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13 Décembre 2017 - 18h49
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Ce qu’il faut savoir des événements au Zimbabwe

2017/11/15

Aujourd'hui en Guinée La confusion régnait toujours ce mercredi matin au Zimbabwe. Dans la nuit, des officiers de l'armée ont annoncé être intervenus pour éliminer des «criminels» proches du président Robert Mugabe. Alors qu'ils contrôlent des points névralgiques de la capitale, Harare, ils ont toutefois affirmé que cette opération n'était pas un coup d'État...

Mugabe sain et sauf, selon des officiers

« Nous assurons à la Nation que son Excellence le président (…) et sa famille sont sains et saufs et que leur sécurité est garantie », a affirmé dans la nuit, à la télévision nationale, le général Sibusiso Moyo, sans toutefois dire où se trouvait le chef de l’État. Aucune information n’a été donnée sur la situation de Robert Mugabe.

Selon Reuters, le ministre des Finances, Ignatius Chombo, partisan de la « G40 » [« Génération 40 », nom donné au clan de Grace Mugabe au sein du parti présidentiel, la Zanu-PF], aurait été interpellé, selon une source gouvernementale.

Peu de temps auparavant, vers minuit GMT, des échanges de coups de feu avaient été entendus pendant quelques minutes aux abords de la résidence de Robert Mubage, 93 ans.

« Nous ne faisons que viser les criminels qui l’entourent », a pour sa part affirmé le général lors de son allocution télévisée, réfutant tout coup d’État militaire. « Dès que notre mission sera accomplie, nous nous attendons à ce que la situation retourne à la normale », a-t-il ajouté.

L’armée contrôle des points névralgiques d’Harare

Après cette nuit agitée, la situation restait très confuse mercredi matin. À l’aube, des chars militaires déjà déployés dans les rues de la capitale mardi soir se sont positionnés près du Parlement, y établissant des barrages. Des blindés contrôlent également les accès au siège du parti au pouvoir et aux bureaux où le président Robert Mugabe réunit d’habitude son gouvernement.

Si l’armée a pour l’heure démenti tout coup d’État, son intervention sur la scène politique zimbabwéenne, qui plus est à l’encontre de Robert Mugabe, est inédite. Une première qui inquiète bon nombre d’observateurs, à l’image de cet analyste à la firme britannique EXX Africa Risk Consultancy. « Le silence du gouvernement après les déploiements militaires tend à confirmer que le président Mugabe a perdu le contrôle de la situation », a estimé Robert Besseling, cité par l’AFP.

Pourquoi ces officiers sont-ils intervenus ?

Le climat politique s’est considérablement dégradé la semaine dernière après le limogeage du vice-président Emmerson Mnangagwa. Présenté comme le successeur logique de Robert Mugabe, ce dernier a été démis de ses fonctions le 6 novembre, après un bras de fer avec sa rivale dans la course à la succession : la première dame, Grace Mugabe.

C’était sans compter les liens étroits que Emmerson Mnangagwa entretient avec de hauts gradés militaires. Mardi, le chef de l’armée zimbabwéenne est ainsi sorti de sa traditionnelle réserve pour exiger que « la purge actuelle » cesse « immédiatement ». « Nous devons rappeler à ceux derrière ces dangereuses manigances que lorsqu’il s’agit de protéger notre révolution, l’armée n’hésitera à intervenir », a-t-il martelé face à 90 hauts responsables de l’armée.

En réponse, le parti du président présidentiel a accusé mardi le chef de l’armée de « conduite relevant de la trahison » et dénoncé sa volonté de « perturber la paix nationale ». Depuis, Harare bruissait de rumeur sur le futur limogeage du chef de l’armée zimbabwéenne.

Jacob Zuma contre un changement de régime « inconstitutionnel »

Premier à réagir dans la sous-région, le président sud-africain a fait part de sa préoccupation. Jacob Zuma a « appelé au calme et à la retenue et exprimé l’espoir que les développements au Zimbabwe n’amènent pas un changement inconstitutionnel de gouvernement », a déclaré la présidence sud-africaine dans un communiqué.

AFP

 

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