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23 Novembre 2017 - 9h07

Crise de l'école guinéenne: Le silence coupable de Mamady Youla?


Aujourd'hui en Guinée Depuis quelques jours le système éducatif guinéen est ébranlé par le boycott des enseignants. Le SLECG - Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée - a constaté l'arrestation de certains de ses membres qui ont dénoncé le non- respect des accords passés avec le Gouvernement. Ce qui n'est pas de nature à faciliter les relations de confiance.

Les élèves de certaines écoles se sont invités dans la danse. D'abord, pour obtenir la libération des syndicalistes, ensuite pour exiger l'application des accords.

Dans un régime où le Premier est chef du gouvernement, donc garant du dialogue, il ne devrait pas faire dans le mutisme. Cette espèce d'attitude de politique de l'autruche face au danger que constitue ce mouvement social qui fait assez de dégâts dans la cité, est inadmissible. Mamadi Youla est resté muet depuis tout ce temps.

S'il n'est pas complice des activistes, il est coupable devant cette situation qui n'aurait pu prendre une si grande ampleur surtout en l'absence du chef de l'Etat.

Aujourd'hui plus que jamais la Guinée a besoin de calme et de paix. Des morts, des blessés, des jeunes gens au cachot, on n'en a pas besoin. Des nuages de gaz lacrymogène sur le toit de Conakry, le pays n'en veut pas. Des bastonnades et la chasse à l'homme dans les quartiers et les rues, non plus.

Gouverner c'est agir.

Il es vrai que le président est en voyage. Mais quand on est au gouvernement, on gouverne d'autant plus que le Premier ministre est au pays. Et quand on est Premier ministre, on fait éviter à ses concitoyens du sang versé. Ce, à n'importe quel prix.

Toutefois, c'est encore là la côte d'alerte pour le régime d'Alpha condé. Il doit savoir lire les signes. Comme il doit apprendre à comprendre que d'accumulation en accumulation personne ne souhaite l'irréparable...

Alors, Mamady Youla doit savoir jouer son rôle ou partir. S'il dormait, il doit se réveiller. Car, il faut vite faire ramener tous les acteurs sociaux à la table de négociation pour qu'en fin une solution idoine soit trouvée. Cest de son rôle. Il est investi de la confiance du président, il doit agir. Car, c'est le devoir du Premier ministre et pas d'un autre. Il doit le faire et il peut le faire avant qu'il ne soit trop tard. C'est de sa responsabilité.

Étant donné que nul ne pourra accepter le désordre et l'anarchie dans le pays, disons-le tout de suite, aucun citoyen ne souhaite que la situation actuelle perdure.

Chaque habitant de Conakry et des autres cités du pays ayant au moins un fils, un frère, un voisin ou un ami dans le système éducatif, suit ce qui s'y passe depuis le déclenchement du mouvement social. Inutile donc de vouloir se cacher le visage. Avec la mondialisation de l'information, tout se sait à la minute. Aux actes, donc!

Pour le pays, Mamady Youla doit passer aux actes ou avouer son incapacité à conduire le dialogue social. Et si c'est cela, jeter l'éponge.

Ibrahima Diallo
DG Radio liberté Fm.

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COMMUNIQUE DE PRESSE : IMMENSE SUCCES DU GROUPE CONSULTATIF DE LA REPUBLIQUE DE GUINEE / LEVEE DE PLUS DE 20 MILLIARDS DE DOLLARS POUR LE FINANCEMENT DU PNDES


Aujourd'hui en Guinée Paris, le 16 Novembre 2017 - Le gouvernement de la République de Guinée réunit jusqu’à demain les partenaires économiques et financiers du pays dans le cadre de son Groupe consultatif organisé à Paris. À cette occasion, le gouvernement guinéen a récolté plus de 20 milliards de dollars d’engagements, visant à soutenir les projets phares du Plan National de Développement Economique et Social (PNDES) 2016-2020, dépassant ainsi largement l’objectif initial des 4,5 milliards.

Le PNDES guinéen bénéficie de l’appui inconditionnel de l’ensemble de la communauté internationale, autour des partenaires bilatéraux et multilatéraux du développement et des investisseurs privés.

· La Banque mondiale, pour son volet IDA (Association internationale de Développement), s’engage à financer le PNDES à hauteur de 1,6 milliard de dollars ;

· La Banque islamique de développement (BID) et le groupe de coordination arabe, financera le PNDES à hauteur de 1,4 milliard de dollars ;

· Le Fonds monétaire international (FMI), soutient le PNDES, dans le cadre d’un accord soutenu par une facilité élargie de crédit (FEC), qui devrait être soumis au Conseil d’Administration en décembre 2017 ;

· La Banque africaine de développement (BAD), s’est engagée à financer le PNDES à hauteur de 725 millions de dollars ;

· L’Union européenne, à hauteur de 500 millions de dollars ;

· La CEDEAO, à hauteur de 223 millions de dollars ;

· La France, 591 millions de dollars, l’Arabie Saoudite, 250 millions de dollars, le Koweit 100 millions de dollars, le Japon 75 millions de dollars, la Belgique 44 millions de dollars, l’Italie, 25 millions de dollars, le Royaume-Uni, 55 millions de dollars ;

· La Chine a confirmé que sa participation se ferait dans le cadre de l’accord de coopération stratégique et financier signé à Xiamen en septembre dernier, soit un financement total de 6 milliards de dollars sur la période du PNDES ;

· Les investisseurs privés ont, quant à eux, annoncé plus de 7 milliards de dollars, dont une part significative de PPP (Partenariats Publics Privés).

Le budget total du PNDES est de 14,6 milliards de dollars, soit entre 3 et 3,5 milliards de dollars annuels à partir de 2017 et sur une durée de 4 ans. Il se construit autour des quatre piliers que sont la bonne gouvernance, la croissance inclusive, le capital humain et le développement durable.

« La Guinée a l’énergie de l’émergence. Son avenir économique est incomparable parce que son économie est diversifiée : un potentiel hydroélectrique inédit sur le continent africain, une agro-industrie prometteuse et une population qui se caractérise par sa jeunesse. Je tiens à remercier les investisseurs et bailleurs qui nous font confiance aujourd’hui : la Guinée leur garantie un développement qui profitera non seulement à toute la population guinéenne mais également à toute la grande région de l’Afrique de l’Ouest », déclare son Excellence le Professeur Alpha Condé, Président de la République de Guinée.

« En participant au financement du PNDES guinéen, la Banque Mondiale soutient l’ensemble des projets qui ont été développés avec les bilatéraux et les multilatéraux et qui permettront demain de diversifier les sources d’exportation de la Guinée », Makhtar Diop, Vice-Président de la Banque Mondiale pour l'Afrique, chef de file des partenaires du développement.

Le PNDES vise le financement de grands chantiers hydroélectriques, dont parmi ceux réalisés, la mise en service du barrage hydroélectrique de Kaleta (240 MW), la construction des postes de Hamdallaye, Kaloum et Kipé (100 MW), l’injection de l’énergie thermique de K-Energie dans le réseau, l’alimentation des 9 villages de Bouré et l’installation des lampadaires solaires dans les communes rurales et urbaines. Suite à ces réalisations, le taux d’accès à l’énergie électrique a été portée de 18,1% en 2014 à 29% en 2015 (y compris 11% de connections illégales).

Sur d’autres volets, le financement du PNDES permettra la réalisation d’infrastructures (routes, chemin de fer Conakry Bamako Bobo Dioulasso, travaux de voirie et assainissement des villes) ainsi que des projets sociaux de base (amélioration de l’accès à la santé et à l’eau potable, développement de la couverture de la protection sociale au-delà du secteur d’Etat vers les employés du privé, renforcement du système éducatif…).

« L’objectif du PNDES est de faire de la Guinée une puissance régionale en Afrique de l’Ouest, à l’économie proprement diversifiée et portée par une croissance à deux chiffres. À la contingence de six États, la Guinée de demain portera par sa croissance l’ensemble de sa région », explique Kanny Diallo, Ministre Guinéenne du Plan et de la Coopération internationale.

La Cellule de Communication du Gouvernement Guinéen Officiel...

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Dossier SEG : Oumar Kaba ‘’Baw’’, dit tout !


Aujourd'hui en Guinée « Dans le cas d’espèce, la pertinence du contenu de l’accusation adressée au Chef de l’Etat par le DGA de la SEG et son timing, soulèvent une question de morale. »
Cadre en charge de la communication à la direction générale de la SEG, il vient nous expliquer les dessous sur l’affaire de virements illicites de fonds à la SEG. Ne venant pas avec le dos de la cuillère pour ceux qui attendent les vraies informations, suivez cette interview à bâton rompu…

………………………………

A la SEG, la situation financière ferait grincer des dents, après le constat de malversations financières avérées que vous avez découvert suite au rapprochement des comptes de la SEG à la BCRG par le DG. Comment en êtes –vous arrivé à toute cette échafaude de magouilles financières sur les comptes de la société des eaux de Guinée ?

Oumar Kaba : Je vous remercie pour l’opportunité que vous m’offrez d’intervenir dans vos colonnes pour expliquer un sujet qui défraye la chronique en Guinée ces derniers temps. Ceci dit, pour aller droit à l’essentiel de votre question, il m’est agréable de rappeler que c’est Monsieur le Directeur général de la SEG qui a constaté lors du rapprochement du solde bancaire effectué le 27 octobre 2017, deux virements frauduleux débitant le compte de la SEG tenu dans les livres de la BCRG au bénéfice de deux entreprises prestataires de la SEG. Il s’agit des établissements MATCO par la lettre de virement No. Réf /DFC /GF/127/2017 du 16 juin 2017 pour un montant de 466 100 000 GNF sur le compte No : 015 0041 0800 0171 896 domicilié à UBA d’une part et de l’autre, ENCODI Guinée par la lettre de virement No. Réf /DFC/050/2017 du 31 mars 2017, pour un montant de 725 995 921 GNF sur le compte domicilié à NSIA banque. Soit un total de 1 192 095 921 GNF. C’est le lieu de saluer la vigilance et le professionnalisme de Monsieur le Directeur général de la SEG pour cette découverte fort préjudiciable sur les comptes de la SEG.

Suite à cette découverte, quelles ont été les démarches administratives pour éclairer la situation et situer les responsabilités ?

Le Dg a adressé une série de correspondances aux messieurs le ministre de l’Energie et de l’hydraulique (autorité de tutelle) et le gouverneur de la BCRG, les informant de la délicatesse de sa découverte. Aussi, il a tenu à informer le Directeur de l’Agence principale de la BCRG pour que les fonds illicitement sortis soient restitués dans les comptes de la SEG domiciliés à la BCRG. De même, les directeurs des deux banques et ceux des entreprises prestataires incriminées, pour prendre les dispositions utiles. La SEG à travers son avocat a porté plainte contre X.

A date, quel est le niveau d’avancement des enquêtes diligentées ?

Permettez – moi de vous préciser qu’à ce niveau les établissements MATCO ont saisi directement la police judiciaire, alors qu’ENCODI Guinée a préféré s’attacher les services de la gendarmerie nationale pour des fins d’investigations. Ces différentes enquêtes sont donc en cours et chacun est tenu par l’obligation de réserve, afin de ne pas divulguer des informations susceptibles de porter préjudice au déroulement normal desdites enquêtes.

Vous dites avoir informé votre hiérarchie de tutelle, à savoir le ministère de l’Energie et de l’hydraulique. Quelle a été la réaction de monsieur le ministre de l’Energie – Cheick Taliby Sylla, en réponse au courrier à lu adressée par le Dg de la SEG dans cette affaire ?

Monsieur le Ministre a sollicité de sa collègue de l’Economie et des finances « des dispositions utiles pour une vérification approfondie de toutes les opérations bancaires de la SEG et d’en tirer les conséquences qui s’imposent », dixit le ministre de l’Energie.

Vous dites bien que le ministre Cheick Taliby a sollicité de son collègue une enquête approfondie sur toutes les opérations bancaires de la SEG, mais à partir de quelle date, d’autant qu’on sait que lui Taliby Sylla a occupé les fonctions de Dg de cette même société ?

Je ne suis ni le signataire, ni le destinataire de la requête formulée par le ministre. Je ne saurais donc par conséquent donner une réponse à cette question.

Transparence pour transparence, le ministre Cheick Taliby ne serait-il pas avisé d’inclure sa propre gestion à la tête de la SEG, pour ne pas être taxé de faire du deux poids, deux mesures ?

