux destin d’un grand homme (Par Makandé Coumbassa )

2017/11/15

Aujourd'hui en Guinée Natif de Dacontah dans le Kakandé profond, Aboubacar Somparé était le fils de Amara et de Aïssata Bayo. Après la mort prématurée de son père, il fut recueilli et élevé par le frère de celui-ci, Abou Yayo, instituteur de renom et dont il portait le nom. Cet oncle, dont la bonté et la sagesse étaient reconnus de tous, exerça sur lui une influence considérable. D’ailleurs tout au long de sa vie, il ne cessera de vanter à son entourage les mérites de cet oncle si particulier. Au sein de la grande famille Somparé, Aboubacar incarna fort bien le rôle du grand frère qui lui était échu. Dès que l’occasion se présentait, il rassemblait jeunes frères, sœurs et leurs amis pour leur donner des cours. Cela ne cessa que lorsque ses exigences professionnelles ne le lui permettaient plus. Il était le grand baobab sous lequel venaient s’abriter tous les membres de la famille. Généreux et humble, il savait trouver chaque fois les mots justes pour réconforter et venir en aide aux parents en proie aux difficultés récurrentes du quotidien. Sa demeure était un gîte ouvert à tous. Beaucoup de ses frères y trouvèrent refuge pour poursuivre leurs études. Il résolvait avec célérité et bonne humeur, dans la mesure de ses possibilités, les problèmes majeurs que pouvait rencontrer la famille. Si le patronyme Somparé jouissait déjà d’une certaine renommée, il l’a propulsé dans une autre dimension. Il serait toutefois réducteur de limiter sa magnanimité à sa seule famille biologique. Comme l’ont témoigné ceux qui l’ont côtoyé, sa bonté était au service de l’humain détaché de toute considération ethnique, religieuse ou politique. Il rendit d’éminents services à des guinéens de tous bords. Profondément bon et empathique, il avait constamment à cœur de traiter les gens avec délicatesse et décence. Le brillant homme d’Etat qu’il fut sut, dès ses premiers pas en politique, se placer au-dessus des clivages partisans pour mieux servir la Guinée dans toute sa diversité ; ce qu’il fit avec brio tout au long de sa riche carrière.

Scolarisé par son oncle Abou Yayo, il se révéla aussitôt brillant. L’exemplarité de son cursus scolaire et universitaire lui valut respect et considération auprès de ses camarades de classe qui ne tarissaient pas d’éloges à son sujet. L’amour de l’enseignement lui étant transmis par son oncle, il embrassa une remarquable carrière d’enseignant alors qu’il aurait pu se rendre en France pour étudier à l’école des hautes études commerciales. Outre l’influence et les précieux conseils de cet oncle qui souhaitait tant sa réussite, il fut aussi encouragé par ses professeurs qui, séduits et convaincus par son talent et sa pédagogie, l’incitèrent vivement à opter pour l’enseignement ; choix qu’il ne regrettera guère. La décision qu’il prit d’enseigner toute une génération de ses compatriotes est assez révélatrice de la fibre patriotique qui l’animait déjà. Là où beaucoup auraient trépigné d’impatience à l’idée de s’envoler pour l’Hexagone afin d’y poursuivre leurs études, lui, préféra contribuer à la formation et à l’émergence d’une élite intellectuelle guinéenne.

Après s’être fait remarquer par le Président Ahmed Sékou Touré, il fit irruption sur la scène politique pour ne la quitter qu’au crépuscule de sa vie. Son parcours politique fut jalonné de succès. Il occupa les postes les plus prestigieux au sein de l’administration guinéenne. A peine âgé de trente-six ans, sous Sékou Touré, il devint ambassadeur de Guinée en France. Le fait qu’il fut nommé si jeune à un poste aussi stratégique est assez illustratif de la confiance indéfectible qu’il inspirait à son mentor. En effet, dans un contexte post-colonial parsemé de relations tumultueuses entre la Guinée et la France, il fallait une personnalité de sa trempe pour mener à bien la difficile mission qui lui fut assignée ; en l’occurrence favoriser et redynamiser la coopération franco-guinéenne. Après avoir obtenu son indépendance de manière très courageuse voire héroïque, la Guinée subit les foudres du colonisateur qui mit tout en œuvre pour qu’elle fût isolée sur la scène internationale. Un climat fortement empreint d’inimitié s’instaura alors entre les deux nations. Des tentatives de déstabilisation du régime guinéen furent ourdies par Jacques Foccart, le monsieur Afrique du général De Gaulle. Ce même Foccart avouera bien des années plus tard avoir injecté des faux billets dans l’économie guinéenne pour créer une poussée inflationniste visant à dévaloriser le syli, la monnaie nationale. Le contexte géopolitique mondial étant caractérisé alors par la bipolarisation, la Guinée, victime d’une féroce campagne de dénigrement orchestrée par le colonisateur et par conséquent rejetée par le bloc capitaliste, n’eut d’autre choix que de se tourner vers le bloc communiste. Après ces années de tensions, le réchauffement des relations entre la Guinée et la France s’opéra en douceur. Aboubacar Somparé, en jeune diplomate réfléchi et tempéré dans ses moindres faits et gestes, assuma avec dextérité la haute responsabilité qui lui fut confiée. Il joua un rôle essentiel dans le rapprochement des deux pays.

A la mort de Sékou Touré en 1984 et après la prise du pouvoir par l’armée, il rentra au bercail pour continuer à servir sa nation. De retour au pays, il ne ménagea pas ses efforts, abattant d’énormes travaux dans tous les postes où il passa avec le sentiment du devoir pleinement accompli. Son passage au rectorat de l’Université Gamal Abdel Nasser en fit une personnalité très écoutée et appréciée des étudiants dans la mesure où il mit en place, dès son entrée en fonction, une politique axée sur la nette amélioration de leurs conditions de vie. Mieux il s’évertua à rehausser le niveau de l’enseignement supérieur.

Au début des années 1990, la plupart des Etats africains embrassèrent, sur fond d’influence et de contrainte étrangères, la démocratie comme système politique ; s’affranchissant ainsi du système de parti unique tant décrié et perçu comme l’un des principaux freins au développement du continent noir. Eu égard à cette nouvelle donne, il renonça à sa fulgurante carrière administrative pour créer son parti. Ayant depuis ses débuts une conception fédératrice de la politique, il réussit à mobiliser bon nombre d’intellectuels autour de son projet. Ce pari audacieux de créer un parti politique composé d’intellectuels de haut rang, issus d’horizons divers, afin de présider aux destinées de la nation ne fit pas long feu pour diverses raisons qui demeurent non élucidées. Il voulut rassembler la Guinée, tenant compte de sa riche diversité, autour d’un idéal commun : gouverner la nation en toute probité pour enclencher l’essor économique tant attendu. Par un concours de circonstances, il rejoignit le PUP (parti de l’unité et du progrès) du Président Général Lansana Conté. En 1995, lors des premières élections législatives de notre nation nouvellement démocratique, c’est au terme de tractations houleuses et de querelles intestines qu’il s’écarta de la course à la présidence de l’Assemblée nationale en faveur d’Elhadj Biro Diallo. Il brigua le poste de secrétaire général du parti attendant patiemment son heure. Tout venant à point pour qui sait attendre, il succéda quelques années plus tard à ce dernier, devenant ainsi la deuxième personnalité de l’Etat et par voie de conséquence le dauphin constitutionnel. En dépit de son exceptionnelle ascension aux plus hautes sphères du pouvoir, il ne se départit jamais de ses principes moraux et sut demeurer humble, affable et accessible à tous. Il ne se laissa jamais entraîner par la jouissance et l’ivresse du pouvoir, il garda les pieds sur terre et fut modéré dans tous ses actes.

