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21 Juillet 2017 - 15h29
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Journalistes, levez-vous ( Par Johan Hufnagel )

2017/7/15

Aujourd'hui en Guinée Pris entre les critiques du public et des politiques, les professionnels de l’information doivent réinventer un métier en mutation. Ils ont déjà commencé. Merdias», «journalopes», «presstiputes», «laquais du pouvoir», «gauchiasses»… Voici, entre autres noms fleuris, comment sont qualifiés sur les réseaux sociaux ceux qui font profession d’informer. Une détestation sans filtre, anonyme, souvent doublée d’injures racistes et sexistes, qui peut virer au harcèlement. Mais assez logique : en France, le métier de journaliste, un temps reconnu comme respectable, reste depuis des années dans le wagon de tête des pires jobs à exercer. Avec celui de «responsables politiques». C’est peut-être pour cela, d’ailleurs, que ces derniers aiment bien taper dessus, avec le secret espoir de se refaire la cerise sur leur dos. Leur démagogie sans limite n’est pas la seule raison.

La campagne présidentielle a vu monter encore d’un cran le niveau de guéguerre que mènent les politiques à ceux qui essaient de ne pas subir la propagande : meetings mis en scène et filmés par les équipes de communication, interdiction de suivre des meetings, pressions diverses et variées, coups… Ce qui n’aura pas empêché la presse (le Canard, Mediapart, Libération, entre autres…) de soulever le tapis peu reluisant des rapports des élus avec l’argent public.

Le dragon du changement

Il n’y a pas que les journalistes politiques qui entendent voler les noms d’oiseaux et vivent sous pression. Les critiques de cinéma, par exemple, sont habitués depuis longtemps à vivre sous un double tir de barrage, entre les cinéastes et les spectateurs. Il n’y a bien que les reporters de guerre qui trouvent grâce, et encore il ne faut pas que leurs récits viennent contrecarrer les délires des conspirationnistes. Dans ce cas, leur prise de risque ne pèse guère…

Nous voilà donc pris entre deux feux. D’où la question provocante que nous posons, et qui sera débattue fort à propos au Festival du journalisme vivant, organisé jusqu’à dimanche à Autun par les revues XXI et 6 Mois : «Faut-il brûler les journalistes ?» Peut-être, oui. Il y a largement de quoi critiquer cette profession. Les raisons du discrédit sont réelles, même si elles dépassent le seul cadre du métier. Les maux sont connus, parfois justifiés, parfois fantasmés : perte d’indépendance, entre-soi, absence de «diversité» sociale et ethnique, suivisme, éthique en berne, collusion, absence de pluralisme. On peut ajouter fainéantise, manque de rigueur, d’humilité, de curiosité, rejet de toute critique, amour de la petite phrase, éditorialisme, etc., etc., etc. Les journalistes ont aussi commis des erreurs et ont été lents à les reconnaître. Les médias, qu’on évitera si possible de mettre tous dans le même sac, ont eu du mal à comprendre la révolution technologique, toujours en cours, et à enfourcher le dragon du changement.

Tout ceci est vrai, et plus que vrai. Et je dois avouer, moi-même, céder comme tout lecteur, téléspectateur ou auditeur, à la colère contre certains confrères. Nombre ne sont guère enclins à l’autocritique publique, mais souvent prêts à allumer les feux. Nous pourrions aussi ajouter un paragraphe spécifique à Libération. L’autocritique a ses limites.

Régler ses problèmes d’identité

Rangeons donc les allumettes. Le métier se réinvente et sait qu’il doit travailler au rétablissement de la confiance. Et il faut être, raisonnablement mais résolument, optimiste pour l’avenir. Car les périodes de ruptures sont propices aux changements. Que voyons-nous aujourd’hui, en France ? Les Français n’ont jamais autant lu, vu, entendu d’informations. Ils ont de la chance : médias traditionnels ou pure-players leur proposent en permanence toutes formes de récits et d’enquêtes, en images, en sons, en textes, en dessins… Le foisonnement et l’inventivité sont des briques nécessaires à la reconstruction du lien entre les lecteurs et ceux qui les informent. Voire consubstantielles aux nouveaux usages. Les premiers à avoir pris en compte les bouleversements du Web avaient espéré qu’en se glissant dans cette culture décentralisée, collaborative, de pair à pair, ils pourraient retrouver une légitimité, une proximité avec les lecteurs, parfois eux-mêmes producteurs de contenus.

Les nouvelles formes de distribution de contenus, avec leurs algorithmes de personnalisation, ont accéléré la polarisation de l’opinion, la diffusion des fausses nouvelles, l’impossibilité du débat, au lieu de valoriser la sérendipité, la connaissance et la subtilité. Mais l’idée de penser les usages des lecteurs et la production de l’information en parallèle est restée. S’ajuster à ces nouvelles règles et les dompter ne suffiront toutefois pas. Les médias qui aujourd’hui se réinventent avec succès et retissent les liens sont ceux qui règlent leurs problèmes d’identité. Peu importe qu’ils soient numériques ou analogiques. Qui sommes-nous ? A quoi servons-nous ? Quels sont nos combats, nos règles, nos priorités ? Ressemblons-nous aux lecteurs, auditeurs, téléspectateurs que nous voulons informer ? Il n’y a pas de réponse unique. Ni même l’assurance que ça fonctionne. Après tout, cela fait plus de cent cinquante ans qu’on veut mettre les journalistes au bûcher. A croire que, vous et nous, aimons jouer avec le feu.

In Libé

 

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