Pour être logique, il est bon que lorsqu’on a géré la chose publique, qu’on rende compte de sa gestion, et ceci à tous les niveaux de responsabilité. C’est un impératif. C’est d’ailleurs un droit pour le peuple, et un devoir pour le gestionnaire.

Dans la foulée, une note d’information de la part du DGA de la SEG est adressée à Monsieur le Président de la République de Guinée, portant sur les préoccupations autour de la gestion de votre société. Votre réaction à cet effet ?

Je vous rappelle qu’à la SEG, il y a les statuts et le règlement intérieur. Si je devais interpeler un de mes chefs hiérarchiques par rapport à des actes qu’il aura posé, il y a des instances et des mécanismes appropriés pour ce faire.

Permettez donc que ce ne soit pas dans vos colonnes, ni dans aucun organe de presse que je m’exprime sur le comportement, soit-il raisonnable ou indélicat d’un de mes chefs.

Sans langue de bois, si vous n’étiez pas un cadre de la société des Eaux de Guinée, qu’auriez –vous dit à propos, en votre qualité de citoyen guinéen ?

Que si chaque DG ou DGA devait s’adresser à la haute autorité du Chef de l’Etat pour exprimer ses sentiments, frustrations et autres émotions justifiées ou non, je crains fort que le Président de la République ait le temps nécessaire pour s’occuper des véritables enjeux de développement de la nation. En tout état de cause, les cadres assumant une certaine responsabilité doivent être mus par un sens élevé du devoir et de retenue. Dans le cas d’espèce, la pertinence du contenu de l’accusation adressée au Chef de l’Etat par le DGA de la SEG, et son timing soulèvent une question de morale. En tout cas, la solidarité de tous les cadres et travailleurs est indispensable, en particulier au moment des crises.

Vous parlez de timing et de morale. Quelle est donc en fin votre analyse de cette lettre du DGA adressée au Prof Alpha Condé ?

Dans sa lettre, au deuxième paragraphe, on peut lire notamment : « En effet il est important de vous faire savoir que ces préoccupations sont fondées sur des faits qui constituent visiblement les angles d’attaque de vos adversaires politiques », fin de citation. Là, le DGA s’entremêle les pinceaux : du technicien-gestionnaire au politique, il y a manifestement volonté de nuire. Sa démarche porte préjudice à la cohésion et au bon fonctionnement de l’entreprise en sapant son image près des populations en général, et des autorités du pays en particulier. Encore qu’il faille étayer ses allégations par des preuves irréfutables. …

Dans le fond, que dit le DGA pour l’information du Président Alpha Condé, qui ne soit pas fondé ?

Une bonne question. Entre autre, il fait mention « d’opérations financières et comptables opaques et illicites », citant les virements au compte des sociétés prestataires – ENCODI Guinée et MATCO, qui ont fait déjà objet de constat et de dénonciation de la part du Dg de la SEG. A propos, les enquêtes sont en cours. II faut juste signaler en plus que la lettre du DGA ne vient qu’en retard sur les évènements et les procédures engagées par le Dg. On peut valablement se poser donc la question de sa motivation. A propos, les rapports d’audit de la gestion de 2011 à nos jours de la SEG sont disponibles et vérifiables auprès de la Banque mondiale, de l’Agence française de développement -AFD, et au ministère de l’Economie et des finances.

Par rapport aux différents projets d’eaux pour les populations guinéennes, quelles informations avez-vous pour le quatrième projet d’eau?

A ma connaissance, ce projet est domicilié et géré au niveau du département de tutelle, donc il serait bon de vous rapprocher des autorités du ministère pour d’amples informations.

Votre dernier mot Monsieur Kaba ?

J’invite les travailleurs à redoubler d’effort pour traduire dans les faits volonté du Chef de l’Etat :«l’une des priorités de mon gouvernement est l’accès à l’eau potable pour tous ». C’est le lieu de saluer la démarche responsable du syndicat des travailleurs de la SEG, qui ont sensibilisé sur la nécessité de privilégier ce qui nous unit, et refuser toute sorte de manipulation tendant à saper la cohésion et l’unité d’action au sein de la société. Merci encore une fois.

Propos recueillis par Aboubacar Sidick SAMPIL

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Zimbabwe : Alassane Dramane Ouattara appelle Mugabe à « quitter ses fonctions dans la dignité »


Aujourd'hui en Guinée Le chef de l'État ivoirien s'est exprimé vendredi à Abidjan sur la crise au Zimbabwe. Alassane Ouattara estime qu'il est temps que le président Robert Mugabe, confronté à un coup de force de son armée, « cède son fauteuil à une nouvelle génération ».

Les chefs d’État africains n’ont pas la même appréciation de la crise au Zimbabwe. Il y a deux jours, Alpha Condé, président en exercice de l’Union africaine (UA), dénoncait un « coup d’État » et demandait aux militaires de « mettre un terme immédiat à leur action ». Une position qu’il a réaffirmé dans une interview accordée jeudi au journal Le Monde.

Son homologue ivoirien pense visiblement différemment. « Il faut que le président Mugabe puisse quitter ses fonctions dans la dignité. C’est le message que j’ai transmis au président de l’Union africaine [le Guinéen Alpha Condé, NDLR]. »

Le monde a changé et ce qui se passe au Zimbabwe interpelle tous les hommes politiques et pas seulement les chefs d’État africains

« Le président Mugabe est une personnalité qui a consacré une bonne partie de sa vie à son pays et à la libération de son pays de la colonisation », a déclaré Alassane Ouattara, en marge d’une cérémonie à Abidjan. Mais pour lui, le chef de l’État zimbabwéen, âgé de 93 ans, a certes été « l’objet de respect et même d’adulation de beaucoup d’Africains et de jeunes Africains, mais le monde a changé et ce qui se passe au Zimbabwe interpelle tous les hommes politiques et pas seulement les chefs d’État africains ».

« Evidemment à son âge et compte tenu de la durée de ses fonctions, tout le monde est conscient qu’il est temps qu’il cède son fauteuil à une nouvelle génération », a poursuivi le président ivoirien.

A Harare, la situation est encore floue. Robert Mugabe, qui a fait sa première apparition publique depuis le coup de force ce vendredi matin lors d’une remise de diplômes, reste, sur le papier du moins, président du Zimbabwe. Il a cependant été placée en résidence surveillée avec son épouse Grace par les militaires, dans la nuit de mardi 14 à mercredi 15 novembre.

Emmerson Mnangagwa, l’ancien vice-président zimbabwéen dont l’éviction a provoqué le coup de force est pour sa part rentré jeudi au Zimbabwe.

« La partie est finie »

Le chef des anciens combattants de la guerre d’indépendance du Zimbabwe, Christopher Mutsvangwa, a aussi exhorté Robert Mugabe à quitter le pouvoir vendredi lors d’une conférence de presse. « Nous lançons un avertissement ferme à Mugabe et à sa femme (Grace): la partie est finie. (…) Les généraux ont fait un travail fantastique, c’est fini, les jeux sont faits », a-t-il martelé. « Mugabe doit démissionner (…) selon les termes fixés par les gars en uniforme ».

Il a aussi appelé la population à se mobiliser en masse dans les rues samedi. « Nous voulons rétablir notre fierté, demain est le moment de le faire (…), nous pouvons finir le travail commencé par l’armée », a-t-il déclaré.

AFP

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Le contrôle des exonérations l’un des sujets favoris du Ministre YASSANE Karfalle !


Aujourd'hui en Guinée Le contrôle des exonérations l’un des sujets favoris du Ministre YASSANE Karfalle !

Je réponds à ce sujet par écrit au nom du ministre Mr YASSANE Karfalle. Au moment où actuel Ministre du Budget Mr Doumbouya Mohamed Lamine signe des exonérations en faveur de certaines sociétés de la place sans aucuns contrôles internes. Pourquoi le ministre accorde-t-il des exonérations à ces sociétés en Guinée ?
En effet, le thème est d’actualité dans notre pays contenu des différentes compagnies opérant dans le secteur minier : la CBG (Alcan-Alcoa) et la CBK qui exploitent la bauxite, Rusal-ACG qui exploite l'alumine, la SMD, la SEMAFO, la SAG (Ashanty Goldfield of Guinea), Rio-Tin-To. Lorsque des exonérations ont été légalement accordées, il convient d’en contrôler strictement l’application. L’amélioration de la maîtrise des exonérations accordées exige le renforcement de la coordination entre l’administration fiscale et les organismes publics chargés de la gestion des projets de développement concernés. La plus grande attention doit, bien évidemment, être accordée au bien-fondé des exonérations pratiquées en identifiant, notamment par une approche d’analyse risque, les potentialités de fraude fiscale. Le contrôle doit s’effectuer au niveau de la forme et au niveau du fond. Les exonérations entraînent généralement une rupture de la « chaîne TVA ».
De ce fait, les factures relatives à un certain nombre d'opérations exonérées doivent mentionner l’exonération pratiquée afin de ne pas créer indûment un droit à déduction d’un montant de TVA non déclaré en amont (pour les entreprises bénéficiant de la franchise en base, la mention TVA non applicable, la mention « exonération de TVA », etc.).
Au niveau de la forme, les exonérations pratiquées doivent, au-delà des factures et éléments comptables, obéir à des conditions d’activité les conditionnent :
- en matière de commerce international : l’identification rigoureuse des flux physiques et financiers et des transferts de propriété et, s'agissant des prestations de service, notamment la localisation des preneurs et prestataires.
- le volume d’activité en présence de chiffres d’affaires déclarés en limite de franchise ;
- la notion de lucrativité dans les associations non imposées à la TVA ;
- l’intention de revendre pour les personnes se livrant fréquemment à la cession de biens immobiliers ;
- la présence de lien en cas de subventions perçues ;
Les attestations ou certificats d’exonération doivent être délivrés au cas par cas, à la requête du bénéficiaire, sur présentation des pièces justificatives, notamment les factures proforma établies par les fournisseurs de biens ou services.
Les agents des services d’assiette doivent, au cours des contrôles, réclamer les attestations d’exonération régulièrement délivrées par la DNI. L’Etat, en mettant en place des régimes fiscaux dérogatoires au droit commun, se soucie de l’efficacité du système qui repose sans aucun doute sur le contrôle et le suivi du respect des engagements pour l’atteinte des objectifs assignés au dispositif incitatif.
Ainsi vu les difficultés relevées dans le contrôle et le suivi des régimes, il est certain que les objectifs socio- économiques risquent d’être un simple vœu pieux si des correctifs ne sont pas apportés au dispositif de contrôle. En effet, « les régimes fiscaux dérogatoires et les conventions particulières, surtout en matière de biens d’équipement, de matières premières, matières consommables et de produits finis favorisent la fraude à grande échelle par l’intermédiaire d’une économie parallèle alimentée par les quantités de ces dits biens plus ou moins abusivement exonérés ».
Par exemple, en Guinée, un contrôle rapide sur un échantillon de dossiers d’entreprises agréées au code des investissements ou de conventions minières permettra de constater une absence notoire d’actes administratifs d’agrément et des investissements souscrits à la demande d’éligibilité.
D’une manière générale, l’organisation du système du contrôle devient difficile du fait de sa répartition pour une large part à la diligence de l’APIP et pour une proportion congrue pour les administrations spécialisées dans le contrôle à savoir la douane et la DNI. Raison pour laquelle beaucoup de carences sont notées dans le contrôle. On se demande vraiment si l’entreprise agréée au code des investissements informe chaque l’année l’APIP ou l’autorité compétente sur le niveau de réalisation du projet ; le récapitulatif des investissements réalisés.
Le guichet unique doit procéder à leur évaluation par un contrôle périodique tous les deux ans. Mais, on est en droit de se demander si le guichet unique est assez outillé pour contrôler les nombreuses obligations auxquelles les entreprises agréées sont astreintes surtout en cas de changement de destination des marchandises acquises à l’importation en franchise de taxes.
Pour toutes ses raisons nous préconisons une rationalisation du contrôle en faisant de la DNI un réceptacle de tous les documents exigés à l’APIP pour pouvoir rendre le contrôle plus efficace et une meilleure coordination entre la DNI et les autres organes intervenant dans la gestion des régimes fiscaux. Il importe d’adapter les textes juridiques afin de préciser les régimes d’exonération. La douane doit contrôler l’ensemble des conditions d’obtention des exonérations, évaluer leur impact et y mettre un frein. Il faudrait aussi distinguer les exonérations exceptionnelles des autres, contrôler les biens exonérés en calculant les risques et en instaurant l’approche par client. Il importerait enfin d’établir un suivi pour chaque exonération.