A un moment où les errements du régime Conté agaçaient une large frange de la population, d’aucuns lui reprocheront peut-être de n’avoir pas été, à cet instant-là, assez courageux pour claquer la porte et créer son propre parti puisqu’il nourrissait une ambition présidentielle. Mais les choses étaient sans doute plus compliquées qu’on le croyait. Les coulisses du pouvoir sont complexes et parfois surréalistes. Au-delà de toutes les analyses et les conjectures qui ont pu être faites et émises, son attitude peut surtout s’expliquer par son inflexible attachement à sa ligne de conduite directrice : la loyauté. C’est au nom de cette même loyauté qu’il préféra ne pas déclarer la vacance du pouvoir pour être Président de la République alors que constitutionnellement toutes les conditions étaient réunies. Le Président Conté étant grabataire, la présidence de la République lui revenait de droit. Personne n’avait alors le droit d’empiéter sur ses plates-bandes. Nul n’était censé l’empêcher de briguer la magistrature suprême. Par-delà la loyauté qui lui était si chère, il sacrifia son ambition personnelle sur l’autel de la paix et de la concorde nationale. Plus que toute chose, il évita une effusion de sang à son pays. En homme d’Etat chevronné, il a subodoré avec perspicacité la conséquence la plus plausible qui aurait pu résulter de sa prise du pouvoir. Le coup de force de la junte militaire après la disparition du Président Lansana Conté corrobora éloquemment ses craintes de voir son pays basculer dans une guerre civile. N’eussent été sa clairvoyance et son pacifisme, la Guinée aurait peut-être été le théâtre d’un conflit armé.

Aboubacar Somparé a tiré sa révérence en ce jeudi 2 novembre 2017 avec le sentiment d’avoir pleinement rempli sa vie et sa mission. Il laisse derrière lui un lourd et riche héritage que nous devons perpétuer pour le plus grand bien de notre chère patrie. Les obsèques exceptionnelles auxquelles il a eu droit témoignent de sa grandeur. De vibrants hommages lui ont été rendus par les plus grands commis de l’Etat pour de bons et loyaux services qu’il a rendus à la nation. La patrie a été reconnaissante au grand homme qu’il a été. Sa mort a suscité un engouement historique sur toute l’étendue du territoire. La Guinée tout entière est meurtrie, endeuillée et profondément chagrinée par la perte d’un de ses fils les plus brillants. Dimanche dernier, 5 novembre 2017, Dacontah était noir de monde ; une foule impressionnante venue des quatre coins de la Guinée l’accompagner dans sa dernière demeure. Je veux saluer ici la mémoire de ce haut fonctionnaire qui fut à la fois un homme de pensée et d’action, un humaniste, un pacifiste, un rassembleur et un visionnaire. Ce slogan résumerait mieux, selon ma très modeste opinion, son brillant parcours politique : un fédérateur au service d’un idéal commun : l’essor de la Guinée. Je ne saurais achever cet hommage sans demander à Allah Tout Puissant de lui accorder le paradis.

Makandé COUMBASSA


 
 Ajouter un commentaire
Face à Sekhoutouréya, l’opposition et la dissidence ! (Par Kabinet Fofana)

2017/11/15

Aujourd'hui en Guinée En faveur d’un contexte politique international inspiré du discours de la Baule en 1990, la Guinée à l’instar des autres pays africains, reconnaitra à ses citoyens le droit de constituer des partis politiques ou d’y appartenir. C’est l’ère de la pluralité politique !

Progressivement, les premières formations politiques virent le jour – le Parti de l’Unité et du Progrès, le Rassemblement du Peuple de Guinée, l’Union pour le Progrès de la Guinée etc. Depuis, l’espace public est dominé par les politiques, de plus en plus de guinéens s’intéressent à la chose politique comme le révèlent les études sur la participation politique et militante. En exemple, une enquête en 2015 de l’association guinéenne de sciences politiques indique un engagement au sein des formations politiques de l’ordre de 42 % dans les communes urbaines.

Au gré donc des intérêts et des enjeux dynamiques exigeant des politiques une meilleure visibilité au sein de l’opinion publique, des postures assez énigmatiques ou tout au moins pas ordinaires ont été celles d’hommes politiques face au pouvoir de Sèkhoutoureya. Dans la sphère publique, deux entités doivent se distinguer comme préconise Montesquieu dans « l’esprit des lois, 1758 », le pouvoir et le contre pouvoir. Le dernier dont le rôle sera d’interpeller le premier dans sa tentation naturelle d’abuser de la puissance publique. Cela appartient à la logique de la contradiction positive. L’opposition est alors par principe cette entité qui ne participe pas à la démarche politique d’un gouvernement. Sauf que dans le contexte politique guinéen, le distinguo est d’une relativité telle, qu’elle contraste fondamentalement avec toutes les théories sur la question.

Que dire de ces opposants transhumants qui se fabriquent par la suite de leur renvoie du gouvernement alors qu’ils sont par origine du système ?

On devrait plutôt les nommer par dissidents politiques de fait. Ils ont la bonne science et l’art de charmer, le seul dessein de revenir dans les grâces du pouvoir n’a de cesse. A coté de ceux-là, jouxte cette autre catégorie d’opposants moindrement représentatifs en termes de poids politique, des partis satellites, aucunement pas très durs. Ces deux premières ne sont pas très agressives vis-à-vis du pouvoir. Ils sont l’opposition modérée en quête de strapontins. On les appelle l’opposition du pouvoir ! Un type d’acteurs de la société civile très habiles et fourbes s’adonnent au même stratagème , ils sont en fait des politiciens que récuse Jürgen Habermas dont le seul objectif est de se servir de la légitimité et de l’aura que leur offre la société civile pour draguer le pouvoir et accéder à des postes dans le gouvernement.

A l’opposé, existe l’opposition du changement : le seul objectif est la conquête et l’exercice du pouvoir, ils sont pas du tout tendres avec la majorité au pouvoir, ne font pas de concessions. Elle brille par ses invectives et diatribes. Le discours et le programme politique se résument par le mot changement. Celle-ci aussi est aidée dans sa lutte par une frange de soient disant acteurs sociaux : c’est la société civile de l’opposition !

Dans toutes les deux figures, le social ne peut en rien contre le politique parce que investi par la politique, et les enjeux politiques se résument malheureusement par la compétition entre ceux qui sont au pouvoir et ceux qui veulent y être au grand dame des populations qui se meurent tous les jours. Quelle connerie !

Par Kabinet Fofana, politologue

 
 Ajouter un commentaire
Guinée/Transhumance politique, nouveau sport National (Par Amadou Tidiane Barry)





2017/11/15

Aujourd'hui en Guinée L’arène politique n’est point un long fleuve tranquille dit-on. Les oscillations sont malheureusement légions. Au gré du temps, les innovations fleurissent au plan politique. Au point d’imiter les cheptels. Dans ce qu’on appelle transhumance, parfois flagrante, comme le député qui quitte son parti politique pour un autre, ou déguisée, à l’image de cet autre député qui migre à la banque tout en restant dans son parti politique. En terme militaire, ces transfuges, sont passibles du poteau d’exécution en temps de guerre. Et pourtant, tous les apprentis de la politique ont lu André Malraux qui, de façon lapidaire mais juste, soutient que <>.

Morale ? C’est une valeur qui remonte du fond des âges et porte la mémoire de l’africain. Depuis la rédaction de la Charte de Kurukan Fuga en sol guinéen. Fort malheureusement, ce texte qui, pour tout dire, préfigure, et de belle manière, l’idée de l’Etat de droit est oubliée par les hommes politiques du temps présent. Bien qu’il existe dans le pays d’hommes au caractère trempé, patriotes, compétents, intègres et sincères qui auraient dû nous prémunir de toutes ces turpitudes qui ont fini par transformer l’espace politique en un vulgaire cheptel ambulant. La transhumance pose de fait la problématique de la vitalité même de notre démocratie.

La pratique fait désormais office de sport national pour nos hommes politiques. Et chaque parti politique a eu sa dose. Du Rpg arc-en-ciel, à l’UFDG, en passant par l’UFR et le PEDN.

La transhumance politique est un cancer qui gangrène le corps social. Elle doit être combattue par tous avec vigueur. Des solutions existent pour faire face à cette farce, cette vaste honte qui finira si l’on n’y prend garde par nous emporter tous. Ailleurs, on tente d’apporter une solution juridique en apportant par exemple, une déchéance automatique pour tout élu qui démissionne ou même qui est exclu, en cours de législature, du parti dont il a reçu l’investiture pour un autre parti. C’est la solution consacrée constitutionnellement au Sénégal, au Rwanda, en RDC…

Les juristes me diront que cette solution est contraire à la loi fondamentale qui exclut le principe de mandat impératif. Alors, pour éviter le débat juridique, je propose la tenue de fora et d’ateliers organisés par l’Etat au travers du ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation devant appeler à une réflexion pointue de toute la nation pour l’éradication de cette peste.

Amadou Tidiane Barry, acteur de la société civile


 
 Ajouter un commentaire
Coopération: Le Président Ouattara a échangé avec Kassory Fofana

2017/11/14

Aujourd'hui en Guinée Le Président de la République, Alassane Ouattara, a reçu ce lundi 13 novembre, au palais présidentiel, le ministre d’État, conseiller à la Présidence chargé des investissements privés de la République de Guinée, Kassory Fofana. Il dit être porteur d’un message d’Alpha Condé, Président de la Guinée.

A l’en croire, l’entretien a porté sur le renforcement des relations d’amitié et de coopération entre la Côte d’Ivoire et la Guinée, à travers notamment une collaboration entre le Bureau national d’études techniques et de développement de Côte d’Ivoire (Bnetd) et son correspondant en Guinée, l’Administration et contrôle des grands projets et marchés publics (Acgpmp). L’émissaire guinéen reconnaît que le Bnetd « a fait ses preuves en matière d’ingénierie et de maîtrise d’œuvre des projets publics ».

C’est pourquoi, il souhaite que la coopération entre la Côte d’Ivoire, « le géant économique en Afrique de l’Ouest francophone » et la Guinée, « le géant économique en termes de potentiel », puisse accélérer la croissance économique des deux pays et booster également celle de la sous-région, voire du continent.

Sylvain Namoya
In Fraternité Marin

 
 Ajouter un commentaire
A Siguiri, Tiken Jah Fakoly déconseille à Alpha Condé un 3è mandat : ‘’ Ne tentez pas…’’

2017/11/12

Aujourd'hui en Guinée La star ivoirienne du reggae, Tiken Jah Fakoly, a invité le président guinéen, Alpha Condé, dont le deuxième et dernier mandat expire en 2020, à ne pas briguer un troisième mandat et du coup, souligne-t-il, éviter de sortir « par la petite porte de l’histoire ».

« Je dirais à Alpha Condé de ne pas tenter un troisième mandat car tous les présidents qui l’ont fait, sont partis par la petite porte de l’histoire », a notamment dit le chanteur. « Il a posé des actes positifs. Qu’il ne se laisse pas emporter par ceux qui veulent l’induire dans l’erreur », a-ajouté Tiken Jah Fakoly qui s’exprimait depuis Siguiri, ville aurifère située à l’Est de la Guinée. Depuis 2009,

Tiken a lancé son projet « un concert, une école » à travers lequel il participe à la construction des écoles au Mali, en Guinée, en Côte d’ivoire et au Burkina. Tiken Jah Fakoly est l’auteur de « Libérez Alpha Condé », une chanson adressée à l’ancien président Lansana Conté, qui avait jeté en prison au lendemain de la présidentielle de 1998, son farouche opposant, devenu aujourd’hui chef de l’Etat.


APA


 
 Ajouter un commentaire
Administration et Mouvance présidentielle : qui est qui ? (Par Mohamed Alsény Camara)

2017/11/12

Aujourd'hui en Guinée Le Gouvernement guinéen en particulier et l’administration guinéenne en général est censé être au service du Président élu et, en tout cas, appliquer le programme qu’il a préparé avec son parti. Alors que le RPG s’indigne de ne pas être suffisamment représenté dans les centres de décisions et que l’opposition, au contraire, dénonce une Rpégisation du pouvoir, qu’en est-il réellement des personnes qui sont aux affaires en Guinée ?

Une analyse décalée permet de ressortir trois catégories de décideurs dans notre système politico-administratif.

Les « ton pied-mon pied »

Ceux-là n’ont pas le choix. Leur avenir est historiquement, institutionnellement, politiquement et stratégiquement lié à Alpha Condé. Ils suivront son destin comme l’ombre suit son homme. Pour la plupart d’entre eux, ils ont le profil Rpgiste de la première heure. La preuve en est que, rien que pour les ministres, ceux de cette catégorie qui ont quitté le gouvernement n’ont jamais changé de veste et n’ont pas rejoint l’opposition. Diaka Diakité, Tidiane Traoré, Naman Keita, Sékou Kourouma, Kadiatou N’Diaye, Sanaba Kaba et même Bantama Sow et Ibrahima Kourouma en leur temps, sont sagement restés dans leur coin et assistent même aux assemblées du parti.

Ceux-là se battent bec et ongle pour qu’Alpha Condé termine son mandat et, si possible, qu’il ait la possibilité d’en briguer un troisième. Certains le font par conviction, d’autres par intérêt. Par exemple, pour avoir l’assurance de conserver un poste qu’ils n’auraient jamais obtenu sans Alpha Condé.

Ils ne supportent aucune critique contre le régime et ne font aucun cadeau à l’opposition. D’ailleurs, fort de ce qu’ils considèrent comme leur légitimité historique de n’avoir jamais géré la chose publique, ils entretiennent une forme de mépris pour les opposants. Ils savent que cette opposition, affichée ou larvée, ne leur fera aucun cadeau après Alpha Condé. Ils prennent des risques, s’affichent ouvertement, vont dans les radios, font des débats, s’accrochent avec l’opposition. Bref, ils « mouillent » le maillot.

Leur attitude est bien entendue tout à fait contraire à ceux qui sont venus se « greffer » à la Mouvance présidentielle et qui n’ont pas la fibre RPG. Ceux-là même qui, dès qu’ils ont été débarqués du système, ont retourné leur veste.

Les invisibles

Parce que le RPG n’a pas suffisamment de cadres techniques de haut niveau rompus à l’administration moderne et tournés vers l’international, ils ont hérité de hauts postes administratifs. Parfois de très hautes responsabilités politiques, économiques, diplomatiques, aussi bien dans le Gouvernement que dans de grandes directions ou établissements publics. Vous les entendrez rarement prononcer le nom d’Alpha Condé dans un discours. Vous ne les verrez pas à un meeting du RPG ou en faveur du Président.

Ils font juste ce qu’il faut pour s’attirer la sympathie des militants du RPG en distribuant des services par-là, de l’argent par-ci, des avantages par ailleurs, donnant ainsi l’impression d’être avec le Président et le RPG sans pour autant s’afficher.

Certains d’entre eux sont réellement compétents et n’ont pas forcément peur de l’avenir. Les autres utilisent cette stratégie pour bénéficier de l’appui des militants du Parti auprès du Président afin de conserver leur poste sans avoir besoin de s’afficher comme militant du RPG et soutien d’Alpha Condé. Très souvent, ils justifient leur discrétion par le caractère prétendument « stratégique » de leur fonction qui les empêcherait de s’afficher politiquement. Les plus intelligents d’entre eux font un petit meeting de soutien par ici, un autre petit remerciement au PRG au détour d’un discours qui, en fait, ne fait que les magnifier eux. Et puis basta.

Ceux-là auront demain la possibilité de se planquer et d’échapper à la « purge » qui existera en cas de changement de régime. Certains sont mêmes soupçonnés de garantir discrètement leur future « amnistie » en consentant de discrets avantages à… certains opposants.

Les « prêts à muer »

Paradoxalement, ils font du bruit. Beaucoup de bruit. Ils en font pour cacher leur jeu et apparaître plus engagés que tous les autres. Ils ont mué par le passé, ils ont mué pour venir avec Alpha Condé, ils vont muer après le régime d’Alpha Condé.

Bien que vous ne les retrouviez jamais dans des débats contradictoires et argumentés, certains sont inutilement agressifs avec l’opposition, fébriles, maladroits et souvent désordonnés dans leur soutien au Président. D’autres sont d’une intelligence rare et se font passer pour être les détenteurs de toutes les solutions pour aider Alpha Condé à gérer des crises qu’ils sont souvent les premiers à créer. L’essentiel pour eux est d’exister et d’apparaître comme indispensable à tout système, quel qu’il soit.

Ils cachent bien leur démarche en se montrant actifs et parfois plus même que les Rpgistes originels. C’est cet activisme qu’ils sauront monnayer et mettre à la disposition des nouveaux maîtres de la Guinée. S’ils sont débarqués du système, la plupart d’entre eux n’attendront même pas un changement de régime pour rejoindre l’opposition. Signe assez distinctifs : ils attaquent rarement nommément et directement un opposant particulier (surtout pas Cellou Dalein Diallo) par contre ils se fendent volontiers d’un petit compliment pour certains d’entre eux.