                Dr THIERNO ALIOU BAHBALDE

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Union Internationale de la Presse Francophone: Pourquoi le Bureau de l'UPF-France ne sera pas aux 46 èmes assises de Conakry?


Aujourd'hui en Guinée Note d’information à l’attention de MM et MMmes les président(e)s des sections nationales de l’UPF

LE BUREAU DE L’UPF-France NE SERA PAS AUX ASSISES DE CONAKRY : VOICI POURQUOI

Chères consœurs, chers confrères,

Nous, responsables de la section française de l’UPF, avons pris la lourde décision de ne pas nous rendre aux Assises de l’UPF à Conakry et, dans un souci de transparence et de vérité, nous voulons directement vous dire pourquoi. Il faut en effet que vous connaissiez les raisons exactes de notre décision afin de ne pas vous limiter à la version « arrangée » qui vous sera donnée sur place par ceux qui profiterons de notre absence pour chercher à vous imposer leur curieuse vérité. Nous, journalistes, savons mieux que quiconque qu’une information nécessite plus d’une seule source… d’où ce message. Notre refus de participer aux Assises est justifié par deux raisons principales : le non-respect des procédures et l’attitude du secrétaire général international. Nous refusons par notre présence à Conakry de cautionner des dysfonctionnements qui durent depuis trois ans au moins et que le président international et son secrétaire général s’étaient engagés à corriger lors des Assises d’Antsirabé :

- Le procès-verbal de l’Assemblée générale du Comité international réunie à Antsirabé n’avait toujours pas été envoyé, onze mois après, aux présidents des sections pour être relu attentivement et adopté en ouverture de l’AG à Conakry. C’est notre protestation à ce sujet et notre décision de boycotter les Assises en Guinée qui ont provoqué son envoi tardif, seulement le 10 novembre dernier ! Sans notre démarche de refus, ce PV ne vous aurait jamais été envoyé comme ne vous ont jamais été envoyés les précédents avant les Assises de Dakar ou de Lomé.

- Les éléments du bilan financier 2016 – lequel doit être présenté et adopté à Conakry – n’avaient pas été communiqués - eux non plus – jusqu’au 10 novembre dernier et ils vous été envoyés -

pour la première fois, là encore – en urgence pour couper court aux critiques.

- Avant de démissionner à Antsirabé, le trésorier international-adjoint, Hervé Deville, avait demandé qu’un audit financier soit fait par un commissaire aux comptes indépendant pour parvenir à une nécessaire transparence totale. Sauf avis contraire, cet audit n’a pas été réalisé par une telle autorité indépendante et, s’il a été fait, il n’a pas été communiqué aux présidents de section.

- Nous n’acceptons pas ce manque de transparence. Le collaborateur du cabinet comptable qui va présenter le bilan à Conakry n’a aucune autre mission que de mettre les recettes et les dépenses face-à-face, sans aucun moyen de vérification. Nous tenons à préciser que l’abstention au moment du vote du bilan financier 2015 à Antsirabé fut celle du président de la section française. IMPORTANT : Contrairement à ce qui est affirmé dans le PV de l’Assemblée générale d’Antsirabé, il est FAUX d’affirmer que Hervé Deville « a été associé à toutes les décisions financières prises par l’UPF ». Il est tout aussi FAUX d’écrire qu’« il a même été chargé d’une mission concernant l’indemnisation du secrétaire général ».

C’est bien la contestation exprimée par Hervé Deville sur la façon adoptée par l’UPF pour indemniser le secrétaire général international qui a conduit à son éviction brutale, malgré les demandes contraires de MM Jean Miot et Gérard Bardy, alors président et secrétaire général de la section française de l’UPF. Quant au secrétaire général international, avec lequel nous ne souhaitons plus travailler, nous lui reprochons ses méthodes dirigistes, sa façon de faire preuve de la plus grande liberté avec les faits afin d’imposer sa vérité et sa capacité à critiquer les dirigeants sur des critères personnels qui ne le regardent en rien dans ses fonctions. Nous regrettons le soutien aveugle qui lui est apporté par le président international, bien au-delà de la solidarité nécessaire au sein d’une équipe dirigeante. Il est des circonstances où le président international doit se situer à la bonne hauteur et à la bonne distance. Ce n’est hélas pas le cas

Enfin, les signataires condamnent les accusations très graves de racisme, totalement infondées, déjà portées publiquement en Assemblée générale à Antsirabé par MM Diagne et Kouchner contre Hervé Deville, trésorier international-adjoint sortant (sans doute trop curieux). Accusations reprises sous une forme à peine voilée mais tout aussi condamnable dans le PV de l’Assemblée générale d’Antsirabé.

C’est pour toutes ces raisons sérieuses - que vous n’aurez, nous en sommes certains, aucune difficulté à comprendre – que nous voulons envoyer un message fort à l’ensemble des responsables nationaux de l’UPF et que nous serons absents cette année en Guinée (1). Nous vous assurons, toutes et tous, de notre bien confraternelle amitié.

Paris, le 13 novembre 2017

Gérard BARDY, président UPF-France

Philippe DESSAINT, vice-président

François-Xavier ANDREYS, secrétaire général

Hervé DEVILLE, trésorier


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Guinée – Kanny Diallo, ministre du Plan : « Une approche par secteurs favoriserait les projets les plus rentables à court terme »


Aujourd'hui en Guinée Alors qu'Alpha Condé et dix de ses ministres sont à Paris afin d'y rencontrer des partenaires financiers et opérationnels, J.A. s'est entretenu avec Kanny Diallo, ministre guinéenne du Plan.

Conakry organise ces 16 et 17 novembre à Paris une conférence en vue de trouver des partenaires financiers et opérationnels pour la mise en place de son Plan national de développement économique et social (PNDES), pour un besoin de financement total estimé à 14,6 milliards de dollars.

Plus de 300 participants sont attendus au Pavillon Chesnaie du Roy, où les discussions se tiennent en présence du chef de l’État Alpha Condé, de dix de ses ministres, du président de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, ainsi que du vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique, Makhtar Diop. Entretien avec la coordinatrice de cette opération, Kanny Diallo, la ministre du Plan et de la Coopération internationale, à son poste depuis deux ans.

En quoi consiste le Plan national de développement économique et social (PNDES) 2016-2020, que vous coordonnez ?

Kanny Diallo : C’est un plan intégré de long terme, préparé depuis deux ans avec la société civile et des interlocuteurs publics et privés de tous horizons, qui vise l’atteinte de quatre objectifs majeurs pour la Guinée : la bonne gouvernance, la croissance économique inclusive, le développement du capital humain, et la protection de l’environnement. Contrairement à ce qui se fait dans beaucoup de pays, nous n’avons pas souhaité un plan divisé par secteurs, mais une approche intégrée multisectorielle.

Le risque aurait été de n’attirer les investisseurs que sur les projets les plus rentables – notamment miniers – et de les favoriser aux dépends des projets vitaux et structurants qui n’ont cependant pas de retour sur investissement à court-terme. Nous n’avons pas non plus opté pour une approche régionale, qui aurait exacerbé les divisions.

Nous avons sélectionné 52 projets, souvent à cheval sur plusieurs secteurs, parmi 600 recensés. Nous avons privilégié les plus structurants pour notre développement économique. Tous répondent à nos quatre grands objectifs ; et nous avons veillé à ce qu’il existe une information détaillée pour chacun d’entre eux, notamment financière et économique, et à ce que l’atteinte de leurs objectifs soit mesurable. Chacun de ces 52 projets sera présenté aux investisseurs, pour un besoin d’investissement total de 14,6 milliards de dollars.

Parmi eux on trouve notamment des projets d’infrastructures – de production électrique et de construction de routes par exemple -, d’autres sont liés à l’agriculture, en particulier pour la relance des cultures d’exportation telles que celles de la production d’ananas, de café et d’anacarde ; et enfin certains sont destinés à la transformation des minerais guinéens.

Les députés de l’opposition ont été, comme les autres, associés étroitement à l’élaboration du PNDES

Ces 52 projets du PNDES incluent-ils ceux appuyés par la Chine dans le cadre de l’accord-cadre de financement de 20 milliards de dollars de prêts signé à l’issue du voyage du président Alpha Condé à Pékin, le 8 septembre ? Ou ceux appuyés par la Russie, négociés à Moscou en octobre ?

Les projets appuyés par la Chine, comme le barrage de Souapiti, la route Coyah-Dabola et un projet d’assainissement à Conakry, sont négociés chaque année dans un autre cadre que le PNDES. Quant à nos négociations avec la Russie, elles ont conduit à un effacement de notre dette vis-à-vis de Moscou, ainsi qu’à des accords touchant au secteur minier. Ce qui n’empêche pas les investisseurs et partenaires chinois et russes d’être les bienvenus pour appuyer les projets du PNDES présentés à Paris.

Comment vous-êtes vous assurée que ce plan soit accepté par un maximum de responsables politiques, notamment de l’opposition, pour que le cap ne soit pas changé en cas d’alternance politique en 2020, date de la fin du second et dernier mandat constitutionnel du président Alpha Condé ?

Les députés de l’opposition ont été, comme les autres, associés étroitement à l’élaboration du PNDES. Certains d’entre eux, souvent d’anciens ministres, sont membres de la commission parlementaire « administration et finances », qui a discuté notre première version du PNDES. Je peux vous l’assurer, nous avons largement amendé notre projet suite à ces rencontres, tant avec la commission administration et finances, que par la suite en séance au Parlement. Donc je n’ai pas d’inquiétude sur le cap général. Ce PNDES, qui court jusqu’à 2020, n’est qu’une première étape, d’autres plans suivront.

L’administration guinéenne, souvent critiquée pour sa fragilité, sera-t-elle en mesure de veiller à l’application du plan ?

À côté du PNDES, nous mettons en place un plan de renforcement de capacité de l’administration guinéenne, avec notamment un volet de formation de ses personnels, pour les faire monter en compétence, et de recrutement de jeunes diplômés. C’est effectivement crucial pour assurer un bon suivi sur le territoire national.

JA

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Situation au Zimbabwe : Communique du Président en Exercice de L’Union Africaine, Alpha Condé Président.


Aujourd'hui en Guinée 15 novembre 2017 - L’Union africaine exprime sa grande préoccupation face à la situation qui se déroule au Zimbabwe où manifestement des soldats tentent de prendre le pouvoir par la force. L’Union africaine condamne avec la plus grande fermeté ce qui apparaît comme un coup d’Etat et réitère son soutien total aux institutions légales du pays.

L’Union africaine réclame immédiatement le rétablissement de l'ordre constitutionnel et appelle toutes les parties prenantes à faire preuve de responsabilité et de retenue, afin d'assurer le respect des vies humaines, des libertés fondamentales et de l'intégrité du Zimbabwe.

Enfin, l’Union africaine demande instamment aux militaires de mettre un terme immédiat à leur action et de se soumettre à la légalité constitutionnelle.

Pour l’Union africaine
Le Président en exercice
Professeur Alpha Condé
Président de la République de Guinée.

Transmis par le Bureau de Presse de la Présidence.

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Aboubacar Somparé ou Le fabuleux destin d’un grand homme (Par Makandé Coumbassa )


Aujourd'hui en Guinée Natif de Dacontah dans le Kakandé profond, Aboubacar Somparé était le fils de Amara et de Aïssata Bayo. Après la mort prématurée de son père, il fut recueilli et élevé par le frère de celui-ci, Abou Yayo, instituteur de renom et dont il portait le nom. Cet oncle, dont la bonté et la sagesse étaient reconnus de tous, exerça sur lui une influence considérable. D’ailleurs tout au long de sa vie, il ne cessera de vanter à son entourage les mérites de cet oncle si particulier. Au sein de la grande famille Somparé, Aboubacar incarna fort bien le rôle du grand frère qui lui était échu. Dès que l’occasion se présentait, il rassemblait jeunes frères, sœurs et leurs amis pour leur donner des cours. Cela ne cessa que lorsque ses exigences professionnelles ne le lui permettaient plus. Il était le grand baobab sous lequel venaient s’abriter tous les membres de la famille. Généreux et humble, il savait trouver chaque fois les mots justes pour réconforter et venir en aide aux parents en proie aux difficultés récurrentes du quotidien. Sa demeure était un gîte ouvert à tous. Beaucoup de ses frères y trouvèrent refuge pour poursuivre leurs études. Il résolvait avec célérité et bonne humeur, dans la mesure de ses possibilités, les problèmes majeurs que pouvait rencontrer la famille. Si le patronyme Somparé jouissait déjà d’une certaine renommée, il l’a propulsé dans une autre dimension. Il serait toutefois réducteur de limiter sa magnanimité à sa seule famille biologique. Comme l’ont témoigné ceux qui l’ont côtoyé, sa bonté était au service de l’humain détaché de toute considération ethnique, religieuse ou politique. Il rendit d’éminents services à des guinéens de tous bords. Profondément bon et empathique, il avait constamment à cœur de traiter les gens avec délicatesse et décence. Le brillant homme d’Etat qu’il fut sut, dès ses premiers pas en politique, se placer au-dessus des clivages partisans pour mieux servir la Guinée dans toute sa diversité ; ce qu’il fit avec brio tout au long de sa riche carrière.

Scolarisé par son oncle Abou Yayo, il se révéla aussitôt brillant. L’exemplarité de son cursus scolaire et universitaire lui valut respect et considération auprès de ses camarades de classe qui ne tarissaient pas d’éloges à son sujet. L’amour de l’enseignement lui étant transmis par son oncle, il embrassa une remarquable carrière d’enseignant alors qu’il aurait pu se rendre en France pour étudier à l’école des hautes études commerciales. Outre l’influence et les précieux conseils de cet oncle qui souhaitait tant sa réussite, il fut aussi encouragé par ses professeurs qui, séduits et convaincus par son talent et sa pédagogie, l’incitèrent vivement à opter pour l’enseignement ; choix qu’il ne regrettera guère. La décision qu’il prit d’enseigner toute une génération de ses compatriotes est assez révélatrice de la fibre patriotique qui l’animait déjà. Là où beaucoup auraient trépigné d’impatience à l’idée de s’envoler pour l’Hexagone afin d’y poursuivre leurs études, lui, préféra contribuer à la formation et à l’émergence d’une élite intellectuelle guinéenne.

Après s’être fait remarquer par le Président Ahmed Sékou Touré, il fit irruption sur la scène politique pour ne la quitter qu’au crépuscule de sa vie. Son parcours politique fut jalonné de succès. Il occupa les postes les plus prestigieux au sein de l’administration guinéenne. A peine âgé de trente-six ans, sous Sékou Touré, il devint ambassadeur de Guinée en France. Le fait qu’il fut nommé si jeune à un poste aussi stratégique est assez illustratif de la confiance indéfectible qu’il inspirait à son mentor. En effet, dans un contexte post-colonial parsemé de relations tumultueuses entre la Guinée et la France, il fallait une personnalité de sa trempe pour mener à bien la difficile mission qui lui fut assignée ; en l’occurrence favoriser et redynamiser la coopération franco-guinéenne. Après avoir obtenu son indépendance de manière très courageuse voire héroïque, la Guinée subit les foudres du colonisateur qui mit tout en œuvre pour qu’elle fût isolée sur la scène internationale. Un climat fortement empreint d’inimitié s’instaura alors entre les deux nations. Des tentatives de déstabilisation du régime guinéen furent ourdies par Jacques Foccart, le monsieur Afrique du général De Gaulle. Ce même Foccart avouera bien des années plus tard avoir injecté des faux billets dans l’économie guinéenne pour créer une poussée inflationniste visant à dévaloriser le syli, la monnaie nationale. Le contexte géopolitique mondial étant caractérisé alors par la bipolarisation, la Guinée, victime d’une féroce campagne de dénigrement orchestrée par le colonisateur et par conséquent rejetée par le bloc capitaliste, n’eut d’autre choix que de se tourner vers le bloc communiste. Après ces années de tensions, le réchauffement des relations entre la Guinée et la France s’opéra en douceur. Aboubacar Somparé, en jeune diplomate réfléchi et tempéré dans ses moindres faits et gestes, assuma avec dextérité la haute responsabilité qui lui fut confiée. Il joua un rôle essentiel dans le rapprochement des deux pays.

A la mort de Sékou Touré en 1984 et après la prise du pouvoir par l’armée, il rentra au bercail pour continuer à servir sa nation. De retour au pays, il ne ménagea pas ses efforts, abattant d’énormes travaux dans tous les postes où il passa avec le sentiment du devoir pleinement accompli. Son passage au rectorat de l’Université Gamal Abdel Nasser en fit une personnalité très écoutée et appréciée des étudiants dans la mesure où il mit en place, dès son entrée en fonction, une politique axée sur la nette amélioration de leurs conditions de vie. Mieux il s’évertua à rehausser le niveau de l’enseignement supérieur.

Au début des années 1990, la plupart des Etats africains embrassèrent, sur fond d’influence et de contrainte étrangères, la démocratie comme système politique ; s’affranchissant ainsi du système de parti unique tant décrié et perçu comme l’un des principaux freins au développement du continent noir. Eu égard à cette nouvelle donne, il renonça à sa fulgurante carrière administrative pour créer son parti. Ayant depuis ses débuts une conception fédératrice de la politique, il réussit à mobiliser bon nombre d’intellectuels autour de son projet. Ce pari audacieux de créer un parti politique composé d’intellectuels de haut rang, issus d’horizons divers, afin de présider aux destinées de la nation ne fit pas long feu pour diverses raisons qui demeurent non élucidées. Il voulut rassembler la Guinée, tenant compte de sa riche diversité, autour d’un idéal commun : gouverner la nation en toute probité pour enclencher l’essor économique tant attendu. Par un concours de circonstances, il rejoignit le PUP (parti de l’unité et du progrès) du Président Général Lansana Conté. En 1995, lors des premières élections législatives de notre nation nouvellement démocratique, c’est au terme de tractations houleuses et de querelles intestines qu’il s’écarta de la course à la présidence de l’Assemblée nationale en faveur d’Elhadj Biro Diallo. Il brigua le poste de secrétaire général du parti attendant patiemment son heure. Tout venant à point pour qui sait attendre, il succéda quelques années plus tard à ce dernier, devenant ainsi la deuxième personnalité de l’Etat et par voie de conséquence le dauphin constitutionnel. En dépit de son exceptionnelle ascension aux plus hautes sphères du pouvoir, il ne se départit jamais de ses principes moraux et sut demeurer humble, affable et accessible à tous. Il ne se laissa jamais entraîner par la jouissance et l’ivresse du pouvoir, il garda les pieds sur terre et fut modéré dans tous ses actes.

A un moment où les errements du régime Conté agaçaient une large frange de la population, d’aucuns lui reprocheront peut-être de n’avoir pas été, à cet instant-là, assez courageux pour claquer la porte et créer son propre parti puisqu’il nourrissait une ambition présidentielle. Mais les choses étaient sans doute plus compliquées qu’on le croyait. Les coulisses du pouvoir sont complexes et parfois surréalistes. Au-delà de toutes les analyses et les conjectures qui ont pu être faites et émises, son attitude peut surtout s’expliquer par son inflexible attachement à sa ligne de conduite directrice : la loyauté. C’est au nom de cette même loyauté qu’il préféra ne pas déclarer la vacance du pouvoir pour être Président de la République alors que constitutionnellement toutes les conditions étaient réunies. Le Président Conté étant grabataire, la présidence de la République lui revenait de droit. Personne n’avait alors le droit d’empiéter sur ses plates-bandes. Nul n’était censé l’empêcher de briguer la magistrature suprême. Par-delà la loyauté qui lui était si chère, il sacrifia son ambition personnelle sur l’autel de la paix et de la concorde nationale. Plus que toute chose, il évita une effusion de sang à son pays. En homme d’Etat chevronné, il a subodoré avec perspicacité la conséquence la plus plausible qui aurait pu résulter de sa prise du pouvoir. Le coup de force de la junte militaire après la disparition du Président Lansana Conté corrobora éloquemment ses craintes de voir son pays basculer dans une guerre civile. N’eussent été sa clairvoyance et son pacifisme, la Guinée aurait peut-être été le théâtre d’un conflit armé.

Aboubacar Somparé a tiré sa révérence en ce jeudi 2 novembre 2017 avec le sentiment d’avoir pleinement rempli sa vie et sa mission. Il laisse derrière lui un lourd et riche héritage que nous devons perpétuer pour le plus grand bien de notre chère patrie. Les obsèques exceptionnelles auxquelles il a eu droit témoignent de sa grandeur. De vibrants hommages lui ont été rendus par les plus grands commis de l’Etat pour de bons et loyaux services qu’il a rendus à la nation. La patrie a été reconnaissante au grand homme qu’il a été. Sa mort a suscité un engouement historique sur toute l’étendue du territoire. La Guinée tout entière est meurtrie, endeuillée et profondément chagrinée par la perte d’un de ses fils les plus brillants. Dimanche dernier, 5 novembre 2017, Dacontah était noir de monde ; une foule impressionnante venue des quatre coins de la Guinée l’accompagner dans sa dernière demeure. Je veux saluer ici la mémoire de ce haut fonctionnaire qui fut à la fois un homme de pensée et d’action, un humaniste, un pacifiste, un rassembleur et un visionnaire. Ce slogan résumerait mieux, selon ma très modeste opinion, son brillant parcours politique : un fédérateur au service d’un idéal commun : l’essor de la Guinée. Je ne saurais achever cet hommage sans demander à Allah Tout Puissant de lui accorder le paradis.

Makandé COUMBASSA


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Angola : Isabel dos Santos limogée de la présidence de la Sonangol par Joao Lourenço


Aujourd'hui en Guinée La fille aînée de l'ex-président angolais José Eduardo dos Santos, présentée comme la « femme la plus riche d'Afrique », a été limogée de la présidence du conseil d'administration de la Sonangol, la compagnie pétrolière nationale, a annoncé mercredi le nouveau chef de l'État, Joao Lourenço.

Le nouveau président angolais, Joao Lourenço, a décidé de « relever de leurs fonctions les membres du conseil d’administration » de la Sonangol, a indiqué la présidence dans une déclaration, ce mercredi 15 novembre. Isabel dos Santos sera remplacée à la tête de la Sonangol par l’ancien secrétaire d’État au Pétrole, Carlos Saturnino, selon le décret présidentiel.

La nomination à la tête de la compagnie pétrolière de Isabel dos Santos, accusée de népotisme et de corruption, avait été décidée en juin 2016 par son père. Elle avait dans la foulée été contestée en justice par un groupe de juristes devant la Cour suprême. Ces derniers avaient argumenté que les agents publics, y compris le chef de l’État, n’ont pas le droit de nommer des membre de leurs famille.

Successeur désigné de José Eduardo dos Santos qui a régné pendant trente-huit ans sur l’Angola, Joao Lourenço a pris les rênes du pays en septembre après la victoire du parti au pouvoir lors des élections générales d’août 2017. Pendant sa campagne électorale, il avait promis de relancer l’économie du pays mais aussi de lutter contre la corruption, symbolisée selon les détracteurs du pouvoir par la présence de Isabel dos Santos, 44 ans, à la tête de la Sonangol.



AFP

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ATELIER DE MISE EN ŒUVRE DE LA BOURSE DE SOUS-TRAITANCE ET DE PARTENARIAT EN GUINEE


Aujourd'hui en Guinée Dans le sillage de la mise en œuvre de la politique de Contenu Local et de l’amélioration des affaires dans le secteur minier en Guinée, un atelier sur la création d’une bourse de sous-traitance et de partenariat (BSTP) a eu lieu, ce lundi 13 novembre 2017 au Ministère des Mines et de la Géologie, sous l’égide du Chef de Cabinet dudit département.

Ce processus de mise en œuvre de la BSTP est une action conjointe du Ministère des Mines et de la Géologie, du Ministère des Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion du Secteur Privé et de l’Agence de la Promotion des Investissements Privés.

Dans un premier temps, le secteur minier a été choisi comme porteur pilote de ce projet qui a pour objectif initial de mieux faire participer les entreprises locales aux activités industrielles minières.

A priori, la bourse de sous-traitance et de partenariat va permettre aux entreprises minières en Guinée de mieux recourir à la sous-traitance locale tout en réduisant leurs coûts de productions. Pour les entreprises locales, la BSTP est source d’appels d’offres, de création de richesse et de formation. La Guinée quant à elle sera en mesure de développer graduellement son tissu industriel local tout en profitant de retombées directes du secteur en plus des taxes et royalties.

En somme, la bourse de sous-traitance et de partenariat permettra aux investisseurs d’identifier facilement les fournisseurs locaux (grâce à une base de données fiables), de jauger leurs capacités (évaluation faite par la BSTP mise en ligne), et de rentrer en relation avec eux par le biais d’une plateforme numérique.