Voici la Mouvance présidentielle aux affaires. Comme disent certains : « on est tous dans la même voiture, mais on ne va pas tous au même endroit ».

Mohamed Alsény Camara

 
 Ajouter un commentaire
Le recours pour excès de pouvoir et ses exigences

2017/11/12

Aujourd'hui en Guinée Un Etat de droit se reconnait essentiellement par sa soumission au droit. Dans un Etat de droit, de même que les lois doivent être conformes à la Constitution (principe de constitutionnalité), les actes règlementaires doivent être conformes à la loi (principe de légalité). Le respect de ces principes est assuré par le juge constitutionnel et le juge administratif.

Selon le problème posé par le litige en cause, il existe plusieurs sortes de recours contentieux, notamment, le contentieux de l’annulation et le contentieux de pleine juridiction.

Le contentieux de l’annulation est un procès fait à un acte ou une décision pour violation de la légalité. Il est composé de deux types de recours :

Le recours en cassation : en matière administrative, ce recours est exercé contre les arrêts rendus par la Cour d’appel en pleine juridiction.

Le recours pour excès de pouvoir : est exercé contre un acte administratif unilatéral pour violation de la légalité.
En revanche, le contentieux de pleine juridiction est un procès entre deux parties : l’administration et un citoyen. En plus de l’annulation de l’acte, le contentieux de pleine juridiction vise la réparation d’un préjudice subi. Le juge est alors sollicité pour se prononcer sur un droit subjectif.

Si le contentieux de pleine juridiction est exercé en premier ressort devant les Chambres Administratives des Tribunaux de Premières Instances, le recours pour excès de pouvoir est exercé en premier et dernier ressorts devant la Cour suprême (Article 113 de la Constitution). Il est un contentieux de l’annulation par lequel, tout citoyen intéressé peut demander à la Cour Suprême d’annuler un acte administratif unilatéral pour violation de la légalité. Il ne vise que l’annulation de l’acte attaqué.

En effet, pour qu’un recours pour excès de pouvoir soit examiné au fond par le juge, le requérant doit respecter les conditions de recevabilité suivantes :

La nature de l’acte attaqué, qui doit être un acte administratif unilatéral ;

La qualité du requérant, qui doit avoir un intérêt à agir ;
La forme et le délai dans lesquels la requête doit être présentée ;

L’absence d’un recours parallèle pouvant aboutir au même résultat.

Ainsi, l’acte administratif unilatéral attaqué doit porter grief. La requête doit indiquer les noms et domiciles des parties ; les faits et les moyens utilisés pour établir l’illégalité de l’acte ou de la décision. Elle doit être signée par un Avocat exerçant la profession et accompagnée d’une copie de l’acte attaqué. Le recours doit être formé dans un délai de deux mois à compter de la prise de connaissance de l’acte ou de la décision.

Aucune demande de réparation d’un préjudice subi ne peut être formulée dans un recours pour excès de pouvoir. Car, il ne vise que l’annulation de l’acte ou de la décision pour violation de la légalité.

Une demande en réparation d’un dommage causé par un acte administratif unilatéral doit faire l’objet d’un recours de pleine juridiction, introduit auprès du Tribunal de Première Instance du ressort.

C’est pourquoi, toute violation d’une des règles procédurales est sanctionnée par l’irrecevabilité du recours. « En Droit, la forme commande le fond ».

Conakry, le 8 novembre 2017

Mamadi 3 KABA, Juriste et chargé de cours de Droit

Président de l’Observatoire Citoyen de Défense de la République (O.C.D.R)

Tel : (+224) 622 09 77 33. E-mail : observatoirecitoyens@gmail.com

 
 Ajouter un commentaire
Le PM à la Clôture des travaux des états généraux de la sécurité routière: " La sécurité routière, tous concernés "

2017/11/11

Aujourd'hui en Guinée Sous la présidence du chef du gouvernement, Mamady Youla, les travaux du forum des Etats généraux de la sécurité routière ont pris fin ce vendredi 10 novembre après 4 jours d’activités au tour de plusieurs thèmes qui ont abouti à des conclusions et propositions satisfaisantes.

Dans son allocution, Le ministre d'Etat, Ministre des transports, Oyé Guilavogui, a adressé ses vives félicitations à tous les participants pour l’intérêt accordé aux états généraux de la sécurité routière, au terme de ces travaux. ‘’Force est de reconnaitre qu’au cours de ces travaux il y’a eu des échanges fructueuses sans tabou entre les participants venant de tous les horizons’’ a t'il affirmé.

Pour lui, ceci démontre à suffisance l’importance que les uns et les autres attache à la résolution des problèmes de la sécurité routière qui se posent aujourd’hui avec occuité dans le pays.

Poursuivant, Oyé Guilavogui a affirmé que les résultats auxquels les états généraux de la sécurité routière ont abouti, n’ont occulté aucun aspect, et cela interpelle tous les guinéens a porté une réponse globale à la problématique de la sécurité routière. Par conséquent, l’implication de tous les acteurs est vivement recommandée notamment, les pouvoirs publics, la société civile, les organisations socio-professionnelle, syndicats, les collectivités locales, les jeunes sans oublier les médias et les religieux pour le bien être des usagers.

Par ailleurs, il estime que durant ces travaux, conformément aux recommandations issues du rapport des travaux du forum, des manquements avérés ont été faits parmi lesquels :

- L’absence d’un code de la route ;

- Le manque de bulletin dans la liste des accidents permettant d’obtenir les statistiques fiables;

- La faiblesse dans la délivrance des types de transport et la mauvaise qualité des guides ;

- L’absence des visites techniques;

- La prolifération informelle des auto-écoles et la mauvaise qualité de la formation ;

- L’état mauvais des routes urbaines et interurbaine ;

Pour remédier à tous ces phénomènes, Le Ministre en charge des transports en collaboration avec le ministère de la sécurité routière et de la protection civile, s’engagent à trouver une solution à ces manquements d’ici la fin d’année 2017. Il a également souligné que le nouveau code de la route est déjà élaboré par le ministère des transports, de la sécurité avec l’assistance technique de l’Union Européenne, et il a été mis en place un observateur de sécurité routière pour combler le manque de cadre de concertation entre les structures concernées qui permettra de moderniser et de relancer le bulletin sous la forme numérique.

Oyé Guilavogui a remercié le président de la république, ainsi que tous les membres du gouvernement pour la tenue et la réussite de ces états généraux. Pour terminer, il a mis l'accent sur la signature du décret No 287 du 03 novembre 2017, portant réglementation des contrôles techniques périodiques obligatoires des véhicules. Selon lui, pour la mise en œuvre de ce décret, les services techniques du ministère sont déjà sur pied pour la préparation des textes d’applications et la rédaction d’un nouveau cahier de charge relatif à l’installation et a l’exploitation des centres de visite technique à Conakry et à l’intérieur du pays et ceux dans un meilleur délai.

Succédant au Ministre d'Etat au Transport, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement Mamady Youla a remercié l'ensemble des participants au forum pour l’assiduité au travail dont ils ont fait preuve, la charité de leurs interventions et surtout pour les résultats produits. A en juger par l’engouement suscité par cet évènement et le grand intérêt manifesté par de nombreuses composantes de la nation pour prendre part aux présentes assises, le chef du Gouvernement se dit réconforté dans l’idée que les états généraux de la sécurité routière était un besoin ressenti par toutes les parties prenantes, invitées et concernées par les questions de circulation et de sécurité routières.

Au regard des premières conclusions exposées dans le compte rendu des travaux, le Premier Ministre se réjouit de constater que l’appel du chef de l’Etat a été, dans une large revue, entendu.

En effet, les débats et discussions obtenus au niveau du forum, ont permis d’aboutir à des conclusions et propositions concrètes. Suite à ces conclusions et propositions, Mamady Youla a réitéré l’engagement et la détermination du gouvernement de faire en sorte que les résultats de ces assises soient traduits en acte tangible et décision concrète. Par ailleurs, il n’a pas manqué de rassurer de la volonté du gouvernement d’examiner avec attention l’ensemble des mesures qui ont été proposées en vue d’initier et de mettre en œuvre les réformes qui s’imposent ou de renforcer et pérenniser ceux déjà en vigueur. Il a également rassuré que le Gouvernement veillera à la poursuite des réflexions, pour que les reformes qui se trouvent dans l’esprit de ces états généraux soit maintenues et développées.

Plus loin, le chef du gouvernement a témoigné au nom du gouvernement, toutes leurs gratitudes à l’endroit de tous les partenaires bilatéraux et multilatéraux et plus particulièrement à l’endroit de l’union Européenne à travers le projet d’appui au secteur des transports, dont ils saluent le ferme engagement de continuer à apporter une contribution et un appui appréciable à la réforme et à l’amélioration du secteur du transport. Il a également réitéré l’engagement du gouvernement de veiller au respect et surtout à l’application de leurs engagements internationaux.

Le Premier Ministre Mamady Youla a terminé son adresse en déclarant officiellement clos les travaux du forum des états généraux sur la sécurité routière.

La Cellule de Communication du Gouvernement avec le Ministère des Transports

 
 Ajouter un commentaire
Migration clandestine: Une mission mixte Gouvernement et OIM à la rencontre de la diaspora guinéenne à Bruxelles !

2017/11/9

Aujourd'hui en Guinée

« Pour convaincre les jeunes de ne pas quitter la Guinée, où il faut investir dans l’emploi pour les fixer au pays, nous avons décroché une somme de 65 millions d'euros qui vont être mis à la disposition de la Guinée pour la création de jobs pour les jeunes. Le gouvernement guinéen a déjà monté des projets concrets qui vont être soumis d'ici le 14 novembre 2017 à un Conseil d'Administration. C'est dans ce cadre qu'une mission mixte Gouvernement guinéen et l'OIM (Organisation Internationale de la Migration) va venir à Bruxelles le 8 novembre qui souhaite rencontrer la diaspora guinéenne de Belgique, de la Hollande et du Luxembourg pour essayer de voir comment la diaspora aussi peut s’investir pour convaincre les jeunes en Guinée de ne pas sortir, de rester sur place pour créer de l'emploi. Il y aura une réunion avec la mission qui souhaite rencontrer quelques représentants d’associations les plus représentatifs de la diaspora et elle souhaite aussi aller à Liège pour rencontrer les compatriotes y vivants pour expliquer le but de leur voyage. », a annoncé Dr Ousmane Sylla, ambassadeur de la Guinée à Bruxelles auprès des pays de l'Union Européenne et du Benelux, en marge de la réunion de sensibilisation sur la semaine nationale de la Citoyenneté et la Paix, le dimanche 5 novembre 2017, dans les locaux de l'ambassade de Guinée.

D'après Dr Sylla, la rencontre avec la diaspora à Bruxelles est prévue pour le samedi 11 novembre de 14 h 30 mn à 18h. Adresse : BRUXELLES Mundo-B; Rue d'Edimbourg 26 - 1050 Bruxelles. La salle est située près de « Porte de Namur » (Métros 2 et 6. Bus 34, 54, 64, 71 et 80). Et la rencontre avec la diaspora à Liège est prévue pour le dimanche 12 novembre de 14h 30 à 18h; Adresse : Auberge de Jeunesse de Liège; Rue Georges Simenon, 2; 4020 Liège ; Situé Quartier Outre-Meuse, entre les 2 bras de la Meuse, près de la N3.

Pour faciliter l’organisation, toutes les personnes intéressées par les rencontres de samedi 11 novembre et dimanche 12 novembre 2017 avec les membres de la diaspora sont priées de confirmer leur participation à ces rencontres à Mme Coryse LEHEMBRE (OIM Bruxelles) par email : clehembre@iom.int ou par téléphone au +3222877515.

Pour rappel l'OIM développe actuellement en Guinée un projet de « Renforcement de la gouvernance des migrations et de support à la réintégration des migrants en République de Guinée » qui est un projet issu d’une initiative conjointe entre l’OIM et le Fonds Fiduciaire de l’Union européenne. Lancé en avril 2017 et d’une durée de 3 ans, il couvre 6 régions administratives de la Guinée : Conakry, Boké, Mamou, Labé, Kankan et N’Zérékoré. Dans le cadre de ce projet, l’OIM Guinée assiste les migrants retournés, selon leur profil et leurs besoins, rendant possible la création d’une petite entreprise, l’implication dans une initiative entrepreneuriale collective et/ou communautaire, ou le suivi d’une formation professionnelle.

A noter que le mercredi 8 novembre dernier 243 migrants, parmi les passagers, 8 mineurs vulnérables, 10 femmes dont une mère avec ses 4 enfants, ont regagné la Guinée de retour de la Libye à bord d'un avions spécial affrété par l’OIM. D'où l'importance de la rencontre de la diaspora de Benelux pour l'impliquer non seulement dans la sensibilisation des jeunes de ne pas tenter l'aventure européenne avec toutes ses conséquences, mais aussi et surtout dans la création d'emplois en Guinée afin d'occuper les jeunes guinéens.

SACKO Mamadou

 
Guinée / Massacre du 28 septembre 2009 : La fin de l’information judiciaire ouvre enfin la voie à un procès !

2017/11/9

Aujourd'hui en Guinée Hier, les trois juges d’instruction chargés de l’enquête sur le massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry ont notifié aux parties la fin de l’information judiciaire. L’ouverture d’un procès étant désormais possible, nos organisations - qui accompagneront et représenteront les victimes au procès - demandent le renvoi des 14 présumés responsables, dont l’ex Chef de la Junte Moussa Dadis Camara, devant le Tribunal de Dixinn, afin de permettre l’ouverture d’un procès dès 2018.

Le 28 septembre 2009, la répression d’un meeting des « Forces Vives » au Grand Stade de Conakry faisait plus de 156 morts et des dizaines de personnes toujours portées disparues. Plus d’une centaine de femmes avaient été violées.

Près de huit ans après l’ouverture de l’information judiciaire, sa fin ouvre la voie à un procès.

Nos avocats ont remis hier aux juges d’instructions leurs observations finales, à travers un document d’une centaine de pages synthétisant 8 années d’enquêtes et sollicitant le renvoi des 14 présumés responsables visés par l’instruction devant la Chambre criminelle du Tribunal de première instance de Dixinn. Une fois la procédure mise à la disposition des parties pendant 72h, elle sera transmise au parquet de Dixinn qui prendra ses réquisitions définitives.

« Pendant près de 8 années, nos organisations et leurs avocats ont travaillé sans relâche pour nourrir le dossier d’instruction et accompagner le plus grand nombre de victimes. Cette nouvelle étape dans la procédure constitue une première victoire car elle permet l’ouverture prochaine d’un procès » souligne Dimitris CHRISTOPOULOS, Président de la FIDH.

Depuis que la FIDH, l’OGDH et l’AVIPA se sont constituées parties civiles à la procédure en mai 2010, près de 450 victimes ont été accompagnées par nos organisations. Les avocats du Groupe d’Action Judiciaire (GAJ) de la FIDH ont également participé aux enquêtes, à travers des demandes d’actes et la transmission d’informations.

« Avec la tenue de ce procès, L’État guinéen aura la possibilité de mettre fin à des décennies de culture de l’impunité et de violences politiques », observe Asmaou Diallo, présidente de l’AVIPA.

Il est à présent urgent que le gouvernement guinéen s’attelle à l’organisation de ce procès hautement historique et symbolique pour la Guinée. Les fonctions qu’ont occupées les inculpés, le nombre de victimes et le degré de médiatisation, constituent d’importants défis qui imposent une organisation logistique appropriée en amont du procès, afin que soit assurée la sécurité de tous les participants et qu’une place centrale soit accordée aux victimes constituées parties civiles.

« Nous félicitant de la fin de l’information judiciaire, nous appelons désormais les autorités politiques guinéennes à donner à la justice tous les moyens nécessaires pour organiser en 2018 ce procès tant attendu » affirme Abdoul Gadiry Diallo, président de l’OGDH.