C’est pour tendre vers ces objectifs que l’atelier de projet de création de la bourse de sous-traitance et de partenariat a été animé par le Cabinet International « Kaiser EDP » en présence d’un grand nombre de participant dont les représentants des ministères concernés, de l’APIP des partenaires techniques et financiers, des différents Patronats, des entreprises minières ainsi que des sociétés locales.

Le cabinet « Kaiser EDP » à la demande du Ministère des Mines et de la Géologie a concerté les différentes parties prenantes lors de l’atelier pour mieux appréhender les attentes des utilisateurs de la bourse à savoir les entreprises minières et investisseurs ainsi que les sociétés de sous-traitance. L’atelier a donc permis aux uns et aux autres de faire part de leurs opinions sur les objectifs et fonctionnalités de la bourse et d’échanger sur les modalités y afférentes.

Le Groupe de la Banque mondiale qui soutient la mise en œuvre de cet outil, a par la voix de Mariama Ciré Sylla, Program Manager- Trade and Competitivenes réitéré « l’engagement du groupe à soutenir le Gouvernement dans ses réformes de promotion du contenu local afin de permettre la mise en place d’un cadre permettant l’émergence d’un véritable écosystème de petites et moyennes entreprises qui fourniraient des biens et des services à l’industrie minière et aux secteurs connexes ».


CCG

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Ce qu’il faut savoir des événements au Zimbabwe


Aujourd'hui en Guinée La confusion régnait toujours ce mercredi matin au Zimbabwe. Dans la nuit, des officiers de l'armée ont annoncé être intervenus pour éliminer des «criminels» proches du président Robert Mugabe. Alors qu'ils contrôlent des points névralgiques de la capitale, Harare, ils ont toutefois affirmé que cette opération n'était pas un coup d'État...

Mugabe sain et sauf, selon des officiers

« Nous assurons à la Nation que son Excellence le président (…) et sa famille sont sains et saufs et que leur sécurité est garantie », a affirmé dans la nuit, à la télévision nationale, le général Sibusiso Moyo, sans toutefois dire où se trouvait le chef de l’État. Aucune information n’a été donnée sur la situation de Robert Mugabe.

Selon Reuters, le ministre des Finances, Ignatius Chombo, partisan de la « G40 » [« Génération 40 », nom donné au clan de Grace Mugabe au sein du parti présidentiel, la Zanu-PF], aurait été interpellé, selon une source gouvernementale.

Peu de temps auparavant, vers minuit GMT, des échanges de coups de feu avaient été entendus pendant quelques minutes aux abords de la résidence de Robert Mubage, 93 ans.

« Nous ne faisons que viser les criminels qui l’entourent », a pour sa part affirmé le général lors de son allocution télévisée, réfutant tout coup d’État militaire. « Dès que notre mission sera accomplie, nous nous attendons à ce que la situation retourne à la normale », a-t-il ajouté.

L’armée contrôle des points névralgiques d’Harare

Après cette nuit agitée, la situation restait très confuse mercredi matin. À l’aube, des chars militaires déjà déployés dans les rues de la capitale mardi soir se sont positionnés près du Parlement, y établissant des barrages. Des blindés contrôlent également les accès au siège du parti au pouvoir et aux bureaux où le président Robert Mugabe réunit d’habitude son gouvernement.

Si l’armée a pour l’heure démenti tout coup d’État, son intervention sur la scène politique zimbabwéenne, qui plus est à l’encontre de Robert Mugabe, est inédite. Une première qui inquiète bon nombre d’observateurs, à l’image de cet analyste à la firme britannique EXX Africa Risk Consultancy. « Le silence du gouvernement après les déploiements militaires tend à confirmer que le président Mugabe a perdu le contrôle de la situation », a estimé Robert Besseling, cité par l’AFP.

Pourquoi ces officiers sont-ils intervenus ?

Le climat politique s’est considérablement dégradé la semaine dernière après le limogeage du vice-président Emmerson Mnangagwa. Présenté comme le successeur logique de Robert Mugabe, ce dernier a été démis de ses fonctions le 6 novembre, après un bras de fer avec sa rivale dans la course à la succession : la première dame, Grace Mugabe.

C’était sans compter les liens étroits que Emmerson Mnangagwa entretient avec de hauts gradés militaires. Mardi, le chef de l’armée zimbabwéenne est ainsi sorti de sa traditionnelle réserve pour exiger que « la purge actuelle » cesse « immédiatement ». « Nous devons rappeler à ceux derrière ces dangereuses manigances que lorsqu’il s’agit de protéger notre révolution, l’armée n’hésitera à intervenir », a-t-il martelé face à 90 hauts responsables de l’armée.

En réponse, le parti du président présidentiel a accusé mardi le chef de l’armée de « conduite relevant de la trahison » et dénoncé sa volonté de « perturber la paix nationale ». Depuis, Harare bruissait de rumeur sur le futur limogeage du chef de l’armée zimbabwéenne.

Jacob Zuma contre un changement de régime « inconstitutionnel »

Premier à réagir dans la sous-région, le président sud-africain a fait part de sa préoccupation. Jacob Zuma a « appelé au calme et à la retenue et exprimé l’espoir que les développements au Zimbabwe n’amènent pas un changement inconstitutionnel de gouvernement », a déclaré la présidence sud-africaine dans un communiqué.

AFP

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DISCOURS DU MINISTRE D’ÉTAT AUPRÈS DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE CHARGE DE LA DÉFENSE NATIONALE.


Aujourd'hui en Guinée Excellences Messieurs les Chefs d’État et de Gouvernements,
Mesdames et Messieurs les Ministres,Excellences Messieurs les Ambassadeurs et représentants des organisations internationales,Respectés invités, experts, partenaires internationaux, représentants du secteur privé et de la société civile,

Permettez-moi, à l’entame de la présente intervention du reste liminaire, compte tenu du contexte et du programme de la rencontre, d’exprimer ma profonde gratitude à l’égard de Son Excellence le Ministre des Affaires Étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, pour l’invitation qu’il m’a adressée à participer à la quatrième édition du Forum international sur la paix et la sécurité en Afrique.

Mes remerciements, évidemment, vont au vaillant peuple du Sénégal et à son Gouvernement pour l’accueil si fraternel dont ma délégation et moi-même faisons l’objet depuis notre arrivée dans cette belle capitale.

Je voudrais surtout me faire un agréable devoir, celui de transmettre à Son Excellence Monsieur Macky SALL, Président du Sénégal, les chaleureuses salutations de son frère, le Professeur Alpha CONDÉ, président de la République de Guinée, ainsi que ses félicitations appuyées pour cette quatrième et déjà brillante réussite du Forum international sur la paix et la sécurité en Afrique.

Mesdames et Messieurs, chers participants ;

Le thème qui nous réunit ici interpelle chacun de nous, bien au-delà de la simple thématique du Forum. C’est une réalité quotidienne auxquels nos gouvernements et nos peuples respectifs sont confrontés. C’est pourquoi, les réponses proposées doivent impérativement être adaptées à la situation sur le terrain. Le terrorisme et l’extrémisme violent n’épargnent aucun État, riche ou pauvre. C’est en cela que nous sommes convaincus que la première bataille à mener consiste à s’attaquer aux racines du mal : les inégalités, la pauvreté et le sous-emploi de la jeunesse.

Nous le disions récemment à Abidjan, on ne peut lutter efficacement contre la terreur violente des extrémistes, que de façon globale et intégrée. Le président Alpha Condé, président en exercice de l’Union africaine, le dit souvent. Il est impossible de combattre et vaincre le terrorisme sans d’abord lutter contre ses germes que je viens de citer plus haut.

Si nous gagnons la bataille du développement, si nous réussissons à équitablement redistribuer les richesses que nous produisons, alors nous sortirons victorieux de cette guerre qu’on nous impose. Car il est désormais établi que pour empêcher la résurgence des organisations terroristes, il faudra endiguer toutes les conditions qui favorisent leur développement et même leur existence. Il faut donc travailler sur le tarissement de leurs principales sources de financement, en luttant notamment contre les trafics illicites.

Nous le savons : pour faire face aux menaces qui pèsent sur nos États, des solutions existent. Créer de l’emploi-jeunes, soutenir les efforts des femmes, protéger l’environnement, investir dans l’éducation et donner à nos forces de défense et de sécurité les moyens de lutter contre toutes les menaces qui pèsent sur nous.

C’est dans ce cadre qu’après son élection en 2010, le Président de la République de Guinée a placé la Réforme du Secteur de la Sécurité (RSS) comme la priorité de son programme politique. De cette vision a découlé progressivement les liens entre la qualification de l’armée guinéenne et les initiatives de développement, dans le cadre de la prévention et de la lutte contre le terrorisme à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

La réforme du Secteur de sécurité en République de Guinée est conçue non seulement pour le renforcement de la souveraineté de l’État, mais aussi pour contribuer à la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent dans notre espace commun.

Bien évidemment, nous ne nous contentons pas de la prévention. Nous agissons également lorsque cela est nécessaire. Ainsi, dans le cadre des accords de coopération militaire, l’armée guinéenne a pu obtenir un appui pour la formation de trois bataillons successifs dénommés Gangan, près de 3000 militaires, engagés dans les opérations de maintien de la paix de l’ONU (MINUSMA) au Mali. Cet engagement de nos soldats est notre contribution contre le terrorisme pour la stabilité et la consolidation de la paix dans ce pays frère.

Mesdames et Messieurs, chers participants, distingués délégués ;

Bien entendu, pour vaincre définitivement le terrorisme et l’extrémisme violent, la Guinée a estimé qu’il fallait avoir un cadre légal spécifique. Un projet de loi sur la prévention et la répression du terrorisme a été élaboré et soumis à l’Assemblée nationale pour adoption. Ce projet de loi prend en compte tous les aspects liés au terrorisme.

Dans le cadre de la prévention contre l’extrémisme religieux, le secrétariat général des Affaires religieuses a formé à ce jour 500 Imams et prédicateurs religieux à travers la coopération avec le Maroc. Il identifie et contrôle des ONG religieuses évoluant en Guinée, notamment dans la construction des mosquées, des écoles, des prestations sanitaires etc… sur le terrain.

Aussi, le Secrétariat général aux Affaires religieuses est en train de prendre des dispositions, pour harmoniser et veiller sur les prêches et sermons de toutes les rencontres religieuses, tout en organisant des campagnes de communication, d’information et de sensibilisation de la population sur les enjeux du terrorisme et de l’extrémisme violent.

Le gouvernement guinéen travaille également pour le renforcement des capacités des Forces de défense et de sécurité au niveau de leurs unités d’intervention et les services de renseignement. Ceci, avant la mise en place prochaine des unités spécialisées de la police, de la gendarmerie et de l’armée prêtes à toutes interventions en tous points du territoire national, avec l’appui de nos partenaires.

Le gouvernement guinéen, pour plus d’efficacité, a opté pour l’harmonisation de sa stratégie de lutte contre le terrorisme à celles de la sous-région ainsi qu’avec celles d’autres organisations. Nous avons également procédé à la formation de milliers de jeunes au niveau du SCAD comme au Sénégal, afin d’éviter la vulnérabilité de la jeunesse qui est un terreau fertile pour le recrutement des terroristes.

Nous sommes également en train de travailler pour l’installation de scanners au niveau de certains postes frontaliers.

Mesdames et Messieurs, distingués délégués ;

Nous avons mené toutes ces actions, malgré les deux années d’épidémie à virus Ebola et la faiblesse de nos moyens, parce que nous estimons que les discours ne suffisent plus. Nous devons désormais agir.

Nous savons pertinemment que c’est un combat difficile et long, compte tenu des enjeux, mais je crois profondément en notre capacité de mobilisation tous azimuts face à ces différentes menaces.

Nous devons faire face à nos responsabilités pour débarrasser le monde de ce fléau des temps modernes. Nous savons compter sur l’engagement, la détermination et la ferme volonté de chacun et de tous.

Je vous remercie !



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Face à Sekhoutouréya, l’opposition et la dissidence ! (Par Kabinet Fofana)


Aujourd'hui en Guinée En faveur d’un contexte politique international inspiré du discours de la Baule en 1990, la Guinée à l’instar des autres pays africains, reconnaitra à ses citoyens le droit de constituer des partis politiques ou d’y appartenir. C’est l’ère de la pluralité politique !