Contexte :

Le 28 septembre 2009, des milliers de personnes s’étaient retrouvées au stade de Conakry pour manifester contre la volonté du capitaine Moussa Dadis Camara, alors chef de la junte du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), de se présenter à l’élection présidentielle. Les autorités avaient envoyé les forces de sécurité pour réprimer les opposants. Le massacre avait fait plus de 156 morts et plus d’une centaine de femmes avaient été violées. Des dizaines de personnes sont toujours portées disparues. En février 2010, une procédure judiciaire est ouverte en Guinée. En huit ans, l’information aura permis d’inculper 14 personnes, dont de hauts responsables politiques et militaires du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD).

Conakry-Paris, le 7 novembre 2017
FIDH

 
 Ajouter un commentaire
Journées UFR, une clôture grandiose : quelques constats personnels (Par Mamadou Bllo SY SAVANÉ)

2017/11/9

Aujourd'hui en Guinée Les journées d’études, pour la première fois organisées en Guinée, par un parti politique depuis l’instauration du multipartisme, viennent d’être clôturées. C’est l’U.F.R. et son président qui en ont été l’initiateurs, comme d’ailleurs très souvent lorsqu’il s’agit d’innover dans notre pays. D’autres partis politiques pourraient les imiter. Aucun problème, car l’U.F.R., c’est désormais la « maison commune » d’où on n’exclut pas, on n’en ferme pas les portes, elles restent OUVERTES pour tous les ENFANTS du pays, sans exclusive.

La « marée humaine » pour certains, la « démonstration de force » pour d’autres, le « déferlement » des militants et sympathisants pour certains autres, tels sont quelques titres enflammés qui décrivent avec justesse, la réponse de nos compatriotes à l’appel de l’U.F.R. et de Sidya TOURÉ. Je ne rajouterais pas de superlatif supplémentaire à ce qui est dit.

Toutefois, l’immensité de la mobilisation populaire à l’appel de M. Sidya TOURÉ me suggère quelques constats :

1°. La mobilisation populaire souhaitée par le Chef de l’U.F.R., s’est déroulée dans la paix la plus absolue. De Gbéssia- Aéroport (quartier de la proche banlieue de Kaloum) au centre de Kaloum (environ 15 km), des centaines de milliers de personnes sont venues manifester à Sidya leur affection, et leur CONFIANCE, ainsi que leur attachement à l’U.F.R. Il n’y a eu ni dispute, ni bagarre, ni saccage des biens privés, ou publics. Les consignes données par le parti, ainsi que les recommandations de Sidya, ont été rigoureusement respectées par toute cette marée humaine. C’est cela la culture politique de notre parti. Malgré l’immensité de la manifestation, personne n’y a dérogé.

2°. Kôtô président Alpha CONDET, empêtré dans les conséquences de ses reniements, son obstination à humilier et injurier les militants historiques R.P.G.(« les Malinké, ou les cadres Malinké sont les plus malhonnêtes de la Guinée » avait-il dit dans une réunion publique il y a quelques mois, pensait pouvoir atténuer l’ampleur de ce que chacun soupçonne en Guinée, et peut-être en dehors de la Guinée : une immense partie de nos concitoyens placent désormais son ESPOIR en Sidya TOURÉ. Les petites gesticulations minables à travers une nomination dérisoire de dernière minute ont produit l’effet inverse qu’il espérait. Nos compatriotes avaient bien compris la manœuvre, et identifié celui ou ceux qui s’y sont prêtés. Ils les ont mis à leur place, c’est-à-dire peu, très peu. Ils se sont donc plus mobilisés qu’ils ne l’auraient fait. Ils sont restés dignes durant toute la marche. Pourtant ils étaient des centaines de milliers. Ni milices politiques, ni autres gardes prétoriennes. Juste le Civisme et le sens de la Patrie.

3°. Ce rassemblement n’était évidemment pas une marche de protestation, ni une festivité quelconque, et encore moins une élection. C’était bien plus : Sidya et son parti ont demandé aux citoyens (adhérents ou pas à l’U.F.R.) de marcher POUR ce qu’ils proposent au pays, et non pas CONTRE quelqu’un ou contre un parti, même adversaire ou concurrent. Lors de la marche, personne, absolument personne n’a été ni insulté, ni conspué. C’est aussi cela être un parti LIBÉRAL. Si dans pas longtemps, nos compatriotes décident de confier les destinées du pays à Sidya TOURÉ, la recherche obstinée de la cohésion nationale, le maintien de l’harmonie sociale qui prévalait et qui n’aurait jamais dû être fragilisée, seront l’une des priorités à laquelle il donnera consistance, sans tarder.

4°. La « marée » humaine, ou le « déferlement » qui sont désormais indiscutables, obligent à remarquer que :

—Issu de l’une des plus petites minorités, peut-être la plus petite ethnie de notre pays, la dimension personnelle de M. Sidya TOURÉ dépasse largement l’espace strict de l’U.F.R. Ces centaines de milliers de personnes enthousiastes qui ont marché sous un soleil de plomb, n’étaient pas tous des « DIAKHAKÉ (ethnie dont Sidya est issu), ni originaires de KOLON (village de Sidya), ni même de BOFFA ou de BOKÉ. Une manifestation d’une telle ampleur, à l’appel d’un Chef politique ethniquement minoritaire, n’est pas une élection, mais elle donne des indices qui ne sont pas sans signification.

—Dans la configuration sociopolitique particulière, créée délibérément par kôtô Président Alpha CONDET, la majorité des Guinéens paraissent avoir bien compris que la personnalité de Sidya est vraisemblablement celle qui est apte à pacifier, et à apaiser notre société fragilisée, brutalisée par le pouvoir de kôtô Alpha CONDET. Car il faut sortir de l’idée que seules les personnes issues des deux ethnies numériquement majoritaires (Peul et Malinké) peuvent être élues à la Magistrature suprême. Développer cette fausse évidence, c’est semer les graines d’une possible dislocation du pays. Puisque d’emblée, les personnes d’extraction ethnique minoritaire sont exclues, du seul fait qu’elles sont d’une petite minorité ethnique.

Ceux qui prétendent que Sidya ne peut pas gagner une élection présidentielle, parce qu’il est issu d’une petite minorité ethnique et que le vote est « ethnique » en Guinée, tirent à mon avis une conclusion hâtive, de façon mécanique. Il ne serait pas sérieux de nier le paramètre ethnique lors d’élection en Guinée. Mais il est tout aussi stupide et mensonger de laisser croire que la prégnance de l’ « ethnisme » sur la vie politique guinéenne est si puissante que seul un Malinké ou un Peul, les deux ethnies numériquement majoritaires du pays, peut être « élu » à la magistrature Suprême. Les faits contredisent ce faux « constat » qui est peut-être un souhait pour ses tenants. Exemple : en 2010, au premier tour lors de la présidentielle, le tandem Sékouba KONATÉ-Tibou KAMARA avaient attribué 13 ou 14% des voix à Sidya TOURÉ, après qu’ils aient falsifié les résultats sortis des urnes. La suite est connue. Les DIAKHANKÉ ne représentent probablement pas plus de 1% de la population de notre pays. Pourquoi 14%, au lieu de 1 ou 2% ?, ce qui eut été cohérent avec cette thèse farfelue.

Aux militants et militantes, sympathisants et amis de l’U.F.R., le SAMEDI 4 Novembre à Conakry, vous avez fait une démonstration de force dans la Dignité, dans le respect de ceux et celles qui sont dans d’autres partis politiques. Vous n’avez pas été CONTRE. Vous êtes venus affirmer que vous êtes dans une perspective positive, et donc POUR.

Restons mobilisés, FRATERNELS et BIENVEILLANTS.

Mamadou Bllo SY SAVANÉ


 
 Ajouter un commentaire
Féguifoot- Coupe d'Afrique des Nations 2023 : L'ambassadeur des États-Unis chez le Président Antonio Souaré

2017/11/9

Aujourd'hui en Guinée L'ambassadeur des États-Unis en Guinée, Dennis Hankins et son Conseiller Économique, John R. Stark ont été reçus, ce jeudi 09 Novembre 2017, par le Président de la Fédération Guinéenne de Football, Antonio Souare, Président du Comité d'organisation de la Coupe d'Afrique des Nations 2023, entouré de ses collaborateurs.

Le Président Antonio Souare a remercié le diplomate Américain d'avoir fait ce déplacement vers lui et fait un long exposé détaillé sur le Football Guinéen, en général, et les enjeux de l'organisation de la CAN 2023. Dans cette perspective, le Président du Comité d'organisation de la Coupe d'Afrique des Nations 2023 souhaite l'assistance de la première puissance mondiale, surtout en matière d'expertise et d'expérience.

Pour Le Président Antonio Souare, en plus de son aspect pacifique, de solidarité et d'unité, le sport, notamment à travers l'organisation de la CAN, reste le meilleur facteur de développement. Ces investissements, dit-il, permettront d'éviter à nos jeunes de prendre le risque meurtrier de toujours vouloir traverser la méditerranée à la recherche d'un bonheur hypothétique qu'il ne trouve malheureusement pas au pays à cause du chômage récurent.

L'ambassadeur Hankins, qui a attentivement écouté les explications du Patron du Football Guinéen et posé des questions, a promis d'étudier les possibilités d'intervention de son pays à cette grande aventure Guinéenne.


AC

 
 Ajouter un commentaire
Baidy Aribot : Le tartuffe d’un parti qui se cherche

2017/11/9

Aujourd'hui en Guinée La nomination du secrétaire exécutif de l’Union des forces républicaines (Ufr), Baidy Aribot, au poste de deuxième vice-gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée, la veille de la célébration du 17ème anniversaire de l’avènement de Sidya Touré à la tête de cette formation politique, considérée comme la troisième force politique du pays, ne serait pas le fruit du hasard. C’est du moins l’avis de maints observateurs qui voient dans ce geste du président de la République une arrière-pensée politique.

La récente nomination de Baidy Aribot, secrétaire exécutif de l’Union des forces républicaines (Ufr) au poste de 2ème vice-gouverneur de la Bcrg, continue d’alimenter la chronique dans la cité.

Ce qui intrigue l’opinion, c’est surtout la coïncidence de la prise de ce décret avec la célébration des festivités du 17ème anniversaire de l’avènement de Sidya Touré, en tant que président de l’Ufr.

Interrogé sur sa nomination par nos confrères du site africaguinee.com, Baidy Aribot feint la surprise totale.

Ce fut la même réaction du côté du parti, où on s’est dit aussi étonné, étant donné que le président Sidya Touré n’aurait pas été consulté pour cette nomination de Baidy Aribot, qui est synonyme d’un débauchage.

L’homme promet certes de rester à jamais fidèle à ‘’l’UFR’’. Tout en remerciant, son bienfaiteur, le président Alpha Condé pour ‘’le choix porté sur sa personne, pour accéder au rang de vice-gouverneur de la Bcrg’’.

L’Union des forces républicaines a promis toutefois de réagir à cette nomination. Mais au moment où nous mettions sous presse, rien n’avait encore filtré du conclave qui devait statuer sur le sort de son secrétaire exécutif.

Selon des indiscrétions, Baidy Aribot aurait bien démarché pour se faire porter à la tête de cette institution bancaire, dont il vise le poste de gouverneur depuis des lustres.

Il faut rappeler que M. Aribot est un homme du sérail, pour avoir travaillé au sein de la Bcrg, durant des années, sous la deuxième république.

D’ailleurs, dans une de ses dernières révélations, le général Sékouba Konaté, ami d’enfance de Baidy, dit avoir été dissuadé par Tibou Kamara, ancien ministre secrétaire général de la présidence de la République, de porter Baidy Aribot à la tête de la Bcrg, alors que celui-ci le pressait de vives sollicitations. C’était sous la transition en 2010.

C’est dire que le secrétaire exécutif de l’Ufr caressait bien le rêve de devenir gouverneur, pour enrichir un cv, certes étoffé.

Car Baidy a été ministre de la république, directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss), directeur général du fonds minier.

Et voilà que ses fréquentations du palais sekhoutouréa ont fini par payer. Certes, le député uninominal de Kaloum portait certes la casquette d’opposant, mais il s’est toujours gardé de s’aliéner le président Alpha Condé. Aux côtés duquel il adore d’ailleurs s’afficher, tant dans des promenades dans Kaloum, que lors de voyages à l’étranger.

Les militants de l’Ufr ont le blues

Sur l’échiquier politique, l’Union des forces républicaines (ufr) a perdu de sa superbe. Les accointances des dirigeants du parti avec le pouvoir auront mis le moral des militants en berne. Avec les élections locales qui pointent à l’horizon, le parti a des soucis à se faire, face aux velléités du Rpg arc-en-ciel qui est en train d’étendre ses tentacules dans ses fiefs, notamment à Kaloum, Matam, Boké et Boffa.

Du coup, Sidya Touré tente de reprendre la main. Mais, la tâche s’avère ardue voire titanesque.

La commémoration des festivités du 17ème anniversaire de son investiture à la tête de cette formation politique créée par Bakary Goyo Zoumanigui, dans les années 90, s’inscrivait dans le cadre de cette offensive de charme en direction des militants.

Il faut noter que dans le discours prononcé à l’occasion de cette commémoration, M. Sidya a reconnu les limites de la gouvernance actuelle, marquée par une crise de confiance entre les politiques et les populations.

« Aujourd’hui nul ne peut nier que le pays doute de lui-même et surtout doute de son intelligentsia et de ses leaders politiques. Cette crise de confiance entre le peuple et ceux qui sont censés lui créer les meilleures conditions de vie notamment celle des franges les plus vulnérables, est de nature à affaiblir, voire entraver les initiatives de développement. Le doute s’est installé, car il arrive que les populations aient été amenées à croire que des élections qu’elles ont souhaitées démocratiques et transparentes résoudraient tous leurs problèmes. Malheureusement, les dividendes de la démocratie se font souvent attendre. »

Il a saisi l’occasion pour lancer un appel aux acteurs politiques et acteurs de la société civile, pour la mise en place d’un cadre de gouvernance novateur et fonctionnel.

« Notre devoir de citoyens, au-delà de notre qualité d’acteurs proactifs de la vie politique, nous interpelle. Je voudrais adresser un message, un cri de cœur aux acteurs politiques, aux acteurs de la société civile. Tout en restant fidèles les uns à nos convictions politiques et les autres aux idéaux de la société civile, travaillons en synergie pour sortir notre pays de l’ornière de la pauvreté. Nous le pouvons si nous en avons la volonté, la détermination. Conjuguons nos efforts pour conjurer le sort qui semble s’acharner contre nous. »

Un appel qui va certainement tomber dans des oreilles de sourds, du côté de l’opposition républicaine, qui n’est plus en odeur de sainteté avec l’Ufr.

L’Or considère en effet que le parti de Sidya Touré a viré dans le camp de la majorité présidentielle. Lui-même étant un missi dominici du palais, en tant que haut représentant du chef de l’Etat. Sans oublier la présence de Mohamed Tall, au sein du gouvernement, en tant que ministre de l’Élevage.

Enfin cerise sur le gâteau, cette nomination de Baidy Aribot au poste de 2ème vice-gouverneur de la Bcrg.

Dire que cette nomination de Baidy obéit à un calcul politique relève d’un truisme. Quand on sait que les faits et gestes du président Condé sont toujours teintés d’arrière-pensées politiques.

Ainsi, en débauchant Baidy, l’un des maillons forts de l’Ufr, Alpha semble porter le coup de grâce à cette formation politique, en prélude aux élections locales en vue.

Même si un sympathisant du parti, nous a soufflé sous le sceau de l’anonymat que: « l’Ufr est un grand parti, qui est touché mais pas coulé. »

Mamady Kéita (Le Démocrate)


 
 Ajouter un commentaire
SENACIP Arrête ton char Charlie et démissionne ( Alsény Mohamed Camara)

2017/11/8

Aujourd'hui en Guinée
Tu veux démissionner parce que lors de l’ouverture de « ta » semaine de la citoyenneté, il y avait tout le Gouvernement et le Premier Ministre mais qu’à la clôture seul le Président est venu ? Démissionne !

Tu veux démissionner parce qu’on t’a donné « seulement » 6 milliards au lieu des 8 milliards que tu as demandé ? Démissionne !

Tu veux démissionner alors que, comme jamais auparavant grâce aux instructions de leurs Ministres, tous les Gouverneurs et Préfets ont organisé et présidé personnellement toutes les activités dans toutes les préfectures avec l’implication de leurs cadres grâce aux 3 millions que tu leur as généreusement distribués ? Démissionne !