Progressivement, les premières formations politiques virent le jour – le Parti de l’Unité et du Progrès, le Rassemblement du Peuple de Guinée, l’Union pour le Progrès de la Guinée etc. Depuis, l’espace public est dominé par les politiques, de plus en plus de guinéens s’intéressent à la chose politique comme le révèlent les études sur la participation politique et militante. En exemple, une enquête en 2015 de l’association guinéenne de sciences politiques indique un engagement au sein des formations politiques de l’ordre de 42 % dans les communes urbaines.

Au gré donc des intérêts et des enjeux dynamiques exigeant des politiques une meilleure visibilité au sein de l’opinion publique, des postures assez énigmatiques ou tout au moins pas ordinaires ont été celles d’hommes politiques face au pouvoir de Sèkhoutoureya. Dans la sphère publique, deux entités doivent se distinguer comme préconise Montesquieu dans « l’esprit des lois, 1758 », le pouvoir et le contre pouvoir. Le dernier dont le rôle sera d’interpeller le premier dans sa tentation naturelle d’abuser de la puissance publique. Cela appartient à la logique de la contradiction positive. L’opposition est alors par principe cette entité qui ne participe pas à la démarche politique d’un gouvernement. Sauf que dans le contexte politique guinéen, le distinguo est d’une relativité telle, qu’elle contraste fondamentalement avec toutes les théories sur la question.

Que dire de ces opposants transhumants qui se fabriquent par la suite de leur renvoie du gouvernement alors qu’ils sont par origine du système ?

On devrait plutôt les nommer par dissidents politiques de fait. Ils ont la bonne science et l’art de charmer, le seul dessein de revenir dans les grâces du pouvoir n’a de cesse. A coté de ceux-là, jouxte cette autre catégorie d’opposants moindrement représentatifs en termes de poids politique, des partis satellites, aucunement pas très durs. Ces deux premières ne sont pas très agressives vis-à-vis du pouvoir. Ils sont l’opposition modérée en quête de strapontins. On les appelle l’opposition du pouvoir ! Un type d’acteurs de la société civile très habiles et fourbes s’adonnent au même stratagème , ils sont en fait des politiciens que récuse Jürgen Habermas dont le seul objectif est de se servir de la légitimité et de l’aura que leur offre la société civile pour draguer le pouvoir et accéder à des postes dans le gouvernement.

A l’opposé, existe l’opposition du changement : le seul objectif est la conquête et l’exercice du pouvoir, ils sont pas du tout tendres avec la majorité au pouvoir, ne font pas de concessions. Elle brille par ses invectives et diatribes. Le discours et le programme politique se résument par le mot changement. Celle-ci aussi est aidée dans sa lutte par une frange de soient disant acteurs sociaux : c’est la société civile de l’opposition !

Dans toutes les deux figures, le social ne peut en rien contre le politique parce que investi par la politique, et les enjeux politiques se résument malheureusement par la compétition entre ceux qui sont au pouvoir et ceux qui veulent y être au grand dame des populations qui se meurent tous les jours. Quelle connerie !

Par Kabinet Fofana, politologue

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Guinée : Alpha Condé, de l’Élysée à la Chesnaie du Roy


Aujourd'hui en Guinée Programme diplomatique chargé pour le président guinéen Alpha Condé dans les prochains jours. Le président guinéen Alpha Condé devrait être reçu pour la première fois à l’Élysée par son homologue français, Emmanuel Macron, le 22 novembre à 15 heures. C’est du moins la date qui a été retenue lors de l’audience que celui qui est également président en exercice de l’UA a accordée à Franck Paris, le conseiller Afrique de Macron, le 2 novembre à Conakry.

Pour cet entretien, Paris était accompagné de Jean-Marc Grosgurin, l’ambassadeur de France en Guinée. Alpha Condé, qui s’est rendu au début de novembre au Maroc puis en Jordanie, devrait par ailleurs assister à la journée Afrique de la COP 23 de Bonn, le 15 novembre, avant de présider la réunion du groupe consultatif des partenaires techniques et financiers de la Guinée, les 16 et 17 novembre, au pavillon de la Chesnaie du Roy, à Paris.

JA

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Guinée/Transhumance politique, nouveau sport National (Par Amadou Tidiane Barry)






Aujourd'hui en Guinée L’arène politique n’est point un long fleuve tranquille dit-on. Les oscillations sont malheureusement légions. Au gré du temps, les innovations fleurissent au plan politique. Au point d’imiter les cheptels. Dans ce qu’on appelle transhumance, parfois flagrante, comme le député qui quitte son parti politique pour un autre, ou déguisée, à l’image de cet autre député qui migre à la banque tout en restant dans son parti politique. En terme militaire, ces transfuges, sont passibles du poteau d’exécution en temps de guerre. Et pourtant, tous les apprentis de la politique ont lu André Malraux qui, de façon lapidaire mais juste, soutient que <>.

Morale ? C’est une valeur qui remonte du fond des âges et porte la mémoire de l’africain. Depuis la rédaction de la Charte de Kurukan Fuga en sol guinéen. Fort malheureusement, ce texte qui, pour tout dire, préfigure, et de belle manière, l’idée de l’Etat de droit est oubliée par les hommes politiques du temps présent. Bien qu’il existe dans le pays d’hommes au caractère trempé, patriotes, compétents, intègres et sincères qui auraient dû nous prémunir de toutes ces turpitudes qui ont fini par transformer l’espace politique en un vulgaire cheptel ambulant. La transhumance pose de fait la problématique de la vitalité même de notre démocratie.

La pratique fait désormais office de sport national pour nos hommes politiques. Et chaque parti politique a eu sa dose. Du Rpg arc-en-ciel, à l’UFDG, en passant par l’UFR et le PEDN.

La transhumance politique est un cancer qui gangrène le corps social. Elle doit être combattue par tous avec vigueur. Des solutions existent pour faire face à cette farce, cette vaste honte qui finira si l’on n’y prend garde par nous emporter tous. Ailleurs, on tente d’apporter une solution juridique en apportant par exemple, une déchéance automatique pour tout élu qui démissionne ou même qui est exclu, en cours de législature, du parti dont il a reçu l’investiture pour un autre parti. C’est la solution consacrée constitutionnellement au Sénégal, au Rwanda, en RDC…

Les juristes me diront que cette solution est contraire à la loi fondamentale qui exclut le principe de mandat impératif. Alors, pour éviter le débat juridique, je propose la tenue de fora et d’ateliers organisés par l’Etat au travers du ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation devant appeler à une réflexion pointue de toute la nation pour l’éradication de cette peste.

Amadou Tidiane Barry, acteur de la société civile


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Journée Portes Ouvertes de l’UFR : Communication du Pr Maurice Togba Zogbelemou (Thème : Le Renouveau de l’Etat )


Aujourd'hui en Guinée A l’occasion des journées portes ouvertes de l’UFR, il nous a été demandé de traiter du thème : « Le renouveau de l’Etat ».
L’intitulé du thème comporte deux éléments, l’Etat d’une part et le renouveau de cet Etat d’autre part. En droit international public comme en droit constitutionnel, l’Etat est appréhendé à travers trois éléments :

- le territoire qui permet de situer l’Etat dans l’espace international ==> pas d’Etat sans territoire.

Exemples : Cité du Vatican (44 hectares dans la ville de Rome)

Etat du Vanuatu (12.200 km2)

C’est la sphère d’exercice des compétences étatiques ;
- la population : groupe humain vivant de façon permanente sur le territoire de l’Etat ; elle peut être homogène ou hétérogène, comprend les nationaux et non-nationaux ;

- l’existence d’un pouvoir organisé appelé généralement pouvoir politique, c’est-à-dire « le pouvoir d’organiser la société en fonction des fins qu’on lui suppose » (Bernard Chantebout). C’est un pouvoir de prévision, d’impulsion, de décision et de coordination qui appartient à l’appareil de l’Etat. Ce pouvoir permet de déterminer et de conduire l’ensemble de la politique nationale avec tout ce qu’elle implique dans l’ordre interne comme dans l’ordre international (Pierre Pactet et Ferdinand Melin-Soucramanien).

D’un point de vue socio-historique, l’Etat naît avec l’apparition du pouvoir politique dans une société donnée, et son existence est consacrée par l’adoption d’une constitution qui est son statut, qui délimite le champ d’exercice du pouvoir politique ==> adoption par la Guinée de sa première constitution le 10 novembre 1958 après la proclamation de l’indépendance le 02 octobre 1958 par l’Assemblée territoriale et le Gouvernement issus de la Loi cadre de 1956, mais avant l’admission du pays à l’ONU le 12 décembre 1958.

L’Etat se caractérise par sa personnalité juridique et sa souveraineté. C’est ce qui permet à l’Etat de constituer une collectivité irréductible aux autres collectivités, qu’elles appartiennent à l’ordre interne ou à l’ordre international.

L’Etat remplit une double fonction (Thierry Michalon) :
- une fonction politique, ascendante : permet aux populations d’exprimer leurs besoins et de faire monter vers les organes de gouvernement les hommes qui les animent ;

- une fonction administrative : permet aux gouvernants de mettre en application toutes les décisions prises sous forme de règles obligatoires par les hommes de l’appareil dirigeant.

Le fonctionnement correct de tout le processus politique, ascendant et descendant, constitue le fondement de la légitimité des organes dirigeants de l’Etat, c’est-à-dire de leur conformité aux désirs réels des citoyens.

Depuis les années de l’indépendance, les Etats africains se sont caractérisés par des dysfonctionnements répétés et généralisés dans l’évolution du processus politique devant leur assurer l’adhésion des populations. Les avatars du parti unique que sont le culte de la personnalité, la patrimonialisation du pouvoir ont conduit dans les années 1990 à une contestation véhémente des Etats à travers leur système de gouvernance politique, économique et social.

On assista alors à la rédaction de nouvelles constitutions, parfois à l’issue de conférences nationales.

Fort malheureusement, le mouvement de démocratisation a connu un reflux à partir des années 2000 à travers différentes révisions constitutionnelles remettant en cause les acquis démocratiques du printemps constitutionnel des années 1990.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la contestation des régimes politiques a repris de plus belle nécessitant la recherche de solutions à ces nouvelles crises politiques avec les dialogues politiques se terminant par des accords politiques inclusifs dont l’application fait toujours problème (retard délibéré dans l’application quand ils ne sont pas tout simplement bloqués). Depuis 2003, la Guinée est à son 5ème accord politique.

Voilà ce qui explique que l’on parle aujourd’hui du renouveau de l’Etat. D’aucuns diront refondation de l’Etat.

Lorsque l’Etat ne réussit pas à combler les espoirs de justice et d’efficacité placés en lui, le besoin d’un nouvel Etat (et non un nouveau besoin d’Etat) se manifeste : il traduit d’une part le besoin de légitimité des acteurs politiques exprimé par les populations, et d’autre part le besoin d’efficacité des institutions étatiques.

A partir des éléments que dessus, et sur le fondement de la constitution guinéenne du 07 mai 2010, la quatrième après celles des 10 novembre 1958, 14 mai 1982 et 23 décembre 1990, on peut esquisser quelques pistes de réformes tendant à réconcilier l’Etat avec les populations et à garantir une efficacité certaine à ses actions de développement.

1- Refonder l’Etat sur la justice sociale

Issu des anciennes colonies dont les frontières administratives ne respectaient pas l’ethno-sociologie des populations, l’Etat africain postcolonial est prédisposé aux remous et tumultes de toutes sortes et même à la décomposition : la gestion défectueuse de l’hétérogénéité ethnique et culturelle par les politiques hypothèque l’espoir de réaliser un vivre-ensemble fondé sur la concorde.

Le contrat social et moral autour duquel se fédèrent politiquement les différentes identités ethniques ou culturelles pour vivre ensemble est souvent problématique : l’éthique du vivre-ensemble fait défaut (Lucien Ayissi).

Le renouveau ou la refondation de l’Etat, juste et efficace, commande la réalisation prioritaire de la nation. L’entreprise est une impérieuse nécessité en Guinée eu égard à la structure socio-géographique : à l’exception de la région forestière où existent plusieurs groupes ethniques avec chacune sa langue, les trois autres régions naturelles sont caractérisées chacune par une langue et une culture dominante. Il y a juxtaposition de blocs humains sociologiquement différents.

L’Etat guinéen né le 02 octobre 1958 n’a pas encore réussi, en dépit des discours politiques, à construire la nation : l’ethnocentrisme, latent, s’est brusquement réveillé et radicalisé depuis la dernière transition militaire (2008-2010) ; il se manifeste dans tous les secteurs du pays, et il est même arrogant dans l’administration publique. Il est devenu la gangrène de l’Etat guinéen.