Tu veux démissionner alors que chaque département ministériel a organisé une activité pour cette semaine en signe de solidarité ? Démissionne !

Pardon Gassama, démissionne ! Tu as trop souffert pour ce Gouvernement qui ne te mérite vraiment pas. Tu es trop pur, trop patriote, trop gentil pour lui. Yandi, démissionne…

Alsény Mohamed Camara

 
Les journées d’études, pour la première fois organisées en Guinée, par un parti politique depuis l’instauration du multipartisme, viennent d’être clôturées.

2017/11/6

Aujourd'hui en Guinée Les journées d’études, pour la première fois organisées en Guinée, par un parti politique depuis l’instauration du multipartisme, viennent d’être clôturées. C’est l’U.F.R. et son président qui en ont été l’initiateurs, comme d’ailleurs très souvent lorsqu’il s’agit d’innover dans notre pays. D’autres partis politiques pourraient les imiter. Aucun problème, car l’U.F.R., c’est la « maison commune » d’où on n’exclut pas, on n’en ferme pas les portes, elles restent OUVERTES pour tous les ENFANTS du pays, sans exclusive.

La « marée humaine » pour certains, la « démonstration de force » pour d’autres, le « déferlement » des militants et sympathisants pour certains autres, tels sont quelques titres enflammés qui décrivent avec justesse, la réponse de nos compatriotes à l’appel de l’U.F.R. et de Sidya TOURÉ. Je ne rajouterais pas de superlatif supplémentaire à ce qui est dit.
Toutefois, l’immensité de la mobilisation populaire à l’appel de M. Sidya TOURÉ appel quelques constats :

1°. La mobilisation populaire souhaitée par le Chef de l’U.F.R., s’est déroulée dans la paix la plus absolue. De Gbéssia- Aéroport (quartier de la proche banlieue de Kaloum) au centre de Kaloum (environ 15 km), des centaines de milliers de personnes sont venues manifester à Sidya leur affection, et leur CONFIANCE, ainsi que leur attachement à l’U.F.R. Il n’y a eu ni dispute, ni bagarre, ni saccage des biens privés, ou publics. Les consignes données par le parti, ainsi que les recommandations de Sidya, ont été rigoureusement respectées par toute cette marée humaine. C’est cela la culture politique de notre parti. Malgré l’immensité de la manifestation, personne n’y a dérogé.

2°. Kôtô président Alpha CONDET, empêtré dans les conséquences de ses reniements, son obstination à humilier et injurier les militants historiques R.P.G.(« les Malinké, ou les cadres Malinké sont les plus malhonnêtes de la Guinée » avait-il dit dans une réunion publique il y a quelques mois, pensait pouvoir atténuer l’ampleur de ce que chacun soupçonne en Guinée, et peut-être en dehors de la Guinée : une immense partie de nos concitoyens placent désormais son ESPOIR en Sidya TOURÉ. Les petites gesticulations minables à travers une nomination dérisoire de dernière minute ont produit l’effet inverse qu’il espérait. Nos compatriotes avaient bien compris la manœuvre, et identifié celui ou ceux qui s’y sont prêtés. Ils les ont mis à leur place, c’est-à-dire peu, très peu. Ils se sont donc plus mobilisés qu’ils ne l’auraient fait. Ils sont restés dignes durant toute la marche. Pourtant ils étaient des centaines de milliers. Ni milices politiques, ni autres gardes prétoriennes. Juste le Civisme et le sens de la Patrie.

3°. Ce rassemblement n’était évidemment pas une marche de protestation, ni une festivité quelconque, et encore moins une élection. C’était bien plus : Sidya et son parti ont demandé aux citoyens (adhérents ou pas à l’U.F.R.) de marcher POUR ce qu’ils proposent au pays, et non pas CONTRE quelqu’un ou contre un parti, même adversaire ou concurrent. Lors de la marche, personne, absolument personne n’a été ni insulté, ni conspué. C’est aussi cela être un parti LIBÉRAL. Si dans pas longtemps, nos compatriotes décident de confier les destinées du pays à Sidya TOURÉ, la recherche obstinée de la cohésion nationale, le maintien de l’harmonie sociale qui prévalait et qui n’aurait jamais dû être fragilisée.

4°. La « marée » humaine, ou le « déferlement » qui sont désormais indiscutables, obligent à remarquer que :
—Issu de l’une des plus petites minorités, peut-être la plus petite ethnie de notre pays, la dimension personnelle de M. Sidya TOURÉ dépasse largement l’espace strict de l’U.F.R. Ces centaines de milliers de personnes enthousiastes qui ont marché sous un soleil de plomb, n’étaient pas tous des « DIAKHAKÉ (ethnie dont Sidya est issu), ni originaires de KOLON (village de Sidya), ni même de BOFFA ou de BOKÉ. Une manifestation d’une telle ampleur, à l’appel d’un Chef politique ethniquement minoritaire, n’est pas une élection, mais elle donne des indices qui ne sont pas sans signification.

—Dans la configuration sociopolitique particulière, créée délibérément par kôtô Président Alpha CONDET, la majorité des Guinéens paraissent avoir bien compris que la personnalité de Sidya est vraisemblablement celle qui est apte à pacifier, et à apaiser notre société fragilisée, brutalisée par le pouvoir de kôtô Alpha CONDET. Car il faut sortir de l’idée que seules les personnes issues des deux ethnies numériquement majoritaires (Peul et Malinké) peuvent être élues à la Magistrature suprême. Développer cette fausse évidence, c’est semer les graines d’une possible dislocation du pays. Puisque d’emblée, les personnes d’extraction ethnique minoritaire sont exclues, du seul fait qu’elles sont d’une petite minorité ethnique.

Ceux qui prétendent que Sidya ne peut pas gagner une élection présidentielle, parce qu’il est issu d’une petite minorité ethnique et que le vote est « ethnique » en Guinée, tirent à mon avis une conclusion hâtive, de façon mécanique. Il ne serait pas sérieux de nier le paramètre ethnique lors d’élection en Guinée. Mais il est tout aussi stupide et mensonger de laisser croire que la prégnance de l’ « ethnisme » sur la vie politique guinéenne est si puissante que seul un Malinké ou un Peul, les deux ethnies numériquement majoritaires du pays, peut être « élu » à la magistrature Suprême. Les faits contredisent ce faux « constat » qui est peut-être un souhait pour ses tenants. Exemple : en 2010, au premier tour lors de la présidentielle, le tandem Sékouba KONATÉ-Tibou KAMARA avaient attribué 13 ou 14% des voix à Sidya TOURÉ, après qu’ils aient falsifié les résultats sortis des urnes. La suite est connue. Les DIAKHANKÉ ne représentent probablement pas plus de 1% de la population de notre pays. Pourquoi 14%, au lieu de 1 ou 2% ?, ce qui eut été cohérent avec cette thèse farfelue.

Aux militants et militantes, sympathisants et amis de l’U.F.R., le SAMEDI 4 Novembre à Conakry, vous avez fait une démonstration de force dans la Dignité, dans le respect de ceux et celles qui sont dans d’autres partis politiques. Vous n’avez pas été CONTRE. Vous êtes venus affirmer que vous êtes dans une perspective positive, et donc POUR.
Restons mobilisés et FRATERNELS.



Mamadou Bllo SY SAVANÉ

 
 Ajouter un commentaire
Administration /Mouvance
Qui est qui ?
Au tour de Bathily de parler
« ma société ADS n’a jamais bénéficié d’un marché de gré à gré ni en Guinée, ni ailleurs »
Dépêches
L'UA/Nord-Mali
TV Aujourd'hui-en-guinée

cliquez sur la photo pour ouvrir la video

Voir les autres articles >>>
Genève : KPC rend hommage à sa femme
Genève : KPC rend un hommage mérité à son épouse Safiatou
TV Aujourd'hui-en-guinée  ::  Administration /Mouvance   ::  Audios  ::  L'UA/Nord-Mali  ::  Libres Propos  ::  Soutenez Aujourd'hui en Guinée  ::  Albums Photos  ::  Contact  ::  Abonnez-vous  ::  Email  ::  Partenaires  ::  


Privé - Espace Clients  Hotline  

© Rosawebpro   |    Privé - Espace Clients