Pour sa consolidation, sa crédibilité et l’efficacité de son action, l’Etat guinéen doit s’attaquer frontalement au virus de l’ethnocentrisme.

C’est par la vraie justice sociale entre les citoyens d’une part et entre les régions d’autre part que l’Etat pourra agir sur le mental de ses administrés. L’Etat est l’architecte premier de la construction de cette nation que tous les Guinéens appellent de leurs vœux. Il en a les moyens et des méthodes existent. Compte tenu de la socio-géographie du pays, et à la faveur des nominations aux fonctions administratives, une combinaison du critère de la compétence et du critère de la représentation régionale peut être un signal qui doit être soutenu par l’égalité de traitement des différentes régions du pays.

L’importance de ces éléments réside dans l’échec du découpage administratif en huit régions comme moyen de renforcement de l’unité du pays : à Conakry, il n’y a pas huit coordinations régionales des sages mais quatre correspondant aux quatre régions naturelles.

D’une manière générale en Afrique, l’Etat a précédé la nation qu’il a pour mission de construire. L’Etat guinéen ne peut s’y soustraire s’il veut réaliser son intégration et non sa désintégration.

2- Eduquer les populations à la citoyenneté

L’éducation à la citoyenneté doit permettre de lutter contre la balkanisation socio-politique de l’Etat en segments ethno-identitaires simplement juxtaposés : il faut amener les diverses identités à acquérir la culture de la citoyenneté, c’est-à-dire à soumettre l’ethnicité aux impératifs de l’éthique du vivre-ensemble.

Il faut pour cela une pédagogie citoyenne pour impacter le comportement du citoyen qui doit non seulement avoir le sens de la justice mais aussi collaborer à la réalisation d’une intercommunauté qui soit le cadre de la libre expression des différences. Et l’expression de cette citoyenneté ne doit ni étouffer celle des autres, ni compromettre la réalisation du dessein commun que toutes les diverses identités doivent avoir en vue par-delà leur hétérogénéité.

C’est alors que le citoyen pourra comprendre que l’Etat est une personne morale, donc une institution dont l’existence est consacrée par des règles : l’Etat est une institution distincte des personnes physiques qui la représentent, agissent et parlent en son nom.

La compréhension de cette réalité par le citoyen est le point de départ de la construction d’un Etat de droit. Aussi il faut regretter les difficultés de l’article 46 al. 3 de la constitution de 2010 qui dispose que le Président de la République « nomme en Conseil des Ministre aux emplois civils dont la liste est fixée par une loi organique » (voir aussi l’article 58 al. 1er de la constitution).

3- Respecter les normes sociales

Le respect des normes sociales est une manifestation de l’Etat de droit, lequel est une exigence du renouveau de l’Etat guinéen. L’objet Etat de droit pose le principe de la centralité du droit dans la vie de l’Etat : l’Etat autant que les particuliers est soumis au droit qu’il produit lui-même à travers ses organes.

Ainsi donc le droit devient le cadre d’action de l’Etat et l’Etat devient le garant du droit. L’Etat de droit est un Etat civilisé (Chartes Debbasch) au service de l’homme et non l’inverse. Il n’existe pas par la seule production des lois et textes règlementaires, il suppose le respect et l’application effective de ces normes sociales.

L’Etat de droit ne s’accommode pas de l’impunité qui est aujourd’hui la gangrène de l’Etat guinéen, et même de la société guinéenne tout court.

Sans descendre dans le vécu quotidien de notre administration publique, restons sur le terrain politique pour apprécier l’Etat de droit en Guinée.

- les scrutins législatifs ne se sont jamais tenus à date (1995-2002 → 2008).

- depuis 2003, la Guinée est à son 5ème accord politique : 15 septembre 2003 – 12 juillet 2005 – 03 juillet 2013 – 20 août 2015 – 12 octobre 2016.

Ces accords politiques ne sont que l’expression du non-respect de la constitution et des lois de la République. En dépit du consentement donné par les acteurs de la classe politique, ces accords connaissent des difficultés d’application et ils portent souvent sur les mêmes questions récurrentes (fonctionnement et financement de la CENI, fichier électoral, calendrier électoral, neutralité de l’administration publique…). Comme quoi, en politique, on ne règle pas les problèmes, on les déplace, selon un grand homme politique africain.

Malheureusement, on les déplace au préjudice des populations, on débouche sur des tensions ou crises politiques qui affectent le fonctionnement de l’Etat, et donc sa productivité au service des populations.

Exemples : tensions politiques récurrentes en Guinée ;
crise togolaise : non application accord de 2006 ;
crise congolaise RDC : non application accord du 31 décembre 2016.

Avec un minimum d’Etat de droit, on ne parle pas de dialogue politique inclusif (Sénégal, Bénin depuis 1991). La constitution et les lois de la Républiques sont produites pour la consommation nationale et non pour avoir un vernis de légalité destiné à l’opinion internationale. Après plus de 50 ans, la conception de la politique doit évoluer vers la satisfaction de l’intérêt général.

4- Appliquer effectivement la réforme de l’administration locale
La constitution de 2010 (articles 134 à 137) a fait la distinction entre les collectivités territoriales (préfecture et sous-préfectures) et les collectivités locales (communes et régions), les unes sont créées par voie règlementaire et les autres par la loi. L’extension aux régions de la décentralisation limitée à l’époque aux communes, a nécessité une révision du code des collectivités locales.

Le texte qui vient d’être adopté, d’une bonne facture, mérite cependant des retouches, notamment au niveau de l’article 80 qui viole l’article 9 de la constitution et l’article 7 de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples ainsi que la jurisprudence de la Cour de justice de la CEDEAO et de la Cour Africaine des droits de l’homme et des peuples, relativement à la jouissance et l’exercice d’un droit à un procès équitable.

Mais au-delà, il importe de dire avec Alexis de Tocqueville que « la décentralisation n’a pas seulement une valeur administrative ; elle a une portée civique puisqu’elle multiplie les occasions pour les citoyens de s’intéresser aux affaires publiques ; elle les accoutume à user de la liberté ». La décentralisation se rapporte donc à la prise en compte de la notion d’affaires locales.

La décentralisation se présente comme une technique d’administration parce qu’elle rapproche les lieux de décision des problèmes économiques et sociaux que ces décisions sont censées résoudre ; elle est un moyen d’engager le développement sur une base locale et non plus exclusivement centralisée.

Pour l’efficacité de cette nouvelle politique de décentralisation en faveur des régions et des communes, deux conditions essentielles devront être remplies : l’effectivité des transferts de compétence et la dotation de moyens conséquents à travers les subventions de l’Etat et la mobilisation des recettes fiscales locales.

Toute lenteur dans la réalisation de ces conditions constitue un blocage car il n’y a pas de décentralisation sans moyens financiers conséquents.

Il faudra enfin éviter tout abus dans l’exercice de la tutelle administrative de l’Etat.

La décentralisation décharge l’Etat central de tâches dévolues aux collectivités locales, ce qui lui laisse le temps d’assurer ses missions d’intérêt général et de veiller aux grands équilibres du pays, elle permet à la fois au citoyen de se reconnaitre dans l’Etat qui lui permet, par le biais de la démocratie locale, de participer à la gestion du pays. L’Etat unitaire moderne est un Etat effectivement décentralisé.
5- Réformer ou installer certaines institutions constitutionnelles

- Sur la nécessité d’une réforme de la CENI

La création d’un organe indépendant de l’Etat chargé de la gestion du processus électoral s’inscrit dans le cadre du mouvement de démocratisation consécutif au printemps constitutionnel des années 1990 ; il s’agissait de garantir la crédibilité des élections manipulées dans leurs résultats par les ministères qui en avaient la charge.

C’est dans ce contexte que le mémorandum des partis politiques sur le dialogue national du 15 septembre 2003 a mentionné « la création d’un organisme indépendant chargé de gérer l’ensemble du processus électoral depuis la révision des listes électorales jusqu’à la proclamation des résultats provisoires ». Suite fut donnée à cette recommandation avec la création de la CENI par une loi ordinaire de mars 2007, révisée sous la forme d’une loi organique en 2012 après la constitutionnalisation de la CENI.

Le mode de désignation de ses membres qui donne la majorité aux partis politiques (20 commissaires sur 25) en fait un organe politisé, en dépit du serment prêté par ses membres. L’expérience des élections organisées depuis sa création et les contestations provoquées par ses méthodes de gestion justifient amplement une réforme de l’institution.

Tirant les leçons de la gestion de la présidentielle de 2010, le CNT avait préparé une proposition de texte d’une CENI technique, à l’image de celle du Ghana. Face à la réaction virulente des partis politiques s’estimant exclus de la gestion du processus électoral, le CNT a dû retirer sa proposition pour adopter à la place, une version améliorée de la loi de 2007.
Ce sont les mêmes partis politiques qui ont repris leur contestation au regard de la gestion des législative et présidentielle de 2013 et 2015 et des conditions de mise en place des démembrements de la CENI.

C’est pourquoi la sagesse politique commande, eu égard aux expériences électorales du pays, à la culture politique ambiante, d’aller vers une réforme tendant à instituer une CENI technique. La crédibilité de notre système électoral dans son organisation et son fonctionnement et la légitimité des élus sortis des urnes en dépendent.

- Sur la réforme du Conseil supérieur de la magistrature
Lors de la rédaction de la constitution de 2010 et de la loi organique relative au Conseil supérieur de la magistrature, l’activisme des magistrats membres du CNT a été tel qu’en dehors du Président de la République et du Ministre de la Justice, aucune personnalité non magistrate n’a pu être désignée comme membre du Conseil, si bien que la formation disciplinaire qui exclut les deux personnalités que dessus, ne comprend que des magistrats.

Un esprit corporatiste s’y est développé à tel point que jusqu’à présent, aucune sanction significative et exemplaire n’a été prise à l’encontre d’un magistrat. Malgré les réformes entreprises dans le secteur de la justice avec notamment la revalorisation des traitements, les mêmes griefs persistent à l’encontre de l’appareil judiciaire. A preuve, la grève actuelle des avocats du 25 octobre au 10 novembre 2017.

Au cours d’un récent atelier, le principe d’une ouverture du Conseil supérieur de la magistrature à deux personnalités extérieures non magistrates a été retenue. Il importe donc très rapidement d’inscrire cette proposition dans une réforme de la loi organique sur le Conseil supérieur de la magistrature afin de faire évoluer celui-ci dans ces manières de faire.

Le libéralisme a deux fondations principales : la démocratie politique et la justice. Si le Conseil supérieur de la magistrature joue effectivement son rôle, sans esprit corporatiste, il contribuera à une évolution positive de la société guinéenne.

- Sur la nécessité d’établir la loi organique sur la Haute Cour de Justice

La loi organique relative à la Haute Cour de Justice prévue par les articles 117 à 122 de la constitution et compétente pour juger le Président de la République (en cas de haute trahison) et les Premier Ministre et ministres (pour crimes et délits) n’est pas encore adoptée alors que la loi organique de 1991 ne peut être appliquée compte tenu des modifications dans la composition de la haute juridiction apportée par la constitution de 2010 par rapport à celle de 1990.

Ce vide juridique et institutionnel est un mauvais signal pour le pays comme pour dire que les membres de l’exécutif peuvent agir à leur guise en toute impunité. Les difficultés d’application du système sont connues, il reste cependant que toute absence de législation en la matière est incompatible avec la volonté de construire un Etat de droit.

Il vaut mieux avoir les textes et les institutions prévus par la loi fondamentale, même si leur application dans l’immédiat est difficile, voire impossible. La loi, permanente, est faite pour l’avenir.

6- Assurer une certaine égalité des circonscriptions électorales dans la représentation parlementaire

Reprenant en cela la constitution de 1990, la constitution de 2010 (article 63) organise l’élection des députés selon un scrutin mixte combinant le scrutin uninominal majoritaire à un tour et le scrutin de liste à la proportionnelle au plus fort reste.
Si pour le scrutin de liste, la circonscription électorale couvre le territoire national, en revanche pour le scrutin uninominal, les cinq communes de Conakry et les 33 préfectures du pays ont été érigées en circonscription électorale.
Il en est résulté une injustice criarde dans la représentation parlementaire : des communes comme Matoto et Ratoma ou des préfectures comme Labé, Kankan ou N’Zérékoré avec plus de 300.000 ou 200.000 électeurs ont un député élu à l’uninominal comme des préfectures qui ont à peine 70.000 électeurs.

La question a été évoquée par le CNT mais faute de données statistiques fiables, elle a été renvoyée au Gouvernement post-transition l’examen et la solution du problème.
Il y a urgence à corriger cette inégalité de représentation parlementaire en augmentant le nombre de députés élus au scrutin uninominal sur la base d’un critère quantitatif, le nombre d’électeurs inscrits.

Il est impérieux d’entreprendre la réforme car, outre le vote de la loi et le contrôle de l’action gouvernementale, le député a une fonction de représentation, qui l’oblige à un compte rendu d’activités régulier, donc à un contact fréquent avec la base électorale, ce qui permet au député de s’enquérir de leurs problèmes afin de les assister dans la recherche de solution.

Telles sont quelques pistes d’action qui nous paraissent de nature à donner une nouvelle vitalité à l’Etat. Car c’est un Etat viable parce que assis sur des fondations solides, ayant une vision claire du devenir des populations qui l’appuient et se reconnaissent en lui, qui pourra :

- propulser sa jeunesse dans l’ère du numérique : il ne faut pas rater la révolution numérique ;

- garantir la sécurité des personnes et de leurs biens : quand l’autorité de l’Etat régresse, la vindicte populaire s’installe ;

- adopter une stratégie d’intégration effective de la femme dans le processus de développement : l’autonomisation de la femme doit être un vécu quotidien ;

- mettre en place une gouvernance administrative se traduisant par la capacité de l’Etat à disposer d’une administration efficace, transparente et responsable qui renforce l’autorité de l’Etat : dans ce cadre la gouvernance électronique sera un outil-clé en accroissant l’efficience, la qualité, la simplicité et l’accessibilité des services publics ;

- entreprendre le réarmement moral des agents publics afin de renforcer leur intégrité morale et leur conscience professionnelle : la lutte contre la corruption et l’impunité commence par là ;

- assurer l’accès aux services sociaux de base : la modernité pour les populations rurales comme urbaines passe par l’accès à l’eau potable, aux services de santé primaire, à l’école, la jouissance d’un logement décent etc.
Nous venons de vous développer là quelques idées qui pourront certainement nourrir la réflexion au sein de l’UFR dans sa quête du pouvoir de l’Etat.

Tel est bien l’objectif de cette journée porte ouverte.
Je vous remercie !

Maurice Togba Zogbélémou
Agrégé de droit public et science politique; Professeur à l’Université de Conakry; Avocat au Barreau de Guinée

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Levée du corps de Dr Bakary Diakité pour le Vendredi 17 Novembre 2017


Aujourd'hui en Guinée Chers compatriotes guinéens et amis de la Guinée,.La famille et amis de feu Dr Bakary Diakité vous informe que la levée du corps aura lieu le vendredi 17 novembre 2017 de 9h45 à 10h30 à la chambre mortuaire de l’hôpital Pitié-Salpêtrière au 22 rue Bruant 75013 Paris.

Dr Bakary Diakité est décédé le dimanche 12 novembre 2017 à Paris.

L’enterrement est prévu à Siguiri en République de Guinée.

Prions pour le repos de son âme.

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Mines/Discours intégral de Abdoulaye Magassouba au African Diamond Conference


Aujourd'hui en Guinée C’est un réel plaisir pour moi de participer à cette Conférence Africaine sur le Diamant en ma double qualité de Ministre des Mines et de la Géologie de la République de Guinée et de Président du conseil des Ministres de l’Association des Pays Africains Producteurs de Diamants (ADPA).

Je tiens à remercier, au nom de la Guinée et des pays membres de l’ADPA, les autorités du Royaume de Belgique, pour l’accueil chaleureux qui a été réservé à nos délégations respectives.

Le secteur du diamant occupe une place prépondérante dans les économies de plusieurs pays africains. L’importance de cette industrie pour l’Afrique a été suffisamment soulignée au cours de cette journée, notamment par l’investissement significatif dans la recherche en Angola et son poids dans les revenus des états comme le Botswana.

Dans les pays où l’exploitation artisanale et à petite échelle du diamant est développée, plusieurs millions de personnes en tirent l’essentiel de leurs revenus.

Mesdames et Messieurs,

L’économie des pays africains producteurs de diamant fait face à la concurrence déloyale des pierres synthétiques qui mettent en péril la survie de l’industrie du diamant, en particulier en Afrique.

C’est pourquoi, il est plus qu’opportun de s’unir dans une synergie d’actions afin d’atténuer leur impact, car plus de la moitié des diamants bruts provient du continent africain. Nous insistons à cet effet sur la nécessité d’œuvrer pour une transparence absolue vis à vis des consommateurs. Ces derniers ont le droit d’être systématiquement et ostensiblement informés de la nature exacte des produits pour qu’ils fassent un choix en toute connaissance de cause entre les diamants et les pierres synthétiques. Pour que chaque produit soit acheté à son juste prix.

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais profiter de cette occasion pour féliciter les parties prenantes du Processus de Kimberley. En effet, grâce à aux dispositions pertinentes de ce processus, le monde assiste de nos jours à une meilleure gouvernance du secteur du diamant : la traçabilité et la transparence sont améliorées. Loin de nous l’époque où les diamants dits de sang alimentaient des conflits avec leurs cortèges de malheurs, de misère et de désolation.

Malgré les progrès importants réalisés, des défis restent à relever, dont entre autres :

La mise en œuvre de la déclaration de Washington ;
Le renforcement de la coopération transfrontalière ;
Le renforcement des capacités techniques des évaluateurs nationaux ;

Les Échanges périodiques de bonnes pratiques afin de favoriser le partage d’information ;

La promotion de la recherche géologique, pour une meilleure connaissance du potentiel géologique et sa valorisation ;
Le respect des normes environnementales ;

Le développement du contenu local, notamment la mise en place d’activités de création locale de valeur, comme les tailleries et services de polissage ;

La création d’une bourse du diamant répondant aux standards internationaux.

La République de Guinée, en tant que pays producteur de diamant, est membre du Processus de Kimberley, de l’Association des pays africains producteurs de diamants (ADPA) et de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE), a entrepris, depuis l’élection du Président Alpha Condé en 2010, d’importantes réformes dont :

La modernisation du cadastre minier et sa mise en ligne ;
La mise en conformité aux normes ITIE ;
L’engagement de la réforme de l’exploitation artisanale ;
L’adoption d’une politique de contenu local;
La création d’un Fond de Développement local alimenté par les exploitations minières.
Mesdames et Messieurs

Au cours de cette journée, il a été reconnu que des progrès notables ont été accomplis par l’industrie du diamant dans l’amélioration de la gouvernance. Cette dynamique doit être maintenue et même renforcée. Il a aussi été reconnu qu’il y a encore des efforts à fournir par les acteurs afin d’assurer le juste partage des bénéfices. Il faut enfin noter la préoccupation des acteurs face à la problématique des pierres synthétiques. Je dis bien pierre synthétique parce que le diamant a ses attributs inaliénables.

Les progrès réalisés par le secteur, les efforts fournis par les pays producteurs, doivent être suffisamment promus pour que cela soit justement récompensé par le marché. C’est pourquoi nous encourageons la campagne Real is Rare qui contribue à l’atteinte de cet objectif.

Pour terminer, je tiens à féliciter AWDC et les participants pour la qualité des débats et l’engagement des uns et des autres pour l’amélioration de l’impact du secteur du diamant sur nos pays et pour le renforcement de la résilience de l’industrie. Nous souhaitons vivement que la prochaine édition de cette conférence soit organisée en Afrique. Nous engagerons des consultations dans ce sens.

Je suis convaincu que les résultats de nos travaux et les recommandations pertinentes émises contribueront dans une large mesure au développement du secteur du diamant qui conditionne l’avenir économique de plusieurs de nos Etats.

Je vous remercie.


En savoir plus sur http://guinee7.com/2017/11/14/minesdiscours-integral-de-abdoulaye-magassouba-au-african-diamond-conference/#EzMrOryaZESj3OD7.99

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Presse Privée ou magouille privée? (Par Ben Daouda Touré.)


Aujourd'hui en Guinée Cette soit disante colère de la presse privée contre le gouvernement, est tout sauf une réclamation des droits pour la liberté de presse, sachant que la Guinée ne connait aucun prisonnier lié à la liberté d‘expression sur son territoire national. Nul ne peut nier l’évolution de notre pays dans ce domaine.

Il est regrettable que des jeunes de bonne foi, se laissent manipuler par leurs employeurs, croyant servir les causes de leur corporation; pendant qu’ils battent le pavé pour réclamer leurs droits, leurs employeurs se font payés sur ces mêmes droits en rasant nuitamment les murs des ministres et hauts fonctionnaires de l’Etat, promettant de mettre fin aux revendications contre des faveurs monnayables (prix de carburant), et subventions.

Depuis un certain temps ces Messieurs se battaient pour obtenir leur subvention qui s’élève à trois milliards (3milliards fg). L’argent a été payé, pourtant on ne constate aucune amélioration des conditions de vie leurs employés, qui sont soient sous payés, non payés ou stagiaires de carrière.

La deuxième raison d’un autre coté, est qu’ils ne veulent pas payer les redevances dues à l’Etat, qui s‘accumulent depuis trois ans (3 ans) 2015, 2016, 2017 pour un montant général de 6.034 540.000 (six milliards trente quatre millions cinq cent quarante mille fg), reparti comme suite :

Radio commerciales 3 878 030 000(Trois milliards Huit cent soixante dix huit millions trente mille fg),

Radios communautaires 2 56510 000(Deux milliards cent cinquante six millions cinq cent dix mille fg),

Dans cette montagne de redevances, les GG n’ont pas la gueule suffisamment grande pour vous dire ce que le groupe ADAFO doit à l’Etat :

Espace Fm: 179 125 000FG (cent soixante dix neuf millions cent vingt cinq mille fg)

Espace TV : 25 000000 (vingt cinq millions fg)
Sweet FM : 115 000000 (cent quinze millions fg)
A chaque fois que l’Etat s’apprête à réclamer ses taxes, ils gueulent à travers toute sorte de provocations; c’est en ce moment que les ministres et le chef de l’Etat deviennent leurs cibles préférées. Ils font en sorte que réclamer les taxes, devient un problème politique ou d’atteinte à la liberté d’expression. Et à chaque fois l’Etat tombe dans ce minable piège. Makanera ne vous dira pas le contraire. Cette manière d’échapper aux impôts par manipulation de l’opinion publique, n’est rien d’autre que du gangstérisme. Malheureusement le Gouvernement n’a jamais compris ces jeux.

Ils ont des gueules en fanfare, mais pas suffisamment grandes pour parler de leurs obligations.

Ce qui m’énerve, c’est le Gouvernement qui se laisse terroriser par des gueulards.

Ça m’énerve que le Gouvernement recule souvent devant cette entreprise de maîtres chanteurs, qui se muent en donneurs de leçons, mais qui oublient de payer ses taxes, alors qu’ils traitent tout le monde corrompus, ces maîtres de la farce; ces nouveaux civilisés de la presse qui n’hésitent pas à traiter des guinéens de bâtards; ça c’est leur compréhension de la LIBERTE D’EXPRESSION ; ils se disent professionnels et se paient la tête des ignorants!

Si le Gouvernement voudrait bien prendre ses responsabilités et se faire respecter, c’est devant un tribunal de travail qu’il devrait attaquer la Presse Privée qui a créée des employés permanant sans contrats, des employés sans bénéfices, et pire des stagiaires de carrières qui n’ont ni salaires ni primes, des aumônes peut être, mais qui travaillent comme tous les autres employés, souvent 12 heures par jour. Une véritable machine d‘exploitation de l’homme par l’homme. Yati ! Ils ont des gueules aussi grandes que le ciel pour ne jamais parler de ce phénomène.

Dans tous les cas, je déplore le comportement du Gouvernement qui ne fait aucune différence entre la faiblesse et la tolérance. Quand des maîtres chanteurs décident de faire la peau d’un élu du peuple, d’un ministre ou d’un haut cadre du pays, c’est qu’ils se sont déjà assurés de l’absence de l’Etat. C’est le fondamental de tous les problèmes en Guinée.
Pour finir il serait techniquement intéressant de savoir pourquoi ESPACE Fm émet sur la Fréquence 99.70 au lieu de 99.60 qui lui été attribuée ?

On l’a attribué la fréquence 99 .60 mais lui émet sur la 99.70, pourquoi ?Encore une fois tout dépend du Gouvernement !
Car tout ce tintamarre a été créé pour ne pas que l’Etat récupère ses impôts

Par Ben Daouda Toure